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4.0, JIL, c. 7 : Quare essentia animæ procul dubio restat superstes, corrupto corpore; alioquin operationes ejus forent nobiliores essentia, Quod est absurdum valde. Si quidem essentia est causa actionis.
LIVRE I, CHAPITRE III. D45 connaissent par leurs causes, et par conséquent la cause de toutes choses, en se connaissant elle-même, connaît tout. Mais les effets sont dans leur cause d’une manière conforme à la cause et supérieure à ce qu’ils sont en eux-mêmes. Dieu connaît donc toutes choses de la même maniere quil les crée, d’une manière supérieure à l'intelligence ’, qui n’est que la première des créatures. C'est pourquoi on peut dire en un sens que Dieu ignore l’intelligible et l'intelligence même, et que l'intelligence ignore les choses sensibles et l'âme. Mais il est plus vrai encore de dire que la connaissance par les sens, comparée à l'intelligence, n’est qu'ignorance, et de même l'intelligence comparée à la providence divine. Dieu a fait l'intelligence, qui a fait toutes les autres choses; il les a faites aussi, par cela seul, et n’a pas besoin de les connaitre en elles-mêmes. Au contraire l'intelligence ignore l'être, l'essence des choses, parce qu’elle n’en est pas le premier auteur, qu'elle ne leur a pas donné l'être, qu’elle ne les ἃ pas, comme Dieu, faites de rien ?.
Mais sur ces principes platoniciens, c'est la doctrine péripatéticienne que veut en effet raffermir et relever l’auteur de la Théologie. — L'âme, ici-
* L. II, c. 6: Res autem est altior in causa sua quam in se ipsa. Conditor etiam primus cognoscit eas non pariter intellectui, sed adhuc altius, quando ipsas quatenus creat, eas cognoscit
ἢ Ibid, Et si intellectus ignoraverit, idcirco est quia eas non produxit ex
nihilo, neque primo. Sed Deus dicitur sciens, quatenus creavit eas, etc.
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bas, ignore les choses intelligibles. Elle n'a donc aucune connaissance innée ; elle doit tout apprendre. Elle ne sait rien, et quelques choses qu’elle apprenne, elle en peut toujours savoir davantage. Capable de toute forme, et par conséquent n’en ayant dés le principe aucune déterminée, c’est dans cette réceptivité universelle que sa nature consiste’. Son intelligence est donc, comme Aristote l'avait dit, une intelligence passive, qui n'est rien qu'en puissance et ne peut d'elle-même passer à l'acte. Pour l’amener à l'acte, il faut d’abord que les sens lui fournissent des objets de connaissance; il faut ensuite que l'intelligence active et toujours agissante, dépouillant les formes de la matiere, les réduise ainsi à l'essence universelle par laquelle elles sont intelligibles ?. L’âme sensitive ne subsiste que par l'illumination et l'influence perpétuelle de l'intelligence passive, qui est l'âme raisonnable. L'intelligence passive ne subsiste elle-même que par l'intelligence active , qui lui donne la forme en l’amenant à l’acte. En conséquence l'âme sensitive ne tend qu’à s'unir, d’une union intime et substantielle, avec l'intelligence passive , et l'intelligence passive
{ L. XII, c. 6 : Quapropter non habet in substantia sua quampiam hujusmodi formam, sed tantum receptivitatem earum. Atque hoc [ut] est illius forma prima ac propria.
? L. X, c. 9 : Intellectus secundus ab agente, qui est possibilis, minime valet ex se depurare formas naturales, easque reducere is essentiam suam formamque universalem, absque excitatione animæ sensualis.