LIVRE I, CHAPITRE III
ment que ne faisait Aristote comment la cause première donnait l'être aux choses inférieures? Selon lui c'était par la bonté, ou en tant que bien, que l’Un donnait l'être à ce qui venait après lui 1. Mais comment le bien même donne-t-il l'être? C’est , dit-il, en tant qu'il est désirable; c'est par le désir qu'il excite ?. On voit que c’est la théorie d’Aristote , transportée seulement de l'Intelligence à l'Un? Ammonius fit un livre pour démontrer que Dieu, dans la théologie péripatéticienne, n’était pas uniquement la cause finale du monde, mais que par cela seul il en était aussi la cause efficiente 5. De même, tandis que Proclus avait encore compté les Péripatéticiens parmi ceux dont la doctrine ne pouvait se concilier avec l’idée d’une providence divine, au contraire, dans son Commentaire sur le traité de l’Interprétation, Ammonius étend au Dieu d'Aristote cette théorie de la providence, restreinte par Proclus à l’idée seule de l’'Un. Il montre qu'en se contemplant elle-même, la divine intelligence contemple dans leur cause, d’une manière supérieure, éminente, tous les effets possibles 4. C'était confes-
* In Tim., Ὁ. 109; Inst. theol., 119, 121; ir Remp., p. 355.
3 Theol, plat., 1, 21; in Parm.,t, VI, p. 199: Πάντα γάρ ἐστιν ἅ ἐστι πόθῳ τοῦ ἑνὸς διὰ τὸ ἕν.
5. Simplic, ἐπ Phys. ἴο 321 : Γέγραπται δὲ βύθλιον ὅλον ἀμμωνίω τῷ ἑμῷ χαθηγεμόνι, πολλὰς πίστεις παρεχόμενον τοῦ χαὶ ποιητιχὸν αἴτιον ἡγεῖσθαι τὸν θεὸν τοῦ παντὸς χόσμου τὸν ἀριστοτέλην.
% Ammon. Herm. ἐπ Aristot. de Interpr., sect. ΤΙ,
ser hautement ce que Proclus n'avait pas su ou n'avait pas voulu reconnaitre; c'était avouer que le Platonisme n'avait fait tout ce vaste circuit que pour revenir enfin au même point où la métaphysique péripatéticienne s'était arrêtée. La pensée d’Aristote triomphait dans le sein même de Pécole de Platon. Aussi la philosophie péripatéticienne tint elle en réalité le premier rang dans l’enseignement d'Ammonius et dans les écrits de ses disciples.
Les successeurs de Plotin avaient presque tous pris pour sujets de leurs travaux et de leurs commentaires les ouvrages d’Aristote autant que ceux ‘de Platon. Sans parler de Porphyre, Jamblique et Maxime, maître de l'empereur Julien, en avaient reçu le nom de péripatéticiens ‘. La célebre et infortunée Hypatie expliquait Aristote dans la chaire qu'elle occupait à Alexandrie?. Proclus composa des éléments de physique, qui ne sont qu'un abrégé de la Physique d'Aristote, et il avait donné des lecons à Ammonius, fils d’Hermias, sur une partie de lOrganum. Damascius commenta le livre du Ciel et la Physique. — Tandis que le Platonisme ne faisait guère autre chose par lui-même que diviser et subdiviser de plus en plus toutes les espèces possibles des Idées de la dialectique et des
Patric. Discuss. peripat.
5 Socrat. Hise. eccles., VII, 15; Nicephor. XIV, τό; Suid. v. Hypat.