Voy. plus haut, p. 152, note
Plutarch. de Stoïc. rep. 23; Alex. Aphrod. de Fato (Lond. 1658, iu-8°), p. 104.
* Alex. Aphrod. ibid. p. 103 : Τὸν χόσμον τόνδε ἕνα ὄντα... ἔχειν τὴν τῶν
pas dire à l’avance avec vérité, comme Aristote et Épicure l'avaient cru, ni s'ils seront, ni s'ils ne seront pas. Tout ce que l'on peut dire de l’avenir est déjà vrai ou faux, et l’a toujours été, parce que tout est déterminé, de toute éternité, par une série infinie de causes antécédentes'. Tout est fatal; la contingence se réduit à ce qu'il est des choses dont les causes nous sont inconnues. Il ΠὟ a de hasard et il n’y a de liberté que pour notre ignorance ?. — Ce n’est pas que les Stoiciens refusent à l’homme la volonté, qui le fait maitre de lui-même. Mais elle se réduit, suivant eux, à la spontanéité, en vertu de laquelle on se détermine soi-même, il est vrai, mais toujours par des causes antécédentes, desquelles la détermination résulte, toute
ὄντων διοίκησιν ἀΐδιον χατὰ εἱρμιον τινα καὶ τάξιν. προϊοῦσαν, τῶν πρώτων τοῖς μετὰ ταῦτα γινομιένοις αἰτίων γινομένων, καὶ τούτῳ τῷ τρύπῳ συνδεδεμιένων ἁπάντων ἀλλήλοις. Diog. Laert. VII, 149 : ἔστι δὲ εἱμιαρμιένη αἰτία. τῶν ὄντῶν εἰρομιένη, Plutareh. de Ῥίας. phil, 1, 27 : Οἱ Στωϊκοὶ τὰν εἱμιαρμιένην συμπλοκὴν αἰτιῶν τεταγμένην. Chrysipp. ap. Gell. Woct, att. VI, 11; Stob. Ecl. 1.1, p. 156-180 ; Senec. de Provid, 5 : Caussa pendet ex caussa ; privata ac publica longus ordo rerum trahit, Id. Queæst. nat. IT, 45. Mauil. Astronom, 1. IL, v. 113. (Sur le stoicisme de Manilius, νου. J.-Lipse, PAysiol, stoic., passim ).
1 Cic. de Fato, c. 6 sqq. Id. de Divin. 1, 55 : Ex omni æternitate fluens veritas sempiterna, ...Veritatem earum rerum quæ futuræ sunt. De Nat. Deor. 1. 20: Fatalis necessitas..., ut quicquid accidat, id ex æterna veritate causarumque continuatione fluxisse dicatis. Ibid. II, δα; Ordo, veritas, ratio, constantia.
? Alex. Aphrod. de Fato, p. 34 sqq. Plutarch. de Plac. phil, 1, 293 de Stoic. rep. 23; Cic. de Fato, 10; Jul, Firmic. Astronom, init.
volontaire qu'eile est, d’une manière inévitable et fatale 1.
Ainsi, tandis qu'Épicure a placé à la base de sa physique et de sa morale le hasard et le libre arbitre , le Stoicisme n’admet que la fatalité. Épicure ne veut rien reconnaitre hors des phénomènes sous lesquels la sensation est passive; et pour en rompre l'enchainement nécessaire, il imagine un autre phénomène, un mouvement spontané, sans cause et sans raison. Zénon, au contraire, assigne à tout phénomène une raison, une cause qui le détermine. Mais en assujettissant la cause au mouvement, aux conditions de la matière et du corps, il Pabaisse aussi au rang des phénomènes, il la soumet à la loi qui les régit, et par conséquent à la nécessité. En d'autres termes, la philosophie épicurienne supprime le principe intelligible que la métaphysique d’Aristote placait au-dessus du mouvement et du temps, et il ne lui reste, pour suppléer à ce principe, que le Hasard. Cette cause suprème, le Stoicisme la fait redescendre de la métaphysique à la physique, et elle y devient le Destin; le destin, assujettissant tout et assujetti lui-même à la nécessité. Dans l’Aristotélisme, tout dépend d'un premier principe, pensée et volonté pure, qui
! Alex. Aphrod. de Fato, p. 68 544. Plutarch. de Stoic. rep. 47; Chrysipp. ap Gell, Noct. att. VI, 2.
LIVRE 1, CHAPITRE.IE. 159 ne dépend de rien; dans l’'Épicurisme, rien ne dépend de rien, du moins à l'origine; dans le Stoicisme, tout dépend de tout.
Néanmoins le destin des Stoiciens n'est pas une force brute et aveugle. S'il est la cause de tout, c’est qu’il est la raison séminale qui contient toutes les raisons particulières; il est l’idée où tout est à l'avance prévu et prédéteriminé ; il est l’'universelle Providence’. Tandis que le Dieu de la métaphysique péripatéticienne présente l'apparence d’une pensée solitaire, renfermée éternellement dans la contemplation d'elle-même, le Dieu des Stoiciens est tout entier appliqué au gouvernement, et, selon leur expression ordinaire, à l’administration? du monde. En effet, déjà Aristote comparait le monde à une maison où chaque chose ἃ sa destination et son usage. Mais, selon lui, ce n’était pas à Dieu même qu’il appartenait de pourvoir en détail à l'administration économique. C'était la nature, qui se réglant sur la pensée divine, distribuait et ordonnait toute chose selon le temps, le lieu et la mesure #. Suivant les Stoiciens, Dieu et la nature ne font
1 Plutarch. ad. Stoic. 36 ; Diog. Laert. VII, 147; Οἷς, de Nat. Deor, Il, 65.
2 Διοίχησις. Alex. Aphrod. de Fato, p 103-4; en latin administratio. Cic. de Nat. Deor. 11. 31, 32, 33. Diog. Laert. VII, 134 : Τὸν δὴ κόσμον οἰκεῖσθαι κατὰ νοῦν καὶ πρόνοιαν.
δ Metaphys. XI, 10.
γον. ΤΣ vol., part. ΠῚ. À. III, ec. 3.
qu'un : donc c'est de Dieu lui-mème que ressort l'économie : du monde.
Mais cela ne veut pas dire que la divinité gouverne le monde ainsi qu’une sagesse humaine pourrait le faire, par des idées abstraites, par un discours de la raison, et comme un objet qui lui serait extérieur. À cette conception vulgaire, qui soumettait l'intelligence divine aux conditions du raisonnement humain, Aristote avait substitué l’idée d’un art plus profond de la nature, art concret, intérieur à ses œuvres, et qui n’est que la tendance dont elles sont la forme et l’expression immédiates.
1 Oixcvouia. Plutarch. de Stoic. rep. 34. Alex. Aphrod. de Fato, p. 104. Maxim. Tyr. serm. XIX (Lugd. Batav. 1607, in-8°, p. 174): Τὸν δὲ Ποσειδῶ,, πνεῦμα διὰ γῆς καὶ θαλάττης ἰὸν, οἰκονομιοῦν αὐτῶν τὴν στάσιν καὶ τὴν ἁρμονίαν. Passage où il parle selon la théologie physique des Stoïiciens ; voy. ci-dessous , p. 159. Le poëte stoïcien Manilius appelle le monde :
Publica naturæ domus.
Astron. |. I, v. 278.
— Le mot latin qui rend le plus généralement cixcvouety est dispensare (Cicer. Pro Rabir. Post. 10. Voyÿ. plus bas) : Manilius l’emploie dans les passages suivants comme les Stoiciens grecs devaient faire οἰκονομεῖν, L. I,
Mutuaque in cunctas dispensat ( Deus) fœdera partes.