Voii- tout le livre VI des Eth. Nie
5. Non que la fin de la morale soit la connaissance, non que la puissance de l'intelligence ou le talent aient, de soi, une valeur morale. Mais il y a une raison pratique, ô AÔyo; Toa-/.Ti-/.ô;, une pensée ou sagesse pratique, •fpôvT.si;, sans laquelle la vertu proprement morale n'existe plus. Voir surtout Elh. Nie, VI, VIII et xiii. Comparez Rhctoriçie, I, ix, 13. <PpôvT,7'.î 5' è'yï'.v àpîTT, Siavoîa; -/aO' r.v ï-j ^io'JAî'j£50ai ôûvav-ïi ~zy. àyaâwv -/.a'.
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agir. Telle est la nature, tel est le rôle de rintelligence appliquée au discernement des choses morales et éclairant, dirigeant la vie pratique. C'est la pensée même soutenant l'action, r^pcyc^i;. Elle devient, selon les circonstances, esprit de conseil et de précaution, eic:v}.ix, pénétration, sagacité, clairvoyance, vive compréhension des choses, o-Jvso-tç, décision nette et ferme, y-My/r]. Ces qualités si précieuses ne sont pas de celles, ce semble, qu'il y a mérite à posséder. La louange ayant caractère moral ne paraît pas être de mise ici. Tous méritez d'être loué si vous êtes courageux ou tempérant. Vous louera-t-on parce que vous êtes intelligent? On estimera en vous, on pourra admirer la vigueur ou la finesse, ou la vivacité de l'esprit : attribuera-t-on à ces dons de la nature une valeur morale? Oui, sans doute ^ : ces qualités ayant avec la conduite de la vie une relation étroite, et la culture qui dépend de vous pouvant les développer, tout caractère moral ne leur est point refusé, et s'il n'y a pas de mérite à être intelligent, absolument parlant, il peut y en avoir à travailler à le devenir de plus en plus. L'exercice, l'apphcation, la réflexion, La méditation, en un mot le soin de prendre de bonnes habitudes d'esprit, cela est louable, cela est moralement bon-.
1. Eth. Nie, I, XIII, 20. 'E-a'.voOijLcV 5s xai tôv sôaov -/.x-ri tt.v s'Ï'.v. L'auteui- de la Grande Morale contredit Aiistote, I, v, 3, mais ensuite dit la même chose, et même développe cette manière de voir, I, xxxiv. Nous avons déjà signalé cela dans notre Introduction, p. 13, et nous aurons occasion d'y revenir, chap. v.
2. Eth. Nie, III, V, 8. 'Ouoioj; ôs -/.al è-j toT; 5caao::, ogol o:' àaiAs'.av
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Est-ce assez de cultiver, de développer rintelligence pratique? L'intelligence gouvernant la vie est belle : l'intelligence se reposant en elle-même, n'est-elle pas plus belle encore ? L'univers est plein d'ordre et d'harmonie : la pensée explique la nature, et dans la nature on entrevoit l'excellence de la pensée; mais c'est la pensée en elle-même qui est la plus excellente des choses, et c'est dans le Vivant éternel et parfait, qui est tout acte et pensée toujours éveillée, c'est là qu'est le principe et la fin de tout', 11 y a quelque chose d'analogue dans les individus. Il est beau de faire régner dans ses sentiments, dans ses actions, dans toutes ses démarches, dans toute sa vie, l'ordre, l'harmonie, la raison- ; il est beau de régler toutes ses relations sociales selon la raison. Par l'intellig-ence alors, on se gouverne, et l'on gouverne, pour sa part, la famille, la cité, l'Etat, Mais^ il est meilleur encore de vivre de l'intelligence même\ et au lieu de pourvoir par elle à tout le reste, de l'estimer pour elle seule, de la laisser agir seule, de jouir d'elle seule. Les sciences particulières n'ont pas encore ce désintéressement, cette liberté, cette souveraine excellence \ Elles servent à quelque chose; elles ont dans la vie leur emploi: elles reçoivent diverses
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1. Metaph., XII (A), vu. — Comparer l'olit., VII, m, G, et iv, 5.