LIVRE I, CHAPITRE II
retirer en so1', vivre concentré, roulé en soi-même, et tel qu'une sphère polie qui ne laisse aucune prise”, se tenir ainsi à l’écart avec son génie et le servir comme on le doit?, tel est, selon Marc-Aurele, l'idéal de la vie. C'est ce qu’il appelle, d’un mot emprunté peut-être aux Platoniciens, se simplifier 4. C'est le moyen qui conduit à l’ataraxie”, au calme, unique but du sage.
La nature humaine n’est donc plus ici, comme dans le Stoicisme primitif, un tout que parcourt et pénètre un seul et même principe. Déjà Épictète a réduit l’homme proprement dit à la pure volonté, distinguée de tout ce qui ne dépend pas d'elle. De la volonté, encore diverse et multiple , et inséparable du reste de l'âme, Marc-Aurèle sépare maintenant, avec les Péripatéticiens, la simple intelligence. De même à ce dogme des anciens Stoiciens, suivant lequel tout dans l'univers est l’effet immédiat de l’action divine, il préfère l'opinion contraire que Dieu ἃ seulement, dans l’origine, donné une pre-
5 VII, 28 : Εἰς ἑαυτὸν συνειλοῦ. XII, 3 : Τὸ ἡγεμιονιχὸν εἰς ἑαυτὸ συστραφὲν, σφαΐρος κυχλοτερὴς HUE αὐτοειδὴς ἡϑεται. VIII, 48; XI, 12 : Σφαῖρα ψυχῆς αὐτοειδής. — Cette idée qu'on trouve déjà dans Horace, Sat, I, 7; appartient probablement aux anciens Stoïciens.