‹ Essai sur la méthode dans les sciences théologiquesChapitre 5 sur 29 · VI PRÉFACE · texte numérisé non relu

VI PRÉFACE

les déduire de ce qui précède. La philosophie travaille sur les vérités naturelles, la théologie sur les vérités révélées ; la philosophie a donc son objet propre et indépendant de la théologie, mais cet objet limité et borné est agrandi, complété, élevé à une certitude surnaturelle par la théologie. La philosophie établit les vérités naturelles comme le fondement sur lequel s'élève le magnifique édifice des vérités révélées. Elle sert la théologie, il est vrai, mais ce service, rationabile obsequium, est une consécration volontaire, raisonnable de toutes les facultés de l'esprit au triomphe de la vérité révélée; or, en servant ainsi, elle constate sa légitime indépendance, et non sa servitude originelle (i).

Nous avons peu de choses à dire au sujet du travail que nous offrons au public, et qui n'est qu'une course rapide à travers les plus vastes questions.

Nous cherchons à établir que l'apologétique chrétienne a son point de départ dans l'étude de l'Eglise, de son présent, de ses origines, de son passé glorieux et vénérable, et que, considérée méthodiquement, elle ne saurait être qu'une démonstration catholique de la vérité du christianisme. L'ouvrage qui répond à nos vues est encore un postulatum de la science, et voilà pourquoi nous nous sommes borné à reproduire, faute de mieux, les idées du docteur de Drey, bien qu'elles ne répondent plus aux besoins du temps présent.

La théologie dogmatique ne pouvait être traitée dans notre court résumé qu'au seul point de vue de l'enchaînement des questions. Présenter la dialectique rationnelle de chacun des

(1) ClemenS; de Scolasticorum sententia philosophiam esse theologiœ anciUam. Cf. le Catholique^ ann. 1859; 1" Uvr.

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