LIVRE Ï, CHAPITRE ΠῚ
avec l’active *, Mais l’âme sensitive, essentiellement dépendante du corps, périt avec lui : l'intelligence active conserve immortelle l'intelligence passive, et la fait entrer en partage de sa propre éternité ?.
Dans l'intelligence pure l’auteur de la Théologie reconnait avec les Platoniciens une trinité ; mais ce n’est plus celle de l'inteiligence , de la vie et de l'être, où le rang le plus élevé appartenait à l'être, à la pure existence : c’est une trinité plus conforme et à la philosophie d’Aristote et à la théologie chrétienne, la trinité de l'intelligence, de l'intelligible et de l’amour. — Sans l'amour, l’intelligence demeurerait enfermée en elle-même, solitaire, immobile, et ne pensant à rien. C’est l'amour qui la détermine à penser; c’est lui qui joint et unit l'intelligence à l’objet intelligible 4. Si donc toute pensée suppose l'intelligence qui pense, l’être qui est pensé et l’amour qui les joint, toute pensée im-
? Ibid. : Intellectus igitur possibilis et anima sensitiva hominis sese mutuo propter ulriusque indigentiam diligunt, simulque unione substantiali conjunguntur, qua perficilur existentia hominis.
5 L. X, ον τὸ : Quapropter cum morte corpus defecerit, anima quoque vegetatrix sensualisque cessabit, perseverabit autem intellectus possibilis, qui illi adfuit, servatus ab agente ; qui dein intellectus agens servatus ἃ Deo (cujus Verbo est proximus) consistet.
5 Voy. le livre suivant,
11, X,c. 14: Non enim intellectus intelligit quin adsit amor... Amor enimvero comitalur intelligentem, quoniam si intellectus illo spolietur, fiet
solitarius silentiosusque, mhil comprehendens. Si quidem oportet intellectam rem aptari intellectui per amorem.
plique, sinon un mouvement véritable, du moins une sorte de mouvement. C'est un mouvement sans changement, qui n’altère pas, mais au contraire, suivant la théorie péripatéticienne , confirme et perfectionne dans sa nature propre l'intelligence qui en est le sujet’. Mais au lieu de trouver, comme les Platoniciens, dans ce mouvement qu'il attribue avec eux à l'intelligence, une marque d’infériorité comparativement à l’immobilité de l'être pur, l’auteur de la Théologie y voit ce qu'Aristote avait fait consister dans le seul acte : la perfection de l’être. Au lieu que pour Aristote l'intelligence active était Dieu mème, l’auteur qui prend ici ie nom d’Aristote veut, comme les Platoniciens, mettre Dieu encore plus haut. Mais il n’en fait pas pour cela, comme eux, une inerte et inintelligente unité. Il fait naître l'intelligence active d’un Verbe divin plus simple encore, dont elle est elle-même le verbe et l'expression ; et ce Verbe primordial, il le représente entierement inséparable de Dieu?. En sorte que
Dieu n’est, à vrai dire, pour lui comme pour l’au-
ἡ Ibid. : Intellectus intelligit cum motu qui est non transgressio, sed perfectio aptalioque; nec enim a statu pristino evertit.
Rail, er πο" TUVIL re, 3510 X cc Nr 2 το τ ΤῸ 18 Pœmandre distingue également 1° Dieu ; 2° le Verbe de Dieu ; 3° l’Intellect démiurge. La présence de ce dogme du Verbe suffit peut-être pour indiquer, dans le livre apocryphe qui nous occupe, la même influence des 1ι 665 juives et chrétiennes sous laquelle les livres hermétiques ont été composés. Voy. plus haut, et le livre suivant.