LIVRE I, CHAPITRE
les esprits animaux qui président aux fonctions de la locomotion et de l'intelligence". Mais ce n'est pas par les propriétes primitives des éléments, par le chaud et le froid, le sec et lhumide , que les esprits exercent leurs fonctions. Déjà certaines substances agissent sur d’autres ( comme les poisons et contrepoisons sur le corps vivant) d'une maniere inexplicable, mystérieuse, et par conséquent par des qualités spéciales et secrètes? : ce sont ces qualites occultes , si en usage chez les Péripatéticiens, ou plutôt chez les Galénistes du moyen-âge, et si souvent reprochées depuis à Aristote. De mème c'est par des facultés spéciales, inexplicables, c’est par des causes occultes, en un mot, que les différents esprits exercent leurs fonctions différentes. Telles sont les facultés rétentive, expulsive, sanguifique, etc.
Enfin, au-dessus des esprits, Galien reconnait encore , à la suite d'Hippocrate, et surtout d’Aristote, un principe très-différent des éléments, et qui organise le corps par une spontanéité propre , conformément à ses inclinations naturelles. C’est la nature, ou l’âme. Mais est-ce une âme telle que l'entend Aristote, forme incorporelle, acte simple, qui,
unie à une matière, n'en ἃ pas moins son origine
! Dan. Le Clerc, Hist. de la méd., p. HI, 1. 1Π1|, c. 3; Ackerm. Znst. hist. med., ©. 22.
? Galen. Method. XIII, 6; Simpl. IX, 6.; οἵ, Cesalp. Quest, medic. Ἐν 19.
dans la pensée, et qui est l’idée et comme le verbe du corps organisé qu’elle anime? Galien déclare qu'aucune théorie de la nature de l'âme ne lui a paru démontrée, et que sur ce sujet il n’a pas même pu arriver au vraisemblable‘. Mais il avoue, à peu pres dans les termes dont se servait Cicéron, que si l'on suppose l’âme incorporelle, il ne se fait aucune idée de sa nature, et il ajoute qu’apres avoir longtemps et soigneusement cherché et examiné, il ne saurait la concevoir autrement que comme une qualité ou forme du corps”. Aussi, de même que les Pneumatiques , après avoir expliqué l'organisation par le développement de certains penchants du premier principe de la vie, c’est encore par les proportions du mélange des humeurs qu'il explique à leur tour les penchants?.
Ainsi, des principes secondaires, les esprits, exhalés des humeurs; un principe supérieur, mais corporel aussi, qui est l'âme; principes d’autant plus inconnus et obscurs dans leur essence qu’ils sont plus reculés par-dela les phénomènes sensibles, et tous
- δὸς “ “ CN ΄ 5 P 1 De Fœtus format. 6, p. 700 : ἀλλ᾽ ὅπερ ἔφην, οὐδεμίαν εὑρίσκων δόξαν So) ed every ἐπιστγχυννι χῶς. ἀπορεῖν δυιλογῶ πεοὶ VuyTe οὐσία: οὐδ᾽ NEA FTGOENEL HAUT ἐπισ LLONALOS , ATOLEL 0U,9 \gYyo mE51 ΑΙ οὐσίας.) οὐ CAL = = - ἣΝ ΄
2 QOuod animi mor. corp. temper. seq. 3, p. 776 : ἀσωυ,άτου δ᾽ οὐσία:
Q ni mor. Corp. per. 590. 9, Ὁ. 770 : Ασωματου ὃ οὔσ'ιας
οὐτῆς AOÛ ἑαυτὴν εἰνα! δυνσμιένης , οὐκ οὔσης δὲ ποιότητος ἢ εἴδους σώυιαιτος, οὐδευίοιν νοῶ δισφορὰν, καίτοι πολλάχις ἐπισχεψάμιενός τε καὶ ζητήσοις ἐπιμελῶς.
5 Voyez surtout le traité Quod animi mores corporis temperamentum
sequantur,
LIVRE I, CHAPITRE II. 265 agissant dans le corps par des qualités, des facultés, des forces occultes et inexplicables ; en un mot, des causes invisibles et inintelligibles, des lors pures inconnues, qui ne sont que l’unité abstraite des fonctions auxquelles on les fait présider: tel est, en abrégé, le système auxquel aboutit chez Galien la médecine dogmatique.
Contre le dogmatisme luttaient deux autres théories , alliées l’une et l’autre au Pyrrhonisme , également opposées à la recherche des causes occultes et inconnues , à l’e2dication tirée des signes prétendus révélateurs : c’étaient le système des Méthodiques et celui des Empiriques, les uns et les autres ne cherchant, ne supposant rien au delà des phénomènes qui tombent sous les sens, Seulement, attachés à la physique mécanique des Épicuriens", les premiers ramenaient tous les états de l’organisme, sans en rechercher la cause première , aux deux états généraux et contraires du rapprochement ou de la séparation excessive des particules, du resserrement et du relächement? ; sous ces deux genres se rangeaient toutes les maladies, et à chacune s’opposait un reméde contraire par ses effets au genre dont elle faisait partie. Pour les Empiriques, s’abandonnant pu-
1 Voy. Ackerm. Znst. hist, med., ©. 2.
2 Adstrictum οἱ fluens , Cels., præf, * 5 Galen. de Sect, 6, 7. Cels., præf. — C'est le principe général des sys-
tèmes modernes de Brown et de Rasori : deux élus contraires de l’orgate]
rement et simplement à l'expérience , sans règle ou méthode générale, ils ne cherchaient qu’à opposer à la diversité des symptômes particuliers une diversité correspondante de remèdes, découverts soit par l'observation directe, soit par des similitudes, simple extension de l'observation’. Les Méthodiques ne poursuivent donc plus, comme les Dogmatiques, des causes invisibles. Seulement ils supposent encore , comme les Épicuriens et tous les physiciens mécanistes, que les phénomènes se réduisent à deux phénomènes généraux, observables, visibles , mais qui les contiennent, et, en ce sens seul, les expliquent tous. L'Empirique prétend ne supposer rien, et suivre lexpérience, sans aucune opinion préconçue : c'est, quoi qu’en dise Sextus ?, l'application la plus exacte du Pyrrhonisme à la médecine. Cependant comme le Pyrrhonien dans la conduite de la vie, de même dans la médecine FEmpirique est toujours obligé de raisonner, et par conséquent de supposer entre les choses les liens de la raison et de la causalité qu'il rejette. Soit dans la classification des maladies, soit dans le choix des remedes, il
nisme, deux classes de maladies et de remèdes. Mais la physiologie de Brown et de Rasori n’est point atomistique et mécanique.
1 Ackerm. Znst. hist. med., ©. 2.
? Pyrrh. hypot. 1.1; c. 34.
5. Lui-même dit ailleurs adv. Math. VILL, τοι : Οἱ μιέν φάσιν αὐτὰ (sc. τὰ ἄδηλα.) μιὴ xarahaubaveodor , ὥσπερ οἱ ἀπὸ τῆς ἐμπειρίας ἰατροὶ, και