‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 36 sur 228 · VI · texte numérisé non relu

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8 Πόνος. Diog. Laert. VI, 2; 71; Stob. Serm. xx1x, 65.

nique renaissent dans l'Épicurisme et le Stoicisme, et cette lutte engagée par les Aristippe et les Antisthène contrela dialectique platonicienne, les Épicure et les Zénon la renouvellent contre la métaphysique d’Aristote. Mais comme la philosophie péripatéticienne dépasse le Platonisme, de même aussi les deux systemes qui succèdent aux doctrines cyrénaique et cynique ne les remplacent qu’en les surpassant. L'un et l’autre, ils donnent pour base à leur morale une doctrine spéculative, théorie complète de la nature, dont ils empruntent chacun le principe à l’un des deux grands systèmes qui s’étaient jadis partagé la physique : le Cyrénaisme et le Cynisme ne renaissent qu’entés sur la physique de Démocrite et sur celle d’'Héraclite. Et c’est sous l'influence puissante de la philosophie d’Aristote que les nouveaux systèmes qu'on élève contre elle se développent, se transforment et portent enfin des fruits entièrement nouveaux.

Pour Épicure , nous l’avons déjà dit, il n'ya rien hors de la nature ; le but de sa philosophie est de chercher dans ces limites le souverain bien; et le bien, il le place, ainsi qu'Aristippe, dans le plaisir. Mais, ce qu'il cherche avant tout, comme Pyrrhon, dont il admirait la force d’âme :, et comme, en gé-

1 Diog. Laert, IX, 64.

ETVRE 1, CHAPITRE IT. 83

néral, tous les philosophes de son temps, c'est l’'exemption de trouble, c’est l’ataraxie 7. Or, à ses yeux, la plus grande cause de trouble, et par conséquent le plus grand obstacle à la félicité de l'homme, est la crainte d’un monde surnaturel. Pour chasser cette crainte, il faut la physique ?. A son tour, la physique exige la connaissance des règles qui servent à discerner le vrai d’avec le faux. C’est ce qu'Épicure appelle, d’un mot probablement emprunté à Démocrite 3, la canonique. La morale pour conduire l’homme à la félicité, la physique dans la mesure où elle est nécessaire pour le défendre contre la craintechimérique des chosessurnaturelles, la canonique pour fournir à la physique le criterium du vrai et du faux, voilà à quoi se réduit toute la philosophie. Pourquoi Épicure en retranche-t-il toutes les sciences, tous les arts 4, que la plupart des autres écoles, et l’école péripatéticienne surtout, cultivaient avec tant de zèle et de succes ? C’est ce qu'il sera facile de comprendre tout à l'heure.

1 Diog. Laert. X, 136.

? Diog. Laert. X, 80o-2, 142-3; Cicer. de Fin. IV, 5; Lucret. I, V. 57 sqq.

5 Sext. Emp. ad. Math. VIT, 138 : (Δημόχριτος.) ἐν τοῖς χάνοσι. Cf. VIII, 328. Diog. Laert. IX, 17. Aristote dit aussi : Κανονίζομεν καὶ τὰς πράξεις... ἡδονῇ χαὶ λύπῃ. Eth..Nic. I, 2.

4 Sext. Emp. αὐν. )αεϊι.1, 1 ; Diog. Laert. X, 85 ; Cicer. de Nat. Deor. 1, 26; Quintil. Znstit, orat. 11, 18, etc. Voy. Gassendi, de it. et mor. Epic. 1. VII.

δή, PARTIE 1V.—HISTOIRE.

Le principe de la canonique, la règle du vrai, la base et le fondement de tout, est l’évidence ! ; l’évidence , c’est-à-dire l’intuition immédiate. C'était la pensée des Cyrénaïques ?. C'était bien aussi la pensée des Péripatéticiens, et tandis que les Platoniciens ajoutaient à l'évidence la raison ὁ, Théophraste venait de dire, dans les mêmes termes qu’Épicure, que l'évidence seule était le critérium du vrai 4. Mais la différence est qu Épicure ne reconnait pas plus que Pyrrhon cette intuition supérieure de l'intelligence spéculative dans laquelle l’Aristotélisme plaçait la source la plus haute et la plus pure de la vérité. Et par conséquent pour lui comme pour Pyrrhon, pour Démocrite, pour les Cyrénaïques, le critérium du vrai se réduit uniquement au phénomène ὅ. ἡ

Suivant Épicure ,eneftet il y a trois sources particulières de vérité, ou trois critériums, dans lesquels se divise le critérium universel de l'évidence. Ce sont les sensations, (αἰσθήσεις) ou perceptions des objets par les sens, les anticipations (προλήψεις), et les affections (πάθη) ou impressions passives que

1 Sext. Emp. αὐν, Math. NII, 216 : Πάντων δὲ χρηπὶς καὶ θεμέλιον ἡ ἐνάργεια.

3 Τά. ibid. 200.

5.14. 1014. Ἐκεῖνοι μὲν γὰρ σύνθετον αὐτὸ (sc. τὸ χριτήριον ) ἐποιοῦν ἔχ τε » LA A Ὁ U ἐναργείας at τοῦ λογου.

# Hd. ibid, 218 : Κοινὸν δὲ (se. τὸ κριτήριον ) quporépov (sc. τῶν αἰσθητῶν χαὶ τῶν νοητῶν) τὸ ἐναργές.

5 Aussi Sextus dit qu'Épicure identifiait φαντασία et ἐνάργεια; adv.

Math. VII, 203.

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