‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 5 sur 228 · LIVRE 1, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE

Avant tout, Aristote ἃ compris que la philosophie ayant pour objet les causes premières, elle est la science de l’être, absolument parlant, ou de l’étre en tant qu'être; de l'être, et, par conséquent , de l'unité , qui en est inséparable. Ce qu'elle “ἃ pour objet, ce n’est point l’idée abstraite de l'être, de l'existence dans un sens vague et indéfini; c'est l'Étre proprement dit, duquel dépend et auquel se rapporte tout mode d'existence. Avant tout, il distingue donc, dans la notion générale de l'être, que la dialectique n'avait pas divisée, d'un côté la qualité, la quantité, la relation, toutes les autres manières d’être, et d’être un; de l'autre, l'Étre véritable, duquel on les affirme, et qui en est le support. C’est la division en catégories, préambule de la philosophie. Dans la catégorie premiere et fondamentale des tres , il distingue, en second lieu, d’une part les genres et les espéces, de l’autre les individus, en qui seuls les genres et les espèces subsistent. Seuls les individus sont donc véritablement et proprement des êtres, puisque seuls ils sont, ils existent en eux-mêmes ; seuls ils sont des substances; seuls, aussi, des unités véritables.

En troisième lieu , dans l'être individuel lui-même il y a encore une distinction à faire, une dernière équivoque à lever : discerner ce qui n’est que possible et ce qui est actuellement, l'être en puissance

et l’être en acte. Le véritable ètre, évidemment c'est celui-ci. Quant à l'être en puissance, on ne peut nier qu'il y en ait : le changement ou mouvement en est la preuve ; car changer, être en mouvement, c’est devenir ce que l’on pouvait être, c'est acquérir la réalité de ce dont on avait la puissance. Or l'acte par lequel une chose est ce qu'elle est, c'est sa manière d'être ou sa forme. Ce qui, dans une chose, prend la forme, ce qui devient ainsi tel ou tel et qui pouvait l'être, c’est sa matiere. La matière n’est donc autre chose que l'être en puissance; l'être en puissance, c’est-à-dire aussi l'unité en puissance ;, Ce qui, par conséquent ; a pour forme premiere l'opposé de l'unité , la quantité , l'étendue, qui constitue le corps. C’est là ce non-être inexplicable qu’il faut reconnaître dans la nature, partout uni avec l'être; non-être relatif, non pas absolu, et qui n'existe autrement qu'en voie et en train d’être, ou en chemin vers l'acte, dans l’acte imparfait du mouvement.

Maintenant , l'expérience n'atteste pas seulement le mouvement; elle atteste le mouvement naturel ; naturel, c’est-à-dire spontané ?.

Tous les êtres, toutes les substances ont une maniere d'éètre fondamentale et habituelle, une

1 ὁδὸς εἰς οὐσίαν, Metaphys. IV, p. 61, 1. 2; ἐνέργεια ἀτελής.

£ - ᾿ 4 - ΠῚ - + , ᾿ 2. Phys. VIII, 6 : ὁρῶμεν δὲ χαὶ φανερῶς ὄντα τοιαῦτα ἃ κινεῖ αὐτὰ ἑαυτά. Il, 1 : ὡς δ᾽ ἐστὶν ἡ φύσις πειρᾶσθαι δεικνύναι, γελοῖον.

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