LIVRE I, CHAPITRE III
suivant son auteur, le complément de la Physique, du traité de l'Ame et surtout de la Métaphysique; les doctrines qu'on y trouve sont, dit-il, conformes à l'enseignement secret qu'il a recueilli de la bouche de Platon, et à celui des sages de Babylone et de l'Égypte. — En effet, la plus grande partie en est empruntée au Platonisme. On y voit une âme universelle qui vivifie et gouverne le monde sensible, un monde supérieur composé de formes intelligibles, enfin un premier principe supérieur à ce monde même et auquel on ne peut s'élever que par l'extase. On y vait en
Youssouf Yacoub, fils de Ishac Alkendy. Il est digne de toute l’attention de toute personne qui voudra apprendre à connaître le but , sujet si important pour les hommes d'élite qui en font l’objet de leurs études. Il aplanit les voies qui conduisent à la source de la certitude, où cessent tous les doutes, etc. » — Sur le mot wymar, M. Reinaud fait remarquer que c’est un terme syriaque quisignifie livre; sur le mot atsoulougia, que c’estune corruption du grec θεολογία, plusieurs mots grecs recevant en arabe un aleph au commencement, comme P{aton , que les Arabes écrivent 4//atoun; en sorte que M. Wenrich (de Vers., p. 162) s’est trompéquand il a voulu changer a/soulougia en apologia. Motassem Billah était le troisième fils de Haroun Alraschyd, le frère et le successeur d’Almamoun. — Quant à ce qu’on dit ici de Porphyre, c’est sans doute une erreur ; car si ce livre était antérieur à Porphyre, et que celui-ci l'eût en effet commenté, il serait inconcevable qu’on n’en renconträt pas la moindre mention chez aucun des philosophes plus récents qui sont venus jusqu'à nous. L'auteur du préambule qu’on vient de lire aura probablement pris pour un Commentaire sur le livre qui nous occupe, celui que Porphyre avait fait sur la Métaphysique, qui portait aussi le titre de Θεολογία. — M. Reinaud s’est assuré que la traduction latine est souvent abrégée, mais que d’un autre côté la traduction arabe, du moins dans le manuscrit de la Bibliothèque du Roi, présente des lacunes importantes,
usage ces maximes néoplatoniciennes, étrangères et opposées à la doctrine d’Aristote, que l'essence ou être précède l'acte et en est la cause, que c’est par son être seul que Dieu a tout créé, sans délibération, et l’auteur veut probablement dire aussi sans pensée; enfin que l'intelligence active n’est pas Dieu même, mais seulement la première des créaturés de Dieu. '. On y rencontre souvent des passages de Plotin, reproduits presque mot pour mot?. En outre, s’il est dans la philosophie péripatéticienne des dogmes enveloppés de quelque obscurité, c’est à l’aide des principes, c'est dans le sens et l'esprit du Platonisme que le prétendu Aristote les interprète et les développe. Ainsi l'âme de l’homme est immortelle, selon lui, parce que si elle est la forme d’un corps organisé, c'est une forme séparable, capable d’agir et de connaitre par elle-même, et par conséquent aussi de subsister, d'être par elle-même. Car autrement l'acte serait plus noble et plus parfait que l’être, ou l'essence 4. — Dieu est providence; car les effets se
1 L, XIV, c. 15: Creavit autem Deus primo substantiam unicam, videlicet intellectum agentem, cui infudit lumen fulzens, omnium creaturarum præcellentissimam.
? Par exemple l. VI, c. 2-5 ; 1. VIII, c. 5. Cf. The Classical Journal, t. XV, p 250.