LIVRE I, CHAPITRE IT
En second lieu, de même que si on suppose la cause séparée de son effet dans le temps, elle n’en est plus la cause ; de même si on la suppose dissemblable à son effet, elle n’en contiendra pas la raison, et par conséquent elle n’en saurait être la cause” : c'est ainsi qu'un cheval ne naît pas d’un platane, ou un homme d’un cheval”. Ce qui est en mouvement ne peut donc être la cause de ce qui est en repos, ni ce qui est en repos la cause de ce qui est en mouvement. Mais, d'un autre côté, si la cause et l’effet sont semblables, comment les discerner ? Si c’est par son mouvement que le tourneur meut la roue, la roue étant aussi en mouvement, pourquoi ne serait-ce pas elle qui meut le tourneur *? Des deux choses en mouvement, comment juger laquelle est la cause, et laquelle est l'effet?
Enfin , ou la cause se suffit à elle-même et produit toute seule son effet, ou bien elle a besoin d’une matière dans laquelle elle le; produise. Produit-elle à elle seule? alors, sa nature étant de produire, d’abord elle doit produire toujours, et à l'infini ; ensuite, elle doit produire à elle seule des effets d'espèces infiniesf. Ou plutôt, il est impossible
1 Ibid. 230 : Καθὰ γὰρ τὸ ψυχρὸν οὐχ ἔχον τὸν τοῦ θερμοῦ λόγον, οὐδέποτε δύναται θερμαίνειν.
2 Ibid. 203, 225.
5 Ibid. 228 : Τί οὖν μᾶλλον διὰ τὸν τροχὸν καὶ ὁ τροχηλάτης κινεῖται, ἢ ἀνάπαλιν διὰ τὸν τροχιλάτην ὁ τροχός ;
4 Ibid. 246.
qu’elle produise rien, qu’elle fasse rien être de plus qu’elle-même : car il est impossible qu’un devienne deux. Si un devenait deux, chacune des deux unités deviendrait deux à son tour par la même raison, et ainsi à l'infini. Or, il est absurde de faire venir l’infini de l'unité’. — Dira-t-on, au contraire, avec les Dogmatiques, que la cause ne peut rien produire seule, et que de la diversité de la matière résulte, sous l’action d’une seule cause, une diversité extrême d'effets, comme on voit le soleil blanchir le linge, rougir les fruits, fondre la cire et sécher l'argile? Dira-t-on, en un mot, que le principe actif ne fait rien qu'avec le concours d’un principe passif sur lequel il agit? Alors la cause étant définie ce qui est tel que l’effet a lieu en sa présence, et en son absence n’a pas lieu, et cela étant vrai du principe passif aussi bien que de l'actif, pourquoi le premier ne serait-il pas la cause efficiente tout aussi bien que le second? Si la combustion résulte de la présence simultanée du feu et du combustible, comment juger lequel des deux est la cause ??
Enfin, ou la cause est séparée du principe passif dans l’espace, ou elle lui est contiguë. Si elle en est séparée, elle n’y peut rien faire. Car, selon les Dogmatiques, tout ce qui agit est un corps : or, les
ΣΟ Ibid. 220-1.
᾿ “ “ 4 A “ἃ 9 4 - - -" 2 Ibid. 241 : ὥσθ᾽ ἕπεται τὸ μὴ μᾶλλον ἐν αὐτῷ (se. τῷ ποιοῦντι) ἢ ἐν
-»" ΄ € - \ ἮΝ ΄ = ἜΣ Ὡ δύ TO πάσχοντι ὑποχεῖσθαι τὴν ὁραστηριον του αποτελεσματος UYZUAY,