‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 86 sur 228 · LIVRE 1, CHAPITRE · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE

-nitions qu'il donne du monde , et de l’un des phénomènes météorologiques, sont celles qu’en donnait Posidonius, et que celui-ci avait peut-être tirées lui-même de Stoiciens antérieurs 1. De même que les Stoiciens, l’auteur du livre du Monde représente l'univers comme un composé de contraires qui prédominent tour à tour les uns sur les autres et se maintiennent ainsi en équilibre?. De même que les Stoiciens, et à plusieurs reprises, il applique au gouvernement du monde les noms qui désignent l'administration domestique, ou l’économie 5. Comme eux, il donne à la matière des choses, au principe passif, le nom d’essence (οὐσία), qu’Aristote donnait surtout à la forme 4, Comme

1 C. τ, init. : Κόσμος pèv οὖν ἐστὶ σύστημα ἐξ οὐρανοῦ καὶ γῆς καὶ τῶν ἐν τούτοις περιεχομένων φύσεων. Posidonius ap. Diog. Laert. VII, 138 : Σύσ- Ta ἐξ οὐρανοῦ nat γῆς mat τῶν ἐν τούτοις φύσεων. — La définition de Varc-en-ciel est la même dans le Περὶ χόσμου et dans Posidonius ap. Diog. Laert. VII, 152; cf. Senec. Quest. nat. 1, 5. — C’est ce qui avait déterminé Thomas Aldobrandini et quelques autres (Vizzan. ad Ocell. Luc. p- 97; Alph. Pandulph. Disp. de fine mundi, proœm. c. 1; voy. 780, Thomas. loc. laud., et Fabric. Bibl. gr. 1Π, 129) à attribuer le περὶ x. à Posidonius.

2 C. 6. Cf. Cleanth. Fymn. C. 6, p. 396, col. 2, 1. 34 : ἀντιπεριισταμένων ἀλλήλοις, καὶ τοτὲ μὲν κρατούντων, τοτὲ δὲ χρατουμένων. Manil, 4stron. 1. II. Totumque alterno consensu vivere mundum, — 1l donne pour caractère au monde inférieur, outre le trouble ταραχὴ, la faiblesse, ἀσθένεια (ce. 6, p. 397, col. 5,1. 31), ce qui est tout à fait stoïcien , et il appelle Dieu ἰσχυρότατος, xpdriotos (p. 399, col. 2, 1. 20; cf, ci-dessus, p. 239, T2)

4 Ὁ, 4,Ρ. 392, col. 1, IL 5, 35.

eux, et comme les Critolaüs et les Cratippe, 1] prend pour l’âme des animaux ce fluide éthéré, émané du ciel, dans lequel Aristote ne voyait que la cause secondaire de la vie, le premier organe de l'âme. Comme eux, il explique les noms et les surnoms des dieux et la mythologie entière par les différents phénomènes qui résultent, dans la nature, de l’action d'une ‘seule et même cause. Comme eux, et en leur empruntant leurs interprétations étymologiques ?, c’est sur un seul et même principe qu'il rassemble tous les attributs dispersés sous les noms de Jupiter, de la Destinée, de Némésis, d’Ésa, des trois Parques?. Enfin, s’il oppose à l’idée d’une divinité qui s'étend et se répand en toutes choses l'idée péripatéticienne d’un Dieu placé au-dessus de la nature, qui lui donne, sans se mouvoir, le premier mouvement duquel suivent de degré en degré tous les autres, toutefois cette action , simple et universelle à la fois, il la représente, il la personnifie en quelque sorte sous l’idée et sous le nom de la puissance divine, pénétrant, parcourant la nature entière. Aristote ne connait qu'un Dieu absolument

1 C. 6, p. 397, col. 1, L. 18 : ἔκ τούτου πάντα. ἐμιπνεῖ τε καὶ ψυχὴν ἴσχει τὰ ζῶα.

? Par exemple, c. 6, p. 400, col. 1,1. 7 : Οὐρανὸν... μὲν ἀπὸ τοῦ ὅρον εἶναι τῶν ἄνω. Cornut. de nat. Deor. 1 : Οὐρανὸς... οὖρος ὧν ἄνω πάντων χαὶ ὁρίζων τὴν φύσιν. Cf, Phil. de Mundi opif. p. 9 ; Achill. Tat. ἐπ “ναί. p. 129, ed. Petav.

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