‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 85 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE IT

pales, dont la première T est une description sommaire du monde, particulièrement des phénomènes météorologiques et de la terre , et la seconde l'explication de la manière dont la cause premiere agit sur le monde, le principal objet que l’auteur se propose est de réfuter cette pensée stoïicienne que Dieu, présent à toute la nature, mêlé avec la matière et la pénétrant de sa substance, y produit, par son propre mouvement, le mouvement et la vie. Fidèle, en ce point essentiel, au philosophe dont il emprunte le nom, l’auteur du livre du Monde représente la nature divine comme étrangère au travail et à l'effort, exempte, selon ses expressions, de toute faiblesse corporelle ?, et imprimant à la nature, sans se mouvoir, un éternel mouvement. Selon lui, Dieu ne descend pas dans le monde et ne le parcourt pas en y engendrant toute chose, jusqu'aux plus vils objets$. Les rois mémes de la terre ne font pas tout à eux seuls : loin de là, c'est par des ministres et par les ministres des ministres qu'ils gouvernent et administrent tout.

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POP 907; col 2,1 22: ὁ θεὸς, οὐ μὴν αὐτουργοῦ χαὶ ἐπιπόνου ζῴου κάματον ὑπομένων, etc. P. 400 col, 2, ]. 10 Bekk. : ἄλυπον ἄπονόν τε χαὶ πάσης χεχωρισμιένον σωματιχῆς ἀσθενείας.

5. P. 398, col. 1, 1. 1 : Κρεῖττον οὖν ὑπολαδεῖν... ὡς ἡ ἐν οὐρανῷ δύναμις ἱδρυμένη Hal τοῖς πλεῖστον ἀφεστηχόσιν... καὶ σύμπασιν αἰτία γίνεται σωτηρίας, μᾶλλον ἢ ὡς διήχουσα χαὶ φοιτῶσα ἔνθα μὴ χαλὸν μηδὲ εὔσχημον

Tandis que les satrapes exécutent et font exécuter par leurs inférieurs, de degrés en degrés, la pensée du grand-roi, le grand-roi lui-même siége paisible au fond de son palais de Suse ou d’Ecbatane. De même, sans s'abaisser aux choses du monde sublunaire, Dieu réside immobile au plus haut, à la limite extrême de la région éthérée. Seule, la sphère des fixes reçoit immédiatement de lui le mouvement, qu’elle transmet aux régions inférieures. Chacune, depuis la plus haute des sphères planétaires jusqu'au centre, que la terre occupe, chacune participe, selon son pouvoir, dans une proportion décroissante, à l’action qui provient d’en haut*. Ainsi résultent d'un seul et même acte de la cause première, selon la diversité des puissances naturelles qui y sont soumises, toutes les formes d’existence dont le monde est l'assemblage. Ainsi succèdent par degrés à l’inaltérable régularité des mouvements célestes, le désordre et le trouble auxquels est livré en grande partie le séjour des mortels.

Mais à cette théorie, puisée en apparence aux sources les plus pures de l'Aristotélisme, l’auteur du livre du Monde méle des idées dont il est facile de reconnaître l’origine stoicienne. Les défi-

1 P. 399, col. a, L. το : Κατὰ τὸ ἄνωθεν ἐνδόσιμον. P. 398, col. 2, 1. 26: Τῆς πρώτης οἷον ἐνδόσεως εἰς κίνησιν μίαν γενομιένης. — Évdootc, ἐνδόσιμιον, pourraient bien être des expressions stoïciennes, comme διάδοσις (voy. plus haut, p. 196, n. 3).

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