‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 54 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IT

nulle faculté de connaître qui ne soit sens, extérieur ou intérieur; point de purs intelligibles ni d'intelligence pure; rien au dela de la nature; nulle science qui dépasse la physique; nulle métaphysique. — Mais tandis qu'Épicure ne reconnait dans la perception sensible qu’un phénomène passif, dont la volonté ne sert qu’à fixer le souvenir, suivant Zénon, au contraire, c’est la spontanéité, c'est l'activité volontaire de l'âme qui seule fait de la sensation une connaissance. 1/objet extérieur fait une impression dans lâme', et cette impression est l’image ? qu’il y laisse, et qui l'y représente. C’est là un phénomène entièrement passif, une passion ? qui ne dépend pas de nous. Mais ce n'est pas encore la connaissance. La connaissance, c'est le jugement; c'est le consentement que nous donnons à la représentation, en la rapportant à un objet. Toutes les sensations n’impliquent donc pas seulement le consentement, comme les Péripatéticiens l'avaient dit : elles sont elles-mêmes autant de consentements 1, par conséquent d’actes de volonté; et ipsa sensus est. — Le sens par lequel on se connait soi-même était selon les Stoiciens un toucher intérieur. Stob. Serm”., Append., XX, 9 (ed. Gaisf. PVR p. 43x) :.0 Στωϊκοὶ τήνδε τὴν χοινὴν αἴσθησιν ἐντὸς ἀφὴν προσαγορεύουσι. καθ᾿ ἣν καὶ ἡμῶν αὐτῶν ἀντιλαμιθοανόμιεθα.

1 Τύπωσις ἐν ψυχῇ. Diog. Laert. VIF, ὅο ; Sext. Emp. adv. Math. VIT, 228 sqq

2 Φαντασία. Ibid. — Visum. Οἷς. Acad, I, 11, 11, 12.

3 Παθος. Plutarch, de Plac. phil. IV, 12.

4 Cie. Acad. 11, 33 : Sensus ipsos assensus esse, Οἵ, 12, — 510}.

toute connaissance résulte de l’exercice d'une force quiesten notre pouvoir et qui dépend de nous seuls ï.

Mais, parmi les images, ou représentations, il en est qui ne portent pas le caractère des objets dont elles émanent, ou qui en portent un autre, au moins en apparence, et qui, par conséquent, sont trompeuses. Cependant, si le sage ne doit jamais se tromper, s'il ne doit jamais se contenter d’une simple opinion, qui peut être vraie ou fausse , il ne doit pas donner son assentiment à toute représentation; il ne doit jamais en rapporter aucune qu'à l'objet seul dont elle émane ?. Or, comment sauraïit-il si la représentation vient ou non de l’objet duquel elle semble venir, si ce n’est par la représentation même? Comme la lumière manifeste à la fois et elle-même et les objets qu’elle éclaire, de même il est des représentations qui font connaître à la fois et ellesmêmes et la cause qui les produit en nous 5. Celleslà seules on peut les saisir, les appréhender comme avec la main, les comprendre , et avec elles leurs objets : ce sont les représentations compréhensives 1.

Serm., Append. XX, 15, 17: Οἱ σΣτωϊχοὶ πᾶσαν αἴσθησιν εἶναι συγχατάθεσιν καὶ κατάληψιν. --- Οἱ Περιπατητικοὶ οὐκ ἄνευ μὲν συγχαταθέσεως τὰς αἰσθήσεις, οὐ μέντοι συγκαταθέσεις. Porphyr. ap Stob. Ec/, τ. I, p. 834

‘ Cic. Acad. I, 11 : Sed ad hæc quæ visa sunt et quasi accepta sensibus assensionem adjungit (se. Zeno ) animorum; quam esse vull in nobis positam et voluntariam,

2 Cie. Acad. I, 2r.

* Plutarch. de Plac. phil. IV, 12.

1 Φαντασίαι χαταληπτιχαί, Cicer. Acad. I, τι.

Telles sont celles auxquelles le sage réserve son assentiment.

Mais n'y a-t-il donc pas des représentations qui puissent également provenir d'objets différents? Selon les Péripatéticiens, il y en avait de telles, et c'est pourquoi ils avaient cru, ainsi que les Platoniciens, que le sage lui-même pouvait, du moins en ce qui touche les choses sensibles, opérer et se tromper quelquefois". Selon les Stoïciens, iln’y ena point; en effet, les qualités n’étant distinguées des sujets où elles se trouvent que par l'abstraction, autant il y a de qualités, autant il y a de sujets différents. Il est donc impossible qu'une même qualité appartienne à deux substances”, et, par conséquent, qu'il existe deux choses parfaitement semblables. D'ou il suit qu'une seule et même représentation ne peut appartenir également à deux différents objets. Donc il est pour chaque chose, dans chaque circonstance, une seule et unique représentation, infaillible et véritablement compréhensive, unique objet de l’assentiment du sage.

Maintenant à quel caractère la reconnaître? C'était, sans doute, selon les Stoiciens, à l'impression, au choc que le sens éprouvait$; le choc, effet et

2 'Id211;24, 39:

2 ἕνα ποιὸν εἶναι ἐπὶ δυοῖν οὐσιῶν. Plutarch. ad, Stoic. 36 ; de Stoic. rep. 39. Cic. Acad, 11, 18, 26.

ἢ Sext. Empir. adv. Math. VIT, 257 : Αὕτη γὰρ (se. ἡ φαντασία) évap-

signe immédiat de cette tension ? qui constitue la qualité spécifique et l’individualité même de l’objet. Enfin, par quoi apprécier le choc des objets extérieurs? Par l'énergie avec laquelle est tendu le sens qui le reçoit et l'éprouve. Et cette énergie est celle de la volonté 5. |

Ainsi, c'est du caractère seul de la représentation sensible que se tire la règle qui sert à la juger, et le critérium du vrai. Bien plus, ce caractère est ce

γῆς οὖσα. χαὶ πληχτικὴ... κατασπῶσα ἡμᾶς εἰς συγκατάθεσιν; à laquelle est opposée la φαντασία. ἀμυδρά, ou ἔκλυτος. Cf. ibid. 172-3, où Carnéade emprunte évidemment la théorie et les expre sions stoïciennes , en les accommodant à la simple probabilité. Ibid. 158 : Τρανὴν χαὶ πληχτικὴν... oavraσίαν. Cicer. Acad. II, τὸ : Quemadmodum nos visa pellerent, deinde appetitio ab his pulsa sequeretur. Plotin. Ennead. IV, 1. VI, c. 2 : Ἡμεῖς δὲ ἀπιστοῦντες μιὴ οὐ δύνηται: ἐὰν μιὴ τὸ αὑτῆς γιγνώσκειν δύναμις ἐκάστη κτλ.» passage qui se rapporte certainement aux Stoïciens,

! En effet, Cleanth. ap. Plutarch. de Stoic, rep. 7 : Πληγὴ πυρὸς ὁ τόνος ἐστὶ, χἂν ἱκανὸς ἐν τῇ ψυχῇ γένηται πρὸς τὸ ἐπιτελεῖν τὰ ἐπιδάλλοντα,, ἰσχὺς καλεῖται καὶ κράτος. Id. Hymn. ap. 5100. Ecl. τ.1. p. 30:

Τοῦ γὰρ (sc. κεραυνοῦ) ὑπὸ πληγῆς φύσεως πάντ᾽ ἐῤῥίγασιν, x ; NAREUT € \ Q σὺ χατευθύνεις κοινὸν λόγον, ὃς διὰ πάντων

Plutarque dit que les Stoïciens considèrent Hercule comme τὸ πληχτιχὸν χαὶ διαιρετιχόν. ( De Is, et Os. 40.) L'auteur des ἀλληγορίαι ὁμηρικαὶ, partisan de la théologie physique des Stoïciens, dit aussi d’Hercule : ὅτι τὸν θολερὸν ἀέρα... διυήρθρωσε, τὴν ἐχάστου τῶν ἀνθρώπων ἀμαθίαν πολλαῖς νουθεσίαις χατατρώσας (p. 454, ed. Th. Gale, Opusc. mythol., Amstel. 1688, in-8°). — Aussi, pour être χαταληπτιχὴ, la représentation doit avoir ἐναργὲς καὶ ἔντονον ἰδίωμα (ϑεχι. Empir. adv. Math. VII, 408.)— Sur ἰδίωμα, cf. ibid. 41.

? Cic. Acad. 11, 10: Mens... naturalem vim babet, quam intendit ad ea quibus movetur, Sext. Empir, adv. Math. VII, 258 : ἐντείνει γὰρ τὴν

qui détermine et qui détermine invinciblement la volonté à consentir à la représentation *. Mais il est le résultat de la tension de l’objet extérieur, et c’est encore la tension volontaire du sens qui le mesure et le juge. Le critérium du vrai n'est donc plus ici, comme dans l’Aristotélisme, l'évidence attachée à l'acte, et qui, par conséquent, n’est complète et infaillible que pour l’'aperception du pur intelligible, dans l'acte simple de la pensée immatérielle. Ce n'est pas non plus seulement, comme dans l’Épicurisme, l’évidence d’une sensation toute passive. C’est l'évidence que donne à la représentation sensible l'acte concret de la tension, — Déjà Straton de Lampsaque avait dit que la sensation n'était pas possible sans l'attention que l'intelligence y donne, A lintelligence seule il appartenait de percevoir, de juger, de comprendre par les sens; car les sens n'étaient que l’intelligence prolongée à travers les organes. C’est la pensée que le Stoïcisme achève, en ramenant l'attention de l'intelligence à la tension de la volonté dans l'organe. Ainsi l’objet de la perception, l'objet de la représentation compréhensive, c'est une force,une tension qui nous frappe; etce qui la perçoit, c'est encore la force qui est tendue dans nos sens. Cependant, si la compréhension des choses sen-

! Cic. Acad. II, 12: Ut enim necesse est lancem in libra ponderibus impositis deprimi , sic animum perspicuis cedere. De Fato, 18, το.

sibles est le fondement du savoir et la règle du vrai, les choses sensibles ne sont pas encore vraies par elles-mêmes. Pour devenir vraies, pour devenir, par conséquent, des objets de pensée, des éléments de science , il faut qu'elles soient de plus ramenées, rapportées à des intelligibles ‘; à des intelligibles, c'est-à-dire, puisqu'il n’y a rien d'individuel que ce qui est sensible, à des idées générales sous lesquelles elles se rangent. Néanmoins, comme Aristote, les Stoïciens rejettent les idées séparées des Platoniciens *, et les réduisent à de simples rapports; comme lui, ils comparent l'âme, avant la sensation, à une tablette sur laquelle il n’y a encore rien décrit; comme lui, 115 maintiennent que c’est par le souvenir seul de plusieurs représentations semblables qu’on peut s'élever aux notions et aux propositions générales ἡ. — Cependant, suivant Aristote, la raison des ressemblances des choses se trouvant dans leurs relations à des principes communs, qui dépendent, en dernière analyse, de l'intelligence pure, l'intelligence, lorsqu'elle passe du particulier

1 Sext. Empir. adv. Math. VIII, 10 : Οὐχ ἐξ εὐθείας δὲ (ἀληθῆ) τὰ αἰσθητὰ, ἀλλὰ κατ᾽ ἀναφορὰν τὴν ὡς ἐπὶ τὰ παρακείμενα τούτοις νοητά.

2 Stob. Ecl. I, p. 332 : Ζήνων τὰ ἐννοήμοαταά φησι pire τινὰ εἶναι pie ποιά.--τἃς ἰδέας... ἀνυποιρχτοὺς εἶναι. Simplic. ἐπ Categ, [9 26, b : Οὔ τινα τὰ χοινά. Les τινὰ et les ποιὰ sont les deux premières catégories des Stoiciens, et les seules qui renferment les réalités ; les autres sont les πρός τι et πρός τί πως ἔχοντα. Voy. ci-dessous, p. 141. Plutarch. de Place, phil. X, τὸ:

5 Plutarch. de Ῥέας, phil, IV, τι.

LIVRE I, CHAPITRE 11. 133 au général, ne fait que remonter à des rapports dont elle trouve en elle-même le fondement, et revenir des choses sensibles qui ne sont elle qu'en puissance, à la réalité actuelle de sa propre nature. De même, suivant les Stoiciens, si les notions générales ne peuvent se former en nous sans les sens, il en est pourtant qui sont l’œuvre, non de l'art humain, mais de la nature. Ce sont celles auxquelles seules ils donnent le nom, étendu par les Épicuriens à toute généralité, d’anticipations *. Cela ne signifie pas, néanmoins, que ce soient des idées préexistantes en nous à toute sensation : ce que veulent dire les noms d’anticipations et de notions naturelles, c’est que ce sont les expressions des rapports naturels et invariables des choses. Or ces rapports sont ceux des choses sensibles à la force active qui est à la fois leur essence et celle de notre raison, la cause première de l'existence et de la connaissance. Ce sont donc les produits d’une volonté primitive, et d'un art supérieur qui est la nature elle-même.

Enfin, pour constituer la science, il faut unir en un système, au moyen des notions en général, et, en dernière analyse, des anticipations, les diverses

1 Id. ibid. : Toy ἐννοίων αἱ μὲν φυσικῶς γίνονται LOL ἀνεπιτεχνήτως, αἱ δ᾽ ἤδη δι᾿ ἡμετέρας διδασκαλίας ἢ ἐπιμελείας. Αὗται μεν οὖν ἔννοιαι καλοῦνται μόναι (leg. μόνον), ἐκεῖναι δὲ χαὶ προλήψεις. De Sloic, rep. 17 : ἐμφύτων προλήψεων. Diog. Laert. VII, 51, 55, 54 : ἔστι δ᾽ ἡ πρόληψις ἔννοια, φυσικὴ

représentations compréhensives. Or, c’est là une œuvre d'art’, c'est une opération de la volonté, c'est l'effet d'une tension nouvelle et supérieure de l’âme. La science est une possession ou habitude des représentations , ferme et inébranlable au raisonnement, et qui consiste tout entière en tension et énergie?. La simple représentation ressemble, suivant Zénon, à la main ouverte; l’assentiment à la main demi-fermée; la compréhension à la main fermée; la science enfin à la main fermée et serrée fortement par l’autre ὁ. Ainsi, c’est par les degrés de l'énergie que le Stoicisme mesure ceux de la connaissance; et c’est par la tension qu'il mesure l’énergie. Pour les Stoïciens comme pour Aristote, la science vient de l’action. Mais, dans le Stoicisme, la science ne remonte plus à un acte immatériel, incorporel, immobile, de lintelligence pure; c'est dans la tension, qualité, manière d’être d’une force intelligente et corporelle en même temps, qu’elle a son origine et sa source première.

A cette théorie de la science répond exactement

Ὁ Stob. Ecl.t. II, p. 128 : Σύστημα ἐξ ἐπιστημῶν τεχνιχῶν. --- Quand on a la φαντασία xaraknrtixn, on peut discerner les différences τεχνικῶς (Sext. Empir. adv. Math. VIE, 152.) — Les Stoiciens définissaient l’art, τέχνη, σύστημα. ἐγκαταλήψεων (Id. Pyrrh. hypot. TI, 241.) Σύστημια ἐκ καταλήψεων συγγεγυμινασμιένων (Ibid. 188 ; cf. 251, 261; adv. Math. I], 10.)

2? Stob. Ecl. τ. II, p. 130 : ἕξιν φαντασίων δεχτικὴν ἀμετάπτωτον ὑπὸ λόγου, ἥντινά φασιν ἐν τόνῳ χαὶ δυνάμιει χεῖσθαι.

5 Cic. Acad, II, 47. Voy. plus haut, p. 125, sur la différence de la rhétorique et de la dialectique.

LIVRE I, CHAPITRE II. 139 la théorie des existences; telle est la logique, telle aussi la physique stoïcienne.

Le premier principe que suppose et duquel part la physique des Stoïciens, c'est celui de toute la philosophie péripatéticienne : l’être est ce qui agit; ce qui n'agit pas n'est point !; l’action est l'être même et l’essence des êtres. Mais tandis qu'Aristote ἃ fait consister l’essence première des choses dans l'acte immanent, qui s’accomplit etse termine en lui-même, forme immuable d'existence, sans mouvement, succession ni temps, les Stoïciens né ‘reconnaissent d'autre action que celle qu’attestent les sens : l’action qui produit, qui amène à l'être par un mouvement -et au moyen du contact?, quelque chose d’extérieur; pour eux, agir c’est faire ( ποιεῖν), c’est effectuer en se mouvant3. Suivant Aristote, le mouvement était un acte imparfait, dans lequel ce qui n’était encore acte qu'en puissance, tendait

1 Cic. de Nat. Deor. II, 44 : Mihi enim qui nihil agit esse omnino non videtur.—Ailleurs, Acad. II, 12, l’action est aîtribuée à l’animal par opposition à l'être inanimé; mais le Sloicisme n’admet rien d’inactif ni d’inanimé que par comparaison. Voyez plus bas.

2 Simplic. ἐπ Categ. 5f.2 a: ὃς τὸ ποιοῦν πελάσει τινὶ ποιεῖ χαὶ ἅψει.

5 Simplic. ibid. ὁ [5 3 b:'To τὴν ἐνέργειαν ἐπὶ μόνων λέγειν τῶν ποιήσεων ἀνεξετάστως λέγεται" οὔτε γὰρ πᾶσα, ἐνέργεια ποίησις, οὐ γὰρ δὴ χαὶ ἡ νόησις... ἔχ δὲ τούτων συναχτέον ὅτι Πλωτῖνος καὶ οἱ ἄλλο! οἱ ἀπὸ τῆς τῶν Στωϊκῶν συνηθείας εἰς τὴν ἀριστοτέλους αἵρεσιν μεταφέροντες τὸ χοινὸν τοῦ ποιεῖν HAL πάσχειν EVA τὰς χινήσεις, οὗτοι συγχέξουσιν εἰς ταὐτό κίνησίν τε καὶ ἐνέργειαν, καὶ τὴν ποίησιν οὐ τηροῦσι καθαρὰν ἀπυλλαγυξνην τοῦ πάθους,

par un progrès successif à devenir réellement et effectivement acte. Suivant les Stoïciens, ce n’est pas le mouvement qu'on peut appeler imparfait : c’est seulement la chose qu’il produit et qu’il laisse après lui. C’est en cette chose seule, en cette œuvre extérieure qu'il y a succession et progrès; c’est elle seule qui par degrés passe de limperfection à la perfection, et de la possibilité à la réalité. Mais le mouvement est tout d'abord parfait et tout acte. L'acte et le mouvement ne font qu’un’. —Or maintenant, tout mobile a une matière par laquelle il est susceptible de modification, ou passif. Et c’est pourquoi , comme Aristote l'avait montré, tout ce qui produit, et qui fait en se mouvant, souffre, au point de contact, et dans le même temps qu'il exerce l’action, une réaction contraire ?. Donc, selon les Stoiciens, tout ce qui agit étant mobile, est nécessairement passif et matériel. Ainsi il n’est de véritablement existant que ce qui est susceptible d’action et de passion, et c’est pourquoi tout véritable être est un corps ἢ.

1 Id. ibid. : Καὶ τῆς κινήσεως, φησὶν ἰάμδλιχος, οὐ χαλῶς οἱ Στωϊκοὶ ἀντιλαμθάνονται » λέγοντες τὸ ἀτελὲς ἐπὶ τῆς κινήσεως εἰρῆσθαι, οὐχ, ὅτι οὐκ ἔστιν ἐνέργεια" ἔστι γὰρ πάντως, φασὶν, ἐνέργεια, ἀλλ᾽ ἔχει τὸ πάλιν καὶ πάλιν, οὗχ͵ ἵνα ἀφίκηται εἰς ἐνέργειαν, ἔστι γὰρ ἤδη, ἀλλ᾽ ἵνα ἐργάσηταί που ἕτερον, ὅ ἐστι per’ αὐτήν.

2 Arist. de Gener. an. IV, 3 : ὕλως τὸ χινοῦν, ἔξω τοῦ πρώτου, ἄντικχινεῖταί τινα χίνησιν" οἷον τὸ ὠθοῦν ἀντωθεῖταί πως, χαὶ ἀντιθλίδεται τὸ θλῖθον. Cf. de An. mot. 3 Phys. III, 2 : Συμθαίνει δὲ τοῦτο θίξει τοῦ χινητικοῦ" ὥστε ἅμα HAL πάσχει.

5 Plutarch. de Ρίαο, phil, IV, 20 : Πᾶν γὰρ τὸ δρώμενον à καὶ ποιοῦν

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