LIVRE I, CHAPITRE II
dans les divers organes, comme le polype se ramifie dans ses bras’. Ainsi qu’Aristote l'avait le premier démontré avec rigueur par la physiologie et l'embryogénie comparées, l'homme enveloppe et résume les différents degrés par lesquels la nature s'est élevée jusqu'à lui. Homme par la raison, une âme préside en lui à une vie animale, une nature à une vie végétale; une simple Labitude tient unis ses os et ses nerfs?. Et, de même que pour Aristote les divers degrés de vie sont des degrés divers de participation au principe supérieur de l'intelligence pure, de même, selon les Stoïciens, ce sont les formes diverses sous lesquelles la raison se communique à tout le corps. Toutes les puissances particulières descendent d'une source unique; et si tout ce qui intéresse une partie, quelle qu’elle soit, intéresse plus ou moins tout l’ensemble, c'est que tout n'est en effet qu'un seul et même principe, distribué, dispensé dans l'économie de l'organisme, comme la Providence dans l'économie de l'univers.
Plot. Enn, IV, 1x, 2. Cf. Salmas. ad Epictet. p. 282. Ptolem. de Judic. Jac., passim.
1 Plutarch. de Plac, phil. XV, 4, 21.
? Diog. Laert. VII, 139.
5 Sext. Empir. ad. Ma'h. IX, τοῦ : Καὶ πᾶσα! αἱ ἐπὶ τὰ μέρη τοῦ ὅλου ἐξχποστελλύυεναι δυνάμεις ὡς ἄπο τινος πηγῆς τοῦ ἡγεμονικοῦ ἀποστέλλονται. ὥστε πᾶσαν τὴν δύναυ..» τὴν πεοὶ τὸ μιέρος εὖσαν καὶ περὶ τὸ ὅλον εἶναι, διὰ τὸ ἀπὸ τῶ ἐν αὐτῷ ἡγεμονικοῦ διαδίδοσθαι, Jambl. ap. 510}. Ecl. 1. 1. p. 52: Πνεύματα γὰρ ἀπὸ τοῦ ἡγευιονικοῦ φασὶν ὄντα, διατείνειν ἄλλα εἰς ἄλλα. Tertullien (de An,), en parlant de la doctrine toute sem-
Enfin de même que, dans la philosophie d’Aristote, ce qui est vrai de la partie inférieure de la nature humaine, abrégé du le reste du monde, l'est par conséquent de tout, en sorte que les formes diverses de l'existence ne sont toutes, en derniere analyse, que l'acte simple de l’Intelligence, plus ou moins complétement réalisé par les puissances diverses de la matiere, et presque accompli dans l'homme; de même, dans la philosophie stoïcienne, toutes les existences ne sont que le feu divin de la Raison, partout distribué à des degrés différents de tension et d'énergie, et qui n’a que dans le mot de la personne humaine la possession et la conscience de lui-même.
La raison est à la fois entendement et volonté, capable et de connaissance et d’action, faite pour la vie spéculative et pour la vie pratique. Mais on ἃ déjà vu que, dans le Stoïcisme comme dans l’Aristotélisme, la connaissance elle-même est essentiellement action. Seulement, chez les Stoïciens, ce n'est plus l'acte immobile d’un principe incorporel, c'est l’eflort, la tension d’un corps subtil. — Le savoir consiste dans la Compréhension des représentations , la compréhension dans l’assentiment, c'est-à-dire dans la volonté. La science
blable d'Héraclite : (Anima) non tam concisa quam dispensata. Sur cette dernière expression , voy. plus haut, p. 160,