L. IL, v
Sic omnia toto
ee)» se loge ja ΣΟ οι \s) jo ἘΠ ιον θα
Dispensata manent mundo.
εἴς PE Mo ΘΟῸΣ Animo, qui cuncta gubernat, Dispensatque hominem.
LIVRE I, CHAPITRE Il. 161 j'est cet art qui est pour les Stoiciens l'art divin. Les raisons séminales, par lesquelles Dieu prédétermine et fait tout, sont donc autant d’états par lesquels il passe , autant de formes qu’il revêt. C’est Dieu même qui pénètre et circule partout !, comme le miel court dans les rayous?; c'est Dieu qui, sans forme par lui-même, se transforme en toutes choses, se rend semblable à tout et se fait tout en tout 5,
De là la diversité des noms sous lesquels la mythologie désigne Dieu, selon les différentes régions qu’il habite, et les différentes puissances qu'il déploie : comme cause de la vie, il s'appelle Zeus ( de ζωή); comme présent dans léther, qui est son lieu propre, Athérné; dans le feu, Héphestos ; dans l'air, Héra; dans l’eau, Posidon; dans la terre, Déméter ou Cybele 4, Telle est la théologie physique, c'est-àdire la vraie théologie , que le Stoïcisme substitue à celle des poëtes et à celle des législateurs, à la
‘ Plutarch. de Plac, phil, 1, 7 : Τινεῦμια, μὲν διῆκον δι᾽ ὅλου τοῦ κόσμου. J. Fivmic. Astronom, 1, 3 : Diffusus per cunctos animantes,
? Teriuli. de 4n. 44 : Stoici enim volunt Deum sic per materiam decucurrisse, quomodo mel per favos.
5 Posidon. ap. Stob. Ec/. t. I, p. 58 : Θεός ἐστι πνεῦμα. νοερὸν καὶ πυρῶδὲς, οὐκ ἔχον μορφὴν, μεταδάλλον δὲ εἰς ἃ βούλεται χαὶ συνεξομοιούμιενον πᾶσι. ᾿
4 Plutarch. de Plac. phil. I, 7.1 Diog. Laert. VII, 147; Cic. de Nat. Deor. Il, 24 sqq. Zénon avait emprunté celte idée à Xénocrate, Stob. Ecl. t. 1, p. 62. Mais celui-ci l’entendait probablement de l'âme du monde, dont il ne faisait que le second Dieu, Ibid,
théologie mythique et à la théologie civile 1. Dans l'administration , dans l’économie de l’univers, ce n’est donc plus, comme chez Aristote, ce n'est plus la nature qui s’accommode et se proportionne, selon le degré de ses puissances, à la pensée immuable de Dieu : c’est Dieu lui-même qui, se distribuant, se dispensant à tout, dans l’ordre et la mesure prescrits par la raison, se proportionne et s’'accommode à toutes les conditions ?. De la hauteur de sa divinité , il descend au plus humble des états; puis de cet abaissement il se relève, et relève avec lui jusqu'à sa condition première les existences inférieures. j Pour Aristote, la nature est une échelle formée d'espèces éternelles (quels quesoient d'ailleurs, dans les régions terrestres, la succession et les développements progressifs des individus); échelle éternellement suspendue à ce point fixe et immuable de la pensée divine : pour les Stoiciens, comme pour Héraclite, c’est un mouvement alternatif en
! Scævola et Varro ap. August. de Civ. Dei, IV, 3; VI, 5,6; VIL, 5. Sur la théologie physique des Stoïciens , νου. le traité de Cornutus ou Phurnutus : Περὶ τῆς τῶν θεῶν φύσεως ainsi que le savant commentaire de Villoison , dont le manuscrit se trouve à la Bibliothèque du Roi, et qui a été publié récemment en Allemagne (L. Annæus Cornutus, de Natura Deorum , ex schedis J. B. C. d’Ansse de Villoison recensuit commentarisque instruxit Frid, Osannus, Gottingæ, 1844 , in-8°).
? Themist, ἐπ libr. de An. [9 52 D: Διὰ πάσης οὐσίας πεφοιτηκέναι τὸν
\ \ -» ᾿ T - -» \ -» ᾿ » Li θεὸν... AIX που μεν ELVŒÆL νοῦν, που δὲ ψυχὴν s που δὲ φύσιν, που δὲ εςιν,
LIVRE I, CHAPITRE II. 163 sens contraires, dont Dieu même est à la fois la cause et le sujet.
Enfin, dans le système d’Aristote, le monde se renouvelle et se conserve par une suite de générations. La génération n'est pas un simple changement de maniere d’être : c'est la naissance d’un étre, d’une substance nouvelle ἢ que fait sortir de la puissance de Ja matière l’action d’une substance antérieure. À la vérité un seul être existe par lui-même, et tous les êtres qui naissent et qui meurent ne sont, en dernière analyse, que par la participation plus ou moins parfaite des puissances qu'enveloppe la matière à un seul et même être éternel. Mais ils n’en sont pas moins, dans la matière qui les sépare de lui, autant d'êtres et de substances à part. Pour les Stoïciens, la matière ne fait qu'un avec la cause première. Au lieu d'une multitude de substances diverses formées tour à tour dans la nature, par l'action créatrice d’une substance supérieure qui est Dieu, il n'y a donc qu'une substance, Dieu et nature tout ensemble. Des lors, comme Aristote l'avait déjà dit de toutes les doctrines qui faisaient tout naître d’un seul principe, la génération et la destruction ne sont que des changements de maniere d’être ?, des modifica-
ει Aristot. de Gen. et corr. 1,4.
8 Jd, ibid, τ : Oact πὲν γὰρ ἕν τι τὸ πᾶν λέγουσιν εἶναι καὶ πάντα ἐξ ἑνὸς
tions, dont la substance unique est le sujet :. Au lieu d'une multitude d’êtres divers, remplissant de leurs existences passageres tous les degrés par lesquels la simple puissance est séparée de l'être transcendant qui l'appelle à la réalité, un seul être, prenant l’une après l’autre toutes les formes, et passant tour à tour de la condition la plus élevée à la plus humble, de la plus humble à la plus élevée,
Dieu est en sa substance le feu éthéré. Le double mouvement auquel il est soumis, c’est, comme Héraclite l'avait dit, de s’éteindre et de se rallumer tour à tour ?. Maintenant quel en est l'effet, quelle en est la manifestation extérieure? Une alternative de condensation et de dilatation 3. Héraclite aussi l'avait dité. Ainsi une systole et une diastole successives, des extrémités du monde à son centre et du centre aux extrémités, tels sont les phénoménes primitifs desquels résultent tous les autres. Or, l'extrémité du monde en est le haut; le centre, où tendent les graves, en est le bas. C'est pour-
1 Chalcid. in Tim. p. 390 : Partes quippe ejus (sc. essentiæ) verti, sed non interire ita ut de existent bus consumautur in nihilum.
3 Clem. Alex. Strom. VI, p. 624; Diog. Laert. IX, 9; Plutarch. de Plac. phil®A, 3; Cornutus, de Nat. Deor. c. 17.
5 Piutarch. ado, Stoic. 35.
4 Clem. Alex. Strom. V,p. 599; Diog. Laert. IX, 9.
LIVRE I, CHAPITRE If. 469 quoi, sans doute, Héraclite avait appelé, et les Stoiciens appellent apres lui les mouvements alternatifs par lesquels le feu primitif s'éteint et se rallume, la voie de descente et la voie d’ascension *. Mais d'où vient que le chaud diiate, que le froid resserre? que le premier produit l'expansion et le second la concentration? C'est que, selon les Stoiciens, c’est de la tension que résulte l'extension ?, et du relâchement la contraction. La tension et le relâchement, tels sont les deux états primitifs desquels résulte toute la nature. C'est ce qu'avait encure entrevu Héraclite, quand il disait : l'harmonie du monde veut une tension et un relâchement alternatifs, comme en une Jyre ou un arci.
L'éther, par sa tension, produit donc et remplit d'abord la plus grande étendue possible; non pas pourtant une étendue infinie : le Stoïcisme emprunte encore à Aristote ce principe, que rien de
1 ὁδὸς ἄνω κάτω. Diog. Laert, IX, 8, 10 ; Stob. Ecl. 1.1. p. 500.
2 Simplic. ἐπ Categ. ν' f. 3 D: Τὸ σχῆμα οἱ Στωϊκοὶ τὴν τάσιν παρέχεσθα! λέγουσιν, ὥσπερ χαὶ τὴν μεταξὺ τῶν σημείων διάστασιν. Ils définissaient la ligne droite, la ligne aussi tendue qu’il est possible : Διὸ χαὶ εὐθεῖαν ὁρίζονται γραμμὴν τὴν εἰς ἄχρον Terauévns Ibid.
5 Sext. Empir. adv. Math. IX, 82 : Τὴν κατὰ ἄνεσιν χαὶ τὴν κατὰ συμ.πιεσμὸν διάθεσιν. Anonym. ad cale. Censor. de Die nat. τ : Inilia rerum Stoici credunt tenorem atque materiam ; tenorem qui rarescente materia a medio tendat ad summum, eadem concrescente rursus ἃ summo referatur ad medium.
4 Ap. Plutarch. de 75. et Osir. 45: Παλίντονος γὰρ ἁρμονίη χύσμου, ὅχωσπερ λύρης ot τόξου. Cf, de Trang. an. 15.
166 PARTIE JV.—HISTOIRE.
réel , rien d'actuel ne peut être infini. Ainsi l’éther forme naturellement un corps d’une grandeur déterminée !; ce corps est une sphère : la forme sphérique est le résultat nécessaire de légalité de la tension dans toutes les directions possibles. Maintenant l’éther vient à se relâcher de sa tension naturelle : se condensant, se resserrant dans un moindre espace, il se transforme dans sa partie centrale en air, puis en eau?. C'est la mer primitive, qu'Héraclite appelait la semence du monde. En effet, le principe créateur de lPunivers y git enveloppé, comme le germe des êtres animés dans le fluide qui l'environne 4. Là repose en espérance le monde futur, qui peu à peu s'en développe. De l’eau primitive se séparent par l’évaporation, d’un côté, se déposant lentement au centre, la terre, dernier produit du relâchement et de la condensation; de l'autre, l'air, et enfin l’éther, qui, revenu à sa ten-
1 Diog. Laert. VII, 150 ; Siob. Ecl. t. I, pp. 322, 324; Chalcid. ἐπ Tim. p. 395.
3. Chrysipp. ap. Plutarch. de Stoic, rep. &1 : Δι᾿ ἀέρος εἰς ὕδωρ τρέπεται. Diog. Laert. VII, 136, 142; Stob. Ecl, t. I, p. 332. Lucret. 1. I, v. 781 sqq. — Cf. Plat. Tim, p. 49.
5 Clem. Alex. Strom. V, p. 599.
4 Diog. Laert. VII, 136 : Καὶ ὥσπερ ἐν τῇ γονῇ τὸ σπέρμα περιέχεται, οὕτω καὶ τοῦτον σπερματικὸν λόγον ὄντα τοῦ κόσμου τοιόνδε ὑπολιπέσθαι ἐν τῷ ὑγρῷ κτλ.
ὅ Senec. Quæst. nat. II, 13 : Hunc (sc. ignem ) considere, et pihil relinqui aliud in rerum natura, igne restincto, quam humorem : in hoc futuri mundi spem latere.
$ Chrysipp. ap. Plutarch. de Stoic. rep. 41.
sion premiére , forme tout autour du reste du monde les astres, Dieux du second ordre, dont les mouvements détermineront invinciblement les destinées des êtres inférieurs ?. Ainsi se disposent en un noyau central et trois couches concentriques les quatre éléments : la terre, l’eau, l’air et le feu ou ‘éther ὁ. De ces quatre éléments, les deux premiers ont pour qualités le chaud et le froid, les deux derniers, l’humidité et la sécheresse. Les deux premiers, comme l'avait déjà dit Aristote, sont passifs , les deux autres actifs À : ceux-là sont éminemment la matière, base de l’existence ; ceux-ci la forme, la cause, qui fait la qualité5.
Cependant le mouvement commencé continue :
l’eau se convertit de plus en plus en vapeurs, dont les astres se nourrissent et s’accroissent ©, Toujours plus grands et plus ardents, après s'être assimilé
1 Chrysipp. ἰδία, 38. Augustin, de Civ. Dei, II, 11.
3. Senec. Ep. 97 ; de Provid. 1 ; ad Marc. 18 ; Quest, nat. 11, 32. Voy. J. Lips. Physiol, stoic. II, 14.
5 Chrysipp. ap. 510}. οί. t. I, p. 446.
Ὁ Diog. Laert. VII, 136; Nemes. de Nat. hom. 5 : Δραστιχὰ μιν ἀέρα χαὶ πῦρ, παθητιχὰ δὲ γῆν καὶ ὕδωρ. Cf. Senec. Quest. nat. III, 14.
5 Simplic. ἐπ Categ. ν' f. 5b. Nemes. de Nat, hom. 2. Voy. plus haut, Ρ. 139.
5 Cic. de Nat. Deor. I, 46 ; Plin. Hist. nat. II , 9, 68. C'était une opinion commune dans l'antiquité (Voy. J. Lips. Physiol, Stoic, I, 14; Jac. Thomasius, de Exustione mundi stoica, Diss. 5, 11; Bayle, Pensées diverses, 11, 128), etc., mais que ne partageait pas Aristote, qui croyait le ciel immuable. Plutarch. de Plac, phil. II, 5.
l'eau et l'air, avec les âmes séparées de leurs corps, ou les héros et les démons qui habitent l'air’, ils consument et dévorent jusqu'à la terre. Enfin, la partie la plus pure du feu ? absorbe les astres eux-mêmes. C'est le dernier terme de la conflagration 3 universelle par laquelle finit le monde. Le monde commence par l'eau et finit par le feu f. Tout redevient éther; toute différence, toute pluralité revient se perdre dans l’unité de Dieu 5.— Puis de nouveau il recommence à se transformer en un monde. Ainsi renait de lui-même, après s'être consumé par le feu, l'oiseau fabuleux de la Chaldée et de l'Égypte, le Phénix, symbole expressif de la conflagration périodique 6. A la conflagration succède donc à son tour la restauration? ou régénération À universelle. Tout recommence dans le même ordre,
1 Voy.J. Lips. Physiol, stoic. 1,18, το; ΠΙ. 14.