‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 213 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE III · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE III

teur de la Métaphysique, que l'Intelligence pure, considérée en elle-même, antérieurement à tout rapport avec les créatures.

Enfin, suivant l’auteur de la Théologie aussi bien que suivant les Platoniciens, Dieu n'a pas lui-même formé le monde : il l'a formé par l’intermédiaire de l'intelligence active. Dieu est comme une lumière qui ἃ rayonné dans l'intelligence active; c’est l’intelligence active qui, à son tour, rayonne dans l’âme, et l'âme dans le corps, de degré en degré, jusqu’à la matière brute”.

Mais comment chaque principe donne-t-il l’existence à ce qui vient après lui? Comment, en dernière analyse, tout est-il provenu de Dieu? Comment un seul être, absolument simple, a-t-il pu produire une multitude d’autres êtres sans rien perdre de son unité, bien plus, en s'y confirmant et s'y fortifiant encore? C'est là, dit l’auteur de la Théologie, ce que l'âme désire le plus de savoir, si rien ne vient la détourner de sa nature; c’est la question qui a produit le plus de trouble et de contestations parmi les sages ?. Pour en obtenir la solution, autant qu'il nous est possible de l'avoir,

MX, CC. δ, Ὁ.

? L. X,c. 19: Atque id in quo turbati sunt altercatique inter se sapientes, videlicet quo modo ens unum absolutum implurificatumque omnino creaverit alia plura entia, sine digressu ab unitate essentiæ, citraque detrimentum unitatis, imo cum roboramento ejusdem,

il faut implorer le secours de Dieu lui-même, non de bouche seulement, mais d’un geste suppliant, et de l’âme surtout, sans cesse et sans mesure, et, nous tournant vers lui, le prier d'éclairer notre intelligence, et d’en éloigner l’ignorance dont le corps est la cause. À qui cherche véritablement sa lumière il ne la refusera pas. — Or, quelle est la solution que le philosophe apporte, après ce préambule, comme s’il la tenait de Dieu même? Dieu, en se contemplant, donne d’abord naissance à l'intelligence active. Celle-ci, des qu'elle existe, se retourne vers son auteur : aussitôt elle reconnait qu'il est le seul être véritable, dont toutes les choses intelligibles et sensibles ne sont que d’imparfaites images ; et de là le désir qui ramène à l’être absolu tout ce qu'il a produit ". — Dans ces termes, rien encore de plus que la procession et la conversion des Néoplatoniciens. La procession, c’est-à-dire l'origine même des choses, reste tonjours, ce semble, à expliquer. Mais tandis que les Néoplatoniciens ont fait de la conversion des choses vers leur principe un second mouvement, postérieur à la procession qui les engendre, suivant l’auteur de la Théologie, comme suivant Aristote, c'est cette conversion même qui est la naissance des choses; c’est à la conversion seule que la pro-

1 Ibid.

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