‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 109 sur 128 · Ëth. Nie, X, VI · texte numérisé non relu

Ëth. Nie, X, VI

7. Melapli., XII (A), viii, 1074'' 3. Uty.i/z: t6 6;Tov tt.v ^^'^fi'^ 'fjaiv. — Eth. Nie, X. VIII, 7.

DIFFICULTÉS INSOLUBLES ET POINTS FAIBLES. l'J9

erronée. On suppose à tort une sorte de gouvernement semblable à ce qui est si fort prisé parmi les hommes ' . La divinité est la cause du monde, parce qu'elle est la lin qui attire tout à soi.

Ainsi Aristote ne dédaigne complètement ni les vieilles traditions ni les préjugés; il fait même volontiers des allusions aux croyances populaires, sans les discuter, alors qu'il n'y cherche qu'une manière vive et frappante d'opposer aux choses humaines un idéal divin. Peu lui importe alors ce que le détail en quelque sorte a d'inexact : il prend l'idée en gros'. Mais dès qu'il ne parle plus en passant, et dès qu'il expose sa propre manière devoir, il se montre préoccupé de se mettre en garde contre l'anthropomorphisme. Il va alors si loin qu'entre rhomme et Dieu il supprime tout lien rehgieux proprement dit. Sa doctrine, très relevée, est très froide. Quand il mentionne la reconnaissance des hommes pour la bienfaisance divine', s'associe-t-il à ce sentiment? Non, sans doute, car la divinité, dans sa doctrine, est la cause

1. C'est ce qu'exiiriine bien Eudème, favorable pourtant, nous l'avons vil, à la conception platonicienne de Dieu père des hommes. Où yip iT.:-zz/.- T'.xiô; otp/wv ô Osô;, à/./,' où svîxît r, c;povT,3L;, èxi-zitizi. Eth. Eudem,, VII, XV (Vill, m), 12i9l).

2. 11 y a de cela un exemple leniaïquable, Eth. ^'/c, V, vu, 3. Chez les dieux, c'est-à-dire dans un inonde idéal, comme l'explique bien xM. Grant, la justice serait immuable ; chez les hommes, les lois ne sont point parfaites : il y a bien une justice naturelle, mais tout, dans notre inonde, est soumis au changement, et des règlements arbitraires peuvent étouffer la justice. —Il faut remarquer qu'en tout ordre de choses, Aristote aime à ]ircndre provisoirement l'opinion commune, sans la discuter, sans l'accepter nuii plus tout entière, pour chercher dans ce qu'elle a de fondé un témoignage en faveur de ce qu'il avance. Voir un exemple Eth. Nie, VIII, i, 7.

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