‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 38 sur 128 · eM/>//.. XII (A), V · texte numérisé non relu

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la raison. De même que l'univers tenant de la nature son bel ordre, on peut dire que ce qui le maintient, ce qui le gouverne, ce qui y fait conspirer toutes choses vers des fins hiérarchiquement ordonnées entre elles, c'est la nature et Dieu, -h c-ii'ji;, v.y.ï b Qecç^ : de même la vie humaine étant organisée par la vertu, c'est-à-dire par rintelligence, cette belle ordonnance est divine, qu'est-ce à dire? Belle comme une chose divine, oui, sans doute, mais divine aussi en ce sens que, tout en étant propre à l'homme, lui appartenant, venant de lui, née de son activité, de son choix en même temps que conforme à sa fin, elle suppose en lui cependant un principe plus haut que l'homme même, un principe divin, qui précisément est l'intelligence. En sorte qu'on pourrait dire de la vertu humaine, comme de l'univers : ce qui fait cela, c'est l'homme et Dieu. Là où rien n'est en vain, là où une fin est poursuivie avec constance, et chez l'homme il y a de plus clairvoyance et libre préférence, là est un principe divin. Intime pénétration, et, si je l'ose dire, compénétration de l'humain et du divin, si bien que l'on ne sait pas au juste où l'un commence, où l'autre finit, ce qu'il y a de plus propre à l'homme, par exemple, oiy.siàzxrov, étant aussi ce qu'il y a de plus divin, dnôrsczov, et pour la même raison, parce que c'est ce qu'il y a de meilleur, de plus excellent, de plus éminent, ■/.oâ-Lorzov, atJL7zcv, (^Hzi^zon. Et

1. De Cœlo, I, iv. '0 6îô; xal -f, -jûsi; o'joâv aârfiV ttoioûj'.v. — Polit., VIH (V), V, 5 (1326'!); ... 0£Îa;yàp or, toûto ô'jvâixso); sp^ov, rj'.; xal tocs

c'est ce qu'on voit surtout dans la contemplation, dans la sagesse : c'est un privilège divin, c'est une vie divine, où -/.ar' «vôpwTTcv /3toç, à?.>.à /carà 9eôv; c'est une suffisance et indépendance divine, a.i)-6i^v,z\.y. : connne Dieu on a assez de soi et de sa pensée pour être heureux. Mais, si c'est là une vie divine, est-ce simplement parce que vivant ainsi on est cormïie Dieu? N'estce pas parce qu'on a en soi le même principe de vie, l'intelligence ? La question n'est point approfondie. En quel sens l'intelligence est-elle un principe divin ? Comment survient-elle en quelque sorte du dehors, QùptxBtv èTieiTiivocL^ et comment est-elle ce qui constitue essentiellement l'homme? Quelle portée précise ont les métaphores employées par Aristote? Quels sont les mots qui rendent le mieux ses pensées profondes, de ceux qui marquent comme une intervention étrangère et une influence surajoutée, ou de ceux qui désignent une sorte d'identité entre le divin en soi et le divin en l'homme ? Rien de plus complètement transcendant que Tintelligence : elle est séparée, /wpio-Tc^ -jo-ûç -. Rien de plus réellement immanent, elle est l'homme même, ro-Jro ot avScwTTo; '. Est-ce donc que Dieu prend dans l'homme qui pense une nouvelle conscience de soi? Tout cela demeure indécis, et Aristote ne paraît pas avoir souci de décider. Conformément au génie grec, il nomme divin tout ce qui excelle ; si ce qui excelle, c'est l'homme

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