‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 123 sur 128 · Summa lheoloçi.,'i'^l'^, quœst. 129, art. 3, ad Vim · texte numérisé non relu

Summa lheoloçi.,'i'^l'^, quœst. 129, art. 3, ad Vim

28i CHAPITRE IX.

dérant son propre défaut ; on est magnanime, quand on aspire aux grandes choses, et dans l'ordre de la \ertu et de la perfection, et dans le reste, ayant les regards tournés vers celui qui est la source de tout bien et l'auteur de tout don parfait. La pusillanimité est un péché. Avoir l'àme petite, le cœur petit, c'est se retirer des grandes choses, se relrahere a magnis, c'est par une timidité coupable, par une indigne lâcheté, ne pas faire les grandes choses qu'on pourrait faire, demeurer au-dessous de soi parce qu'on se croit trop aisément incapable d'effort et de succès, ne pas pratiquer telle haute \ertu à laquelle on est appelé, non sua virtute uli, parce qu'on se contente d'une vie médiocre, ne pas user des talents naturels, de l'intelligence, de l'habileté, ne pas profiter des ressources dont on dispose, hona quibus récusât uti ad virtutcm, parce qu'on se borne à une condition mesquine, et ainsi c'est défaillir, c'est tomber par faiblesse au-dessous du niveau de sa puissance, déficit proportione sux potentlœ, puisque c'est refuser de tendre à ce qui est en proportion avec les forces reçues et acquises. Et vraiment c'est un grand mal que cette petitesse d'âme ; et si la présomption est plus coupable en ce qu'elle tient de l'orgueil, la pusillanimité, considérée en soi, est plus laide, puisque par elle l'homme s'éloigne de ce qui est bon, recedit a bonis, et c'est ce qu'il y a de pire, quod est pessimu7n\ On pourrait multiplier les exemples. On verrait saint Thomas déclarer que c'est le

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