Etii. Nk.,\, VI
3. Et!i. Nie, III, vi-i\. f^.cs cliapiti'cs contiennent la théorie dn courage. Voir aussi IX, viii, 9.
•2i CIIAPITUE I.
dispositions -iiitérieLires et vos actions auront cette heureuse mesure qui est le propre caractère de la beauté morale, de la \ertu vraie. Vous serez un homme de cœur, un homme fort, àvho. Le courage, c'est la \igueur cjui appartient à l'homme, c'est la mâle énergie, c'est la virilité, àvîpîia. Vous ne briserez point les obstacles par un aveugle élan, vous n'irez point au devant de la mort sans raison, car cet emportement irréfléchi et cette impétuosité toute d'instinct conviennent à la bête plutôt qu'à l'homme. Le courage est fait de force et de lumière. Voyant les maux qui vous menacent et sachant combien ils sont grands, vous demeurerez néanmoins intrépide, parce que la mort est préférable à une vie honteuse. Vous voudrez donc et souffrir et mourir, si cela est beau ; et vous le voudrez, parce c|ue c'est beau. La nécessité ne fait pas le mérite ni le prix de l'action. Subir ce qui est imposé parce qu'on ne peut faire autrement, ne donne aucun titre à la louange due aux courageux. Il faut avoir en vue ce qui est beau pour accomplir une action belle. Il ne faut pas non plus jeter la vie comme une chose sans valeur, et se hasarder dans les périls avec une insouciance dédaigneuse. Ainsi font les mercenaires. Un citoyen courageux , animé de nobles sentiments, sait qu'il a beaucoup à perdre, il sait ce que vaut la vie; pour lui qui pratique les plus belles vertus, elle a un prix particulier; il l'estime puisqu'il la trouve remplie des biens les plus grands et les plus exquis; U considère
ESfjUISSH DE l'homme VKKTL'EUX ET S.U'.E. 25
combien elle est belle, combien honorable, combien douce, et il meurt. Il sacrifie pour la patrie tous ces avantages. Voilà le courage véritable.
Les occasions de déployer à un degré héroïque cette vertu sont rares, mais la diposition d'âme qu'elle requiert ou dans laquelle elle consiste, doit être constante en vous, si vous voulez être bon et moralement beau. Il faut que vous soyez dans cet état d'àme et comme prêt à agir en conséquence. La vertu est une ^ habitude, habitude active ; une chose qu'on a, qu'on possède et dont on est prêt à user, k%iq\ Dans les petites occasions, vous exercerez votre courage , si vous êtes courageux ; et toujours vous serez dans la disposition d'un homme qui domine la peur par la ^raisope en vue du beau.- ~
La tempérance se joindra chez vous au courage-. L'une et l'autre vertu vous empêcheront de descendre au-dessous de l'homme, et de même que vous ne fuirez pas lâchement le danger ni ne vous y jetterez en aveugle à la façon de la brute, ainsi vous ne vous abandonnerez point aux plaisirs corporels comme l'animal sans raison. Ici encore vous observerez une règle, vous garderez la mesure, et, faisant ce qu'il convient de faire, mettant l'ordre 'dans vos désirs et dans vos actions, vous serez beau.» Yous imposerez un frein à la concupiscence, vous réprimerez la sen-