LIVRE I, CHAPITRE IL
l'école péripatéticienne et l’école platonicienne ne différaient aussi l’une de l’autre que par les noms divers qu’elles donnaient à des choses identiques". Enfin, dans ces trois écoles opposées, il ne vit qu'une doctrine?; c'était celle des Stoiciens?, mais telle que l’entendaient les Panétius et les Posidonius, et plus mitigée encore par le mélange des doctrines académiques et péripatéticieñnes; de plus, diminuée de la physique entière et resserrée dans les limites les plus étroites de la logique et de la morale; réduite, enfin, presque entièrement à la solution de ces deux problèmes : le critérium du vrai, et le souverain bien.
C'est ce système qui fit le fond de la philosophie de Cicéron. C’est aussi, sans doute, à peu de chose prés, celui que Potamon enseigna dans Alexandrie au temps d’Auguste, et qu’il appela éclectique, terme employé, inventé peut-être par les Stoiciens*. La philosophie éclectique de Potamon
1 Id. de Fin. V, 25.
? Id. Acad. 11, 43 ; Sext. Empir. Pyrrh. hypot. 1, 235.
5 Cic. Acad. IT, 43 : Erat quidem , si perpauca mutavisset, germanissimus Stoicus. Sext. Empir. Pyrrk. hypot. 1, 33: ἀντίοχος τὴν στοὰν μετήγαγεν εἰς τὴν ἀχαδημίαν.
4 Cic. Acad, II, 9.
$ On a vu que ᾿’ἐχλογὴ joue le rôle le plus important dans la morale des Stoiciens ( Voy. plus haut, p. 219); α᾽ ἐκλογὴ et ἀπεχλογὴ ils avaient formé ἐχλεχτιχὸν εἰ ἀπεχλεχτικόν. Stob. Ecl. t. II, p. 142 : Ta μεταξὺ ἀρετῆς καὶ χαχίας ἀδιάφορα λέγεσθαι χατὰ τοὺς ἀπὸ τῆς αἱρέσεως ταύτης" οὐ μιὴν πρὸς ἐχλογὴν Lai ἀπεχλογὴν. Διὸ χαὶ τὰ μιὲν ἀξίαν ἐχλεχτιχὴν ἔχειν, τὰ δ᾽ ἀπαξίαν ἀπεχλεχτικήν. Plutarch. de Stoic. rep, 26 : Τὴν ἐκλεχτικὴν ἀξίαν,
devait étre, dans sa pensée, comme le nom l'indique, un choix de tout ce qui lui semblait vrai chez les différentes sectes. Mais, autant qu’il est permis d’en juger par la notice succincte que Diogene de Laërte en a donnée, c'était surtout un mélange du Stoicisme et de l’Aristotélismer.
D'un autre côté, on a déjà vu que l’école péripatéticienne, en abandonnant la métaphysique, s'était toujours rapprochée davantage du naturalisme stoicien. Dans le temps où Antiochus ne faisait du Stoicisme, du Platonisme et de l’Aristotélisme qu’une seule philosophie, limmatérialisme, qui faisait l’essence de la métaphysique, avait cédé presque entièrement au matérialisme de Zénon et de Cléanthe.
Le successeur d’Ariston de Céos et le contemporain de Chrysippe et de Carnéade, Critolaüs, après lui son disciple, Diodore de Tyr, au lieu de considérer, avec Aristote, l'intelligence comme abselument
1 Diog. Laert., Proœm. Il établissait deux χριτήρια, de la vérité, l’un ὑφ᾽ οὗ γίνεται ἡ χρίσις, 1 ἡγεμονικόν ; l'autre, δι᾽ οὗ, la φαντασία ἀκριδεστάτη, c’est-à-dire sans doute la φαντασία xaraknnrixn des Stoïciens ; 1 ἡγεμιονιχὸν jugeant d’après la φαντασία xaraknmrien, c’est toute la logique stoïcienne, — Il comptait quatre principes des choses, la matière et le ποιοῦν, c’est-à-dire les deux principes actif et passif des Stoiciens ; de plus Paction (ποίησις ) et le lieu : ἀρχάς τε τῶν ὅλων τήν τε ὕλην χαὶ τὸ ποιοῦν, ποίησίν τε καί TOR OV" ἐξ οὗ γὰρ, ai ὑφ᾽ οὗ χαὶ ποῦ καὶ ἐν ©. Peut-être faudrait-il lire, au lieu de ποῦ, ποιόν. — Enfin, il faisait consister le souverain bien dans la vie vertueuse , accompagnée des biens corporels extérieurs, ce qui est la définition péripatéticienne.