PRÉFACE. V
particulier la notion de Jésus-Christ, centre et foyer de toute la révélation, tant au point de vue spéculatif qu'au point de vue historique.
Mais, de même que la philosophie ne peut traiter la logique, la morale et la théodicée, en demeurant dans une déduction
abstraite, dans un formalisme sans vie et sans réalité ; ainsi la
théologie ne saurait se constituer comme science en se renfermant exclusivement dans une étude syllogistique qui ne tiendrait aucun compte des éléments historiques et traditionnels. La vraie méthode théologique devra donc unir l'étude des faits à l'analyse des dogmes, et présenter partout la sage combinaison de ces deux éléments.
Tel est le point capital que nous nous proposons de mettre en toute évidence.
Si l'on nous demande en outre dans quelle relation se trouvent placées les sciences théologiques d'une part, par rapport à la raison, d'autre part, par rapport à la grâce. Nous répondrons sur ce dernier point qu'il faut distinguer entre une étude purement spéculative de la théologie où l'on ne poursuivrait qu'un résultat purement scientifique, et l'étude de cette autre théologie, appelée mystique, qui est une œuvre de vertu, qui considère la révélation à un point de vue pratique, comme une source divine de progrès moral, comme un moyen de sanctification. Sous le premier rapport, la foi divine et surnaturelle , la grâce du Saint-Esprit demeurent sans influence, tandis que sous le second on peut dire que la théologie a le caractère de toute œuvre surnaturelle et produit dans l'âme des fruits de bénédiction et de salut.
Quant aux relations que nous concevons entre la philosophie et la théologie, entre la raison et la révélation, il est facile de