‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 116 sur 128 · Platon, Réimbl., I, 333 B · texte numérisé non relu

Platon, Réimbl., I, 333 B

DE L'EUDëMONISME RATIONNEL. 217

telles lui semblent être les idées de Platon, -/.ivoloyii 0 n/àT6j'/. Cherchant le bien de l'homme, il ne veut pas plus d'une idér de l'homme que tout à l'heure il ne voulait d'une idée du bien. Entre les hommes réels, seuls existants, il y a des traits communs, et, comme l'analogie relie entre eux les individus, il y a en ce sens une notion générale de l'humanité, y.ctx' dvaloyiocv' . On ne peut pousser plus loin le souci de ce qu'il appelle zb y.y.O' É'xao-rov : il le conserve jusque dans la considération des notions générales. Et cependant, il est vrai de dire que pour lui y a une forme, un type, une idée de la nature humaine, qui nulle part n'existe en soi, mais qui est en chacun ce qui le constitue, ce qui rend raison de ce qu'il est, ce qui permet de le définir, zc srhc, zb zl -h thy.i^bloyoç, et c'est aussi ce qui est la règle de la vie. Voilà l'idée, non plus au sens purement platonicien, mais plutôt interprétée d'une façon presque kantienne, mais enfin c'est l'idée. Comment se fait-il que dans l'homme il y ait quelque chose de supérieur à l'homme ? il ne s'en inquiète guère ; comment y a-t-il une forme de la nature humaine, qui, sans avoir aucune existence réelle, mette pourtant la volonté de l'homme en branle, et ainsi se fasse réaliser? cela ne lui semble pas intéresser la morale. 11 néglige ces hautes questions, plus prudent que Platon, mais moins sublime; il entend

1. Metaph., I (A), ix, 991a21. — XIII (M), x, 10791)16. Aristotc ajoute que ce sont là des métaphores poétiques. Voir avec quel soiu il met le philosophe en garde contre ces façons de parler, Anal, jpost., H. xiii; Toil, IV, 111, et VI, II.

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