‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 53 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE: IT · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE: IT

lieux des arguments, qui composent la fopique, et d'où la rhétorique tire toute sa substance : les Stoïciens se renferment dans l'usage du jugement, dans les strictes limites de la critique”. C'est pourquoi, tandis que la diction des Péripatéticiens brillait de toutes les beautés de l’éloquence, celle de Zénon et de ses successeurs ne se faisait remarquer que par la rigueur et la concision du style didactiquele plus aride ?. La rhétorique, c'était, selon Zénon, la main ouverte et lâche; la dialectique ou logique , la main fermée, et fortement serrée 9, Ainsi tous ces accessoires dans lesquels s’exerçait le génie fécond et divers des Péripatéticiens , le Stoicien, au nom même de lidée péripatéticienne de l’action, de l'énergie, prise en un nouveau sens, se les interdit comme des faiblesses. Se renfermer absolument dans la démonstration, dans la science, est son ambition; parce que c'est, selon

Ἅ Cic. de Fin. IV, 4 : Quumque duæ sint arles quibus perfecte ratio et oralio compleatur, una inveniendi altera disserendi, hanc posteriorem et Stoici et Peripatetici , priorem autem illi egregie tradiderunt, h: omnino ne attigeruut quidem, ete. {11 est évident qu'il faut substituer hi à ἐδ, et réciproquement.)— Top. init. Quum omnis ratio diligens disserendi duas habeat partes, unam inveniendi, alleram judicandi, utriusque princeps, ut mihi quidem viletur, Aristoteles fuit, Stoici autem in altera elaboraveruni, etc. Judicandi enim vias diligenter perseeuti sunt, ea scientia quam dialecticen appellant ; inveniendi vero artem, quæ topice dicitur, quæque ad usum potior erat, et ordine uaturæ certe prior, totam reliquerunt,.

2 ÇCic. Brut. 25, 31; de Orat. Ill, 18 ; de Nat. Deor. IN, 5. Tac. dial, de Caus. corr. elog. 31; Quintil. Zastit. orat. Ἂς 1.

5. Cic. Orat, 32; de Fin. I, 6. Quintil. H,20: Sext. Fabrice. ad hi. 1. Empir. adv. Math. TI, 5.

lui, se réduire à la force, à la tension de la raison, où réside la sagesse.

Maintenant comment les Stoïciens placent-ils en effet la science dans l’énergie et la tension de la raison ὃ c'est en la faisant descendre de la hauteur à laquelle la métaphysique péripatéticienne lavait portée. Pour en assurer la possession à l’homme, ils la rabaissent à la condition humaine, ils la resserrent dans les bornes de la nature, du monde de la matiere et des sens. Mais ce n'est plus comme l'Épicurisme, en la réduisant aux sensations; c’est en la rattachant à un principe d'action ou ils croient trouver et le fond de la conscience humaine et celui de la nature entiere. -

En effet, comme les Épicuriens, les Stoïciens soutiennent contre le Platonisme et l'Aristotélisme qu’il n’y a rien de réel qui ne soit corps. Les choses incorporelles, ce sont l’espace, le vide, le temps, et l’idée générale, c’est-à-dire des abstractions qui ne subsistent à part que dans notre pensée '. Or, s'il nest rien de réel qui ne soit corps, rien n'existe qui puisse être connu autrement que par un sens” ;

! Sext. Empir. σαν. Math. VIT, 38; X, 218; Diog. Laert. VII, 140, 141 ; Plutarch. de Flac. phil. XV, 20.

ἢ La raison même, ᾿᾿ ἡγεμονικὸν, étant un Corps, ne peul être connue, et connue d'elle-même, que par un sens; et il faut prendre à la lettre ces expressions de Sénèque, £p. 121 : Necesse est enim id sentiant (se. anim:lia), per quod alia quoque sentiunt ; necesse est ejus sensum habeant cui parent, a quo reguntur. Cicéron, Acad. 11, 10, (où Lucullus expose la

doctrine stoicienne) : Mens enim ipsa, quæ sensuum fons est atque etiam

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