‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 9 sur 228 · LIVRE f, CHAPITRE TL · texte numérisé non relu

LIVRE f, CHAPITRE TL

chit, en puissance plus ou moins proche de Pacte dans tout le reste; réunissant enfin, avec la simplicité indivisible dans Pacte, la multiplicité indéfinie dans les puissances qui tendent de toutes parts à arriver en elle à l'acte et à la réalité? Aïnsi naït la variété infinie des couleurs de l'alliance de la lumière, simple et une, avec tous les degrés de l'obsecurité τ. D'un côté, l'acte, être absolu; de l'autre, la puissance, être et non-être relatif, qui n'existe que dans l’acte commencant du mouvement; et dans le mouvement la multitude et la diversité infinie des intermédiaires. Ce n'est plus, comme dans la dialectique platonicienne, une idée générale, commune à tous les êtres, mais qui n’a de réalité qu'en eux; c’est la Pensée substantielle, dans toute la réalité de l’action la plus parfaite, indépendante de tout et se suffisant à elle-même, mais de laquelle tout dépend, à laquelle tout se rapporte, présente à tout comme chaque âme l'est à tout son corps, inégalement, diversement, et selon que chaque chose la peut porter; pour mieux dire encore, la pensée absolument active et pensante en elle-même, diversement et inégalement dans les choses, selon toutes les différences du possible.

Cependant, si c'est là l’idée qui fait le fond de

1 De An. II, 7 ; De Sensu , 3; théorie remise en honneur dans ce siècle

par Goethe.

l'Aristotélisme , elle y est encore obscure, confuse, enveloppée; impuissante peut-être à se faire jour, parce qu'il y manque encore quelque élément essentiel de vérité et de vie. Dans les termes qu'elle doit réunir, bien plus rapprochés de la réalité que ceux qui formaient la base des systèmes précédents, ne semble-t-il pas pourtant qu'on ne trouve encore que des abstractions, insuffisantes pour expliquer la nature, l’homme et Dieu; incapables et de subsister séparément, et, une fois conçues comme séparées, de se réunir et de se combiner ?

Aristote explique tout par l'acte et la puissance, dans leur opposition ét leur rapport: l'acte, qui est la forme des choses, leur cause motrice et leur fin; la puissance, qui en est la matière. Mais qu’entendre par ces actes exempts en eux-mêmes de toute virtualité et de tout mouvement, dans lesquels on fait consister les formes substantielles d'où les phénomènes suivent, les natures, les âmes? Dépourvus de puissance, comment y voir des causes motrices ? les réduire à des fins qui ne meuvent qu'en attirant, n'est-ce pas transporter à ‘a matière passive l'énergie motrice et la causalité effective ? Enfin, si les formes des choses sont de purs actes, inhérents à la matière, à quoi les reconnaitre pour des formes véritablement substantielles, distinguées des simples accidents, qui ne sont que des effets et non des causes ?—Que si des âmes, de la nature, on

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