Voir Fiistel de Coulanges, La Cilé Antique, liv. I
2. Aristote, Metaph., XIV (N), iv. Voir Platon, Frota^joras, le discours de Protagoras sur l'origine des sociétés (ôîv-t, -/al alStôç, dons de Jupiter.)
DIFFICULTÉS INSOLUBLES ET POINTS FAIBLES, l9o
magnifiquement et déclarait promulgiiées par Jupiter lui-même. Platon considère Dieu comme l'artisan du monde et comme le père des hommes, et, reprenant les vieux mythes, il raconte, sous ces formes poétiques, mais d'une manière très sérieuse, les effets de la divine justice dans l'autre vie \ Ainsi le trait commun des antiques doctrines religieuses et des plus grandes philosophics de la Grèce, c'est de montrer dans les dieux ou en Dieu une vigilante attention aux choses humaines et de prolonger au delà de la vie présente les conséquences des actions des hommes. Seuls, certains philosophes, comme Démocrite, par exemple, avaient fait exception.
Aristote ne méconnaît pas les traditions religieuses. Il y fait de fréquentes allusions. Sans les avoir scrutées avec ce soin qui n'appartient qu'à l'érudition moderne, il établit néanmoins entre elles des distinctit)ns qui attestent une étude réfléchie. Il attache fort peu d'importance aux fables qui lui semblent relativement modernes, et il en rit parfois - ; mais dans les opinions les plus antiques il cherche volontiers un fond de vérité". Selon lui la vérité a été plusieurs fois perdue et plu-
1. Voir surlout le Gorgias et la Rcpubliiiite. Le bien de l'homme selon Platon, c'est la justice, laquelle consiste précisément dans le développement harmonieux de toutes les puissances de l'àme. L'àine juste est en bon état ; elle est bonne, elle est heureuse. Mais ces vues n'empêchent point Platon de représenter les dieux comme assurant à la vertu les récompenses futures et indigeant au vice et au crime les châtiments mérités.