‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 24 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I

et le contre, s'exerçant à trouver, à l’aide de la topique, tous les arguments convenables au sujet, puis à les développer par tous les moyens que la rhétorique fournit ᾿. D’autres thèses étaient le sujet d'un semblable exercice dialectique. Dialectique et rhétorique, c’étaient les deux parties d’une gymnastique ? générale, qui ne formait pas moins de la, moitié de l’enseignement péripatéticien 3. C’en était la partie proprement exotérique , ou populaire : le reste était l’enseignement scientifique, philosophique, acroamatique, dont la métaphysique était le couronnement 4. C’est donc dans les exercices exotériques que se seraient renfermés les successeurs d’Aristote et de Théophraste, s’il fallait en croire Strabon. Du moins est-il certain qu’au milieu de la dégénération des dogmes qui faisaient la partie intérieure et acroamatique de la philosophie péripatéticienne 5, la rhétorique conserva tout son lustre, et dut acquérir une importance relativement plus grande encore. Mais ce n'était pas la rhétorique

Cicer. Orat. 14, 36; Quintil. XIL, 2 : Peripatetici studio se quodam oratorio jactaut. Nam theses dicere exercitationis gratia fere est ab 115 institutum. Dial. de Orat. c. 31 : Hi (Peripatetici) aptos et in omnem disputa tionem paratos jam locos dabunt.

1 De Orat. 111, 18; de Fin. V, 4; Orat. 14.

Arist. Top. 1, 23 VIIL, 4, 11. Cf. Cicer. Theon. et Quintil, loce. laudd.

5 Gell. Noct. att, XX, 5; Quintil. IL, r.

νῦν ΤΟΙΣ PA IIT JU cr:

# Cicer. de Fin. V, 5,

vide et frivole des anciens sophistes. Aristote avait uni étroitement l'éloquence avec la politique ; elle y demeura toujours plus ou moins associée chez ses successeurs. Théophraste, Dicéarque, Démétrius de Phalere, laisserent de nombreux et beaux ouvrages sur la politique et les lois τ. Le dernier excella de plus dans l’art de gouverner ?, non moins que dans l’éloquence et la philosophie. Lycon donna souvent d’utiles conseils aux Athéniensf. Plus tard, les Péripatéticiens se firent toujours distinguer entre tous les philosophes, et plus que les Stoïciensÿ eux-

‘ Diog. Laert. V, 45; Cicer. de Fin. IV, 3; V, 4; de Leg. IL, 6. Dicéarque avait écrit sur le gouvernement de Sparte un livre qui fut si estimé à Lacédémone, qu’on y ordonna par une loi de le lire dans l’assemblée des Éphores en présence de la jeunesse. Suidas, Bayle, art. Dicéarque, rem. E.

? Cicer. de Rep. II, 1 ; de Leg. IN,63; Ælian. III, 17.

5 Laert. V, 80.

# Ils eurent probablement une grande influence sur l’organ'sation scientifique du droit romain ; mais celle influence n’a pas encore élé suffisamment étudiée. — Il est évident que le grand jurisconsulte Servius Sulpicius, que Cicéron met au-dessus même de Scévols, parce qu'il joignait à la conaaissance du droit et la dialectique et l’éloquence ( Brut. 41, 42 ), n’avait pas étudié chez les Stoiciens, de l'école desquels Cicéron dit qu’il ne sortit qu’un seul homme véritablement éloquent, Caton (Ibid. 31. Οἵ, 56). Il avait probablement suivi les Péripatéticiens, auxquels Cicéron attribue partout , et spécialement dans le Brutus, c. 3 r, le privilége de former des orateurs : Quod si ompia a philosophis essent petenda , Peripateticorum ipstitutis.commodius fingeretur oratio. —Rien ne prouve que le fondateur de la grande secte philosophique des jurisconsultes proculéiens , Labéon, [ἀξ stoïcien, comme on le dit ordinairement , et c’est pour son maitre Trébatius (d’ailleurs très-éloigné des Stoiciens , puiqu’on le représenta comme épicurien, Cicer. ad divers. VII, 12), que Cicéron écrivit ses Topiques d’après ceux d’Aristote etc. (Top. init, ; ad divers. VII, 19).

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