‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 214 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE

cession se réduit. Ce qui donne aux choses nonseulement l’ordre, la beauté et la perfection, mais le commencement même de leur être, c’est le désir par lequel elles tendent au bien et aspirent à s'y assimiler ἢ. La premiere créature, qui est la cause de tout le reste, l'intelligence renferme des puissances de tout genre, que le désir dont les remplit le premier principe met en mouvement et fait monter vers lui. C’est de la même maniere que l'intelligence fait arriver à l'être les puissances de âme, et l'âme celles du corps. Par là se réalise tout ce qui est possible. Car Dieu est à la fois tout intelligence , tout puissance et tout bonté. Tout intelligence, rien de ce qui peut être n’est ignoré de luï; tout puissance, rien ne l'empêche de réaliser le possible, et il ne connait pas la fatigue; tout bonté, il n'est pas avare de ce qu'il peut donner ?. — Tout ce qui peut être est donc, et chaque chose dans la mesure où elle est capable d’être. Car tout désire le premier principe; par ce désir tout se meut vers lui; et c’est ce mouvement qui produit, qui constitue et qui conserve tout$. En

! ΤΡ, : Quodlibet productile movetur appetitu ad ipsum ens, alioquin nullateous foret productile..….. Dico item appetitu, quandoquidem optat assimilari ei in permanentia.

ANT ρ ἔχα.

5 L. IV, c. τ : Substantia naturalis existit per naturam propriam, cujus firmitas est forma; hujus autem firmitas est imitatio sui exemplaris. Quare omnia appelunt 1llud ; appetentia moventur ad ipsum; mota efficiuntur ab

un mot c'est le désir du bien, mis par le créateur dans toutes les créatures, comme par une infusion perpétuelle, qui leur donne à toutes, à proportion de leur capacité, l'existence et la perfection ".

Aussi, le terme par lequel est exprimée ici de préférence la communication que Dieu fait de ses dons, ce n’est plus le mot néoplatonicien de procession ? : c’est celui d'irflux ou d'influence 5, terme dérivé, peut-être de la théologie judaïque #, et qui suppose l’idée (commune, jusqu’à un certain point, à cette théologie et à la philosophie péripatéticienne), d’un lieu, d’un réceptacle, d’un vaisseau où descende l’émanation divine. Et c’est l’iflux, ou l'influence qui, chez les héritiers de la philosophie grecque, chez les Arabes et chez les scholastiques du moyen âge, tiendra la place de la procession.

Mais, dit ici l’auteur de la Théologie, dans ja substance considérée antérieurement à toute forme narelle, c’est-à-dire dans ce qui n'existe qu’en puissance, il ne saurait y avoir ni mouvement ni désir. Or si l’on est obligé de supposer comme antérieur eodem, quodque (leg. quod quidem?) est omnino immobile, sed movens omnia molu per quem existunt.

1 L. X, c. 19 : Creator enimvero primus movet creaturas, immittendo ejus (leg. eis) desiderium boni absoluli perpetuoque influents, quale etiam unicuique tribuit juxla capacilatem.

? Ce mot est pourtant encore employé 1. ἘΠῚ, c. 1.

5 Influxus.

ὁ Voy. le livre suivant,

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