‹ Essai sur la méthode dans les sciences théologiquesChapitre 6 sur 29 · PRÉFACE. VII · texte numérisé non relu

PRÉFACE. VII

dogmes chrétiens est une entreprise grande et noble, mais que les limites de notre travail ne nous permettaient pas de tenter.

La théologie morale surtout nous a paru susceptible de quelque amélioration dans sa méthode. 11 nous a semblé que cette science gagnerait en précision et en intérêt, si elle se retrempait aux sources vives de l'observation intérieure, et si elle mettait à profit les récentes découvertes de la psychologie expérimentale. C'est dans ce but que nous avons emprunté à Ch. Werner un plan de théologie morale, dont un théologien peut tirer le plus grand parti pour les besoins de l'enseignement.

La méthode du droit canonique nous a paru exiger aussi quelques modifications. Non-seulement la partie historique est sacrifiée dans les auteurs modernes à la méthode géométrique et déductive qui règne à peu près exclusivement; mais on commet encore un abus plus grave, en abandonnant l'ordre des Décrétales, et, par conséquent, en détournant plus ou moins de l'étude des sources, qui est seule capable de faire comprendre l'esprit de la législation canonique. Nous avons pensé avec le vénérable Rosshirt, que recommandent à la fois et la haute confiance du Saint-Père et un enseignement de trente-sept ans à l'Université d'Heidelberg, qu'il fallait conserver l'ordre des Décrétales, et faire dans l'exposition de la science une sage combinaison de l'élément dogmatique avec l'élément historique.

Nous avons aussi essayé de présenter une classification des sciences théologiques, en distinguant nettement les divers groupes qu'elles composent et les principales divisions que ces groupes renferment.

Enfin, comme il importait de justifier nos conclusions et de les rendre inattaquables, nous nous sommes appliqué à mettre en lumière le procédé méthodique des plus grands théologiens.

VIII PRéFACE.

C'est dans ce but que nous avons présenté un résumé consciencieux de la théologie de saint Augustin, recueillie dans toutes les parties de ses ouvrages. La preuve que nous tirons de ces textes ne dépend point de leur arrangement et de leur suite, mais de leur valeur absolue. L'édition citée est celle des Bénédictins. En donnant aussi un résumé de la théologie de saint Thomas d'Aquin, nous avons mis à profit le beau travail publié l'année dernière, à Ratisbonne, par le savant théologien Charles Werner (1).

Persuadé qu'en traitant des matières aussi délicates on ne saurait éviter toute inexactitude, soit dans la pensée, soit dans l'expression, nous nous soumettons d'avance au jugement du Saint-Siège, et nous désavouons absolument tout ce qui pourrait être contraire, d'une manière quelconque, à la doctrine de l'Eglise.

Il ne nous reste plus qu'à répéter, avec Leibnitz, à ceux qui ont un vrai désir de cultiver les sciences théologiques : « La belle harmonie des vérités qu'on envisage tout d'un coup dans un système réglé, satisfait bien plus que la plus agréable musique, et sert surtout à admirer l'Auteur de tous les êtres, qui est la source de la vérité, en quoi consiste le principal usage des sciences (2). » •

(1) Pour compléter l'analyse que nous avons donnée du Traité des lois de Suarez, à la page 194, nous devons ajouter que l'auteur examine dans les quatre derniers livres quelle est la nature de la coutume, quelles sont les conditions requises pour qu'elle ait force de loi, quelles causes la font exister, quels en sont les effets, et comment elle peut être abrogée. Il traite ensuite du privilège, de ses effets , et des causes qui le font cesser ; enfin, de la loi ancienne et de son but, de la loi chrétienne et de la sublimité de ses préceptes.

(2) Discours touchant la méthode de la certitude, etc.

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