LIVRE I, CHAPITRE IT
exclusivement, ces caractères fixes et immuables que figurèrent les masques scéniques!; aux caractères, aux z2œurs, avait de plus en plus succédé la diversité infinie des passions. Le dernier venu des grands poëtes tragiques, Euripide est celui qui avait su le mieux, par la représentation du malheur, inspirer la crainte et la pitié, et qui par là avait été, au jugement d’Aristote, le plus tragique de tous?. Dans la comédie, un poëte formé à l'école péripatéticienne, disciple de Théophraste, et ami de Démétrius de Phalère, Ménandre 5, abandonnant ces peintures outrées des caractères de la fable ou de l’histoire, par lesquelles s'était illustré Aristophane, avait su par l'analyse seule des mouvements du cœur, chez des personnages tout imaginaires, porter l’art au point le plus haut de perfection où il lui ait peut-être jamais été donné d'atteindre 4.
1 C’est là sans doute qu'il faut chercher l'origine des masques et des costumes tragiques, comme Vico l’a fait le premier, et non dans des circonstances extérieures , telles que la grandeur du théâtre, etc.