‹ Essai sur la Métaphysique d'AristoteChapitre 93 sur 228 · LIVRE I, CHAPITRE IT · texte numérisé non relu

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laquelle les premiers Stoiciens eux-mêmes avaient varié, est couverte à ses yeux des plus épaisses ténébres ï.

Peu à peu, la physique dut se trouver resserrée dans les limites où les nécessités de la vie en exigeaient encore la culture, c'est-à-dire dans celles de la médecine. Dogmatique devint synonyme de 7ationaliste , où raisonneur, nom d’une secte médicale, celle qui prétendait, continuant la tradition hippocratique, remonter des symptômes, comme d'autant de signes révélateurs, aux causes invisibles des maladies?, puis, en vertu de lérdication, ou révélation, en déduire les remèdes ?. Dans cette secte figuraient au premier rang les Pneumatiques , ainsi appelés parce que, s'attachant plus étroitement encore aux principes de la physique stoïcienne , c'était dans les affections de lesprit, ou du souffle éthéré, principe de la vie, qu'ils cherchaient la cause première de toute maladie. Mais déjà, dans l'impuissance de déterminer les principes d'action d'une cause ainsi placée au-delà de toute expérience, c'est dans Paltération des humeurs, desquelles se forme le corps, qu'on les voyait chercher la raison des affections morbides de

l Ep. 54, 71, 88. Voy. Gatak. ad M. Antonin. IV, 21. ? Sext. Empir. adv. Math. NUL, 156: Τοῦτο γὰρ (sc. τὸ σημεῖον ἐνδειχ- ͵ " ΄ ᾿ - ἮΝ - = ’ \ - - - » - ΓΕ ΤᾺ τιχὸν) ὑπὸ τῶν δογυιατικῶν φιλοσόφων καὶ τῶν λογικῶν ἰατρῶν... πέπλοισται.

5 Galen, de Sect. 3.

l'esprit vital*. Tel fut aussi le principal fondement sur lequel Galien vint asseoir ce système qui devait, éclipsant bientôt tous Îes systèmes rivaux , régner sans contestation dans la médecine pendant le reste de l'antiquité et le moyen âge, et, durant tout le cours de cette dernière période , se mélant à la philosophie d’Aristote, partager avec elle l'empire de la science. — Dans le système de Galien, la constitution humaine a pour premiers principes quatre humeurs, répondant aux quatre éléments universels, savoir : le sang, matière premiere du corps organisé, et trois autres liquides qui se séparent du sang. Du juste /empérament de ces humeurs résulte la santé; de leur mélange vicieux, de l’excès ou du défaut de quelqu'une d'elles, la maladie?. La thérapeutique consiste à opposer à chacun de ces cas un remède contraire. En second lieu , du sang il se dégage encore des fluides d’une nature supérieure, des fluides aériformes, des esprits, de trois ordres différents : dans le foie, où le sang s’élabore , les esprits naturels qui gouvernent les fonctions de la vie végétative; dans le cœur, où le sang se mêle avec l'air, les esprits vitaux qui président à la distribution de la chaleur vitale et aux mouvements des passions; dans le cerveau,

1 De là le nom d’Aumoriste donné par Paracelse à la secte des Galénistes. ? Voy. Osterhausen, Hist. medic. pneum., Allorfüi, 1791, in-8°; Ackermann, Znstit, hist, medic. Norimb. 1792, in-8°, c. 18.

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