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même, l'homme est divin. Or, ce qu'il y a de plus excellent et du même coup de plus divin, c'est l'intelligence. Vue conforme encore au génie grec. L'intelligence, en soi, dans sa pureté essentielle, dans sa plénitude absolue, c'est Dieu. L'intelligence, en acte, non pas continuellement, éternellement, mais au moins par instant et comme par éclair, c'est l'homme, c'est le sage. Comment? par quel mode de participation, par quelle influence, par quelle présence du divin? on ne sait, mais enfin la sagesse est divine : cela est certain. Le sage est mortel, mais quand if pense, réternel, lui-même est éternel. La formule de Spinoza trouve ici une application inattendue. La sagesse, c'est, dans un court espace de temps, la même chose que l'éternelle pensée : une intuition vive, toute action, absolue, bienheureuse. Cette conception n'est-elle pas en harmonie avec la façon dont l'âme grecque envisage les choses divines ? N'est-ce point cette même manière de distinguer et de confondre en môme temps l'homme et Dieu, d'élever le divin audessus de l'homme et de le mettre dans l'homme même? Et si Aristote ne semble pas voir toutes les difficultés qu'entraîne sa conception, n'est-ce point parce que, si nouvelle qu'elle paraisse, elle a cependant une parenté intime avec les conceptions les plus familières à la race grecque?
Ainsi, dans sa manière de considérer et de régler la vie humaine, Aristote rend avec une fidélité singulière l'esprit de la Grèce antique. Aucun autre moraHste n'a tracé de la vie une peinture idéale, où ce qu'il y a de
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plus profond et plus vivace dans l'àme grecque soit si heureusement exprimé. Cette morale, où l'artiste, le citoyen et le philosophe se retrouvent, s'animant .et se soutenant par une mutuelle influence, c'est le résumé de ce que ce peuple, à Athènes surtout, a produit de plus délicat, déplus mesuré, de plus achevé. Je dis à Athènes : non que tout ce qui a cette empreinte soit athénien, Aristote lui-même n'était point d'Athènes, mais c'est là le propre de l'esprit d'Athènes ; c'est ce qu'on y prenait comme dans une atmosphère heureuse, encore que l'on n'y fût point né, et, si Thucydide a fait dire à Périclès qu'Athènes était l'école de la Grèce, on peut ajouter que là toutes les quahtés grecques apparaissent dans leur perfection. Or, c'est Aristote qui représente le mieux ce mélange d'amour du beau, de vertus civiques, de sagesse presque mystique^, sans ivresse, avec une sobriété constante, y.tz vj-cileia:;^ , avec cette clairvoyance qui vient de l'intelligence ennemie de tout excès.
Certes, c'est bien un Grec, un vrai Grec, que l'Athénien Socrate. Toutefois il a dans sa personne je ne sais quoi d'étrange qui s'éloigne des mœurs, des vues, des goûts de ses compatriotes, et que lui-même attribue à la présence d'un Dieu. C'est une figure singulière, un type tout à fait à part. Il est unique. La grande nouveauté de ses idées et de son rôle lui fait des amis enthousiastes, des ennemis acharnés, mais sans doute il étonne les uns et les autres. Cette attitude est faite pour déconcerter qui-
.ITliucydide, II, xli, Dii^courx de Périclès, ■^•.Iôv.t.Io: ust' vj-zzls'.yi:.
conque le regarde : partisans et détracteurs se demandent d'où vient que cet homme est à la fois si semblable à ses concitoyens et si différent même des meilleurs et des plus renommés. Il porte bien le caractère de sa race, mais avec une originalité qui ne permet pas dédire qu'il la personnifie.
Certes encore, c'est bien un Grec, un vrai Grec, que l'Athénien Platon. Mais aux qualités du génie national, éminentes en lui, s'ajoute et se mêle ce que j'appellerai une manière presque chrétienne par avance de penser et déparier. La hauteur de l'inspiration, le souffle religieux, le mysticisme puisé à des sources antiques, les enchantements de la poésie unis à la sévérité de la science, tout cela communique à sa physionomie une gravité et un charme qui n'appartiennent qu'à lui^, et c'est ce qu'on veut exprimer en le nommant le divin Platon. Ce Grec admirable est trop élevé au-dessus des autres pour qu'on trouve dans sa morale la fidèle représentation du caractère de sa race.
Après Aristote, Epicure, Athénien, enseigne dans Athènes, et le Cypriote Zenon inaugure sous un portique d'Athènes la plus célèbre philosophie morale de l'antiquité. Mais ni l'un ni l'autre ne nous fournit l'image de l'esprit grec considéré en ce qu'il a de plus exquis. Épicure descend au-dessous du niveau oi!i se tient sans effort le Grec de la grande époque ; il ôte à l'àme les larges horizons, éteint les nobles llammes et les gracieux sourires, relâche tous les ressorts, et le calme auquel il aspire est morne, triste, sans douceur et sans attrait.
Faire de l'insensibilité le but de la \'ie, est-ce donc d'un Grec? Oui, d'un Grec pris de lassitude, à une époque de stérile agitation ; mais alors c 'est la décadence qui commence, et ce Grec a dégénéré. Ni la vie politique, ni la spéculation ne le tentent. 11 n'a plus le goût des grandes choses. Il borne la sagesse à se contenir pour ne souffrir pas. Ce qu'il y a de grec encore en lui, c'est le sentiment de l'élégance, c'est je ne sais quelle discrétion et décence dans le plaisir, c'est ce désir de régler, d'ordonner la vie ; mais si le plaisir n'a plus d'aiguillon et si la raison ne fournit qu'une règle mesquine, il faut dire qu'il n'y a plus ici qu'une image diminuée des belles qualités dont la Grèce s'honore.
Dans le stoïcisme, au contraire, c'est une énergie, une rigueur, une hauteur de vertu, où le véritable esprit grec ne se reconnaît pas non plus. La doctrine a délaissé les sommets chers à Aristote. Le divin n'a plus rien de transcendant : il est tout dans la nature, et surtout dans rhomme, et l'homme même ne place plus dans les sereines douceurs de la contemplation la plus grande perfection, la plus pure félicité : tout se réduit à la vertu pratique, sociale. Mais là c'est une sévérité morale qui semble contraire à la vivacité, à la gaieté de l'esprit grec^ La vertu semble excessive et comme intempé-
1. Il me faut justifier ce mot. M. Jules Girard, dans son livre si remarquable sur Le sentiment religieux en Grèce (deuxième édition, 1879), se plaint qu'on parle trop de la gaieté et de rinsouciance des Grecs. « Il y a, en réalité, chez le Grec, dit-il (p. 7), un souci de lui-même, de sa condition et de sa destinée, qui s'éveilla en même temps que sa brillante imagination. » Tout ce que dit M. Jules Girard à ce sujet est très frappant; il faut
rante. Les avantages de la vie ne sont plus des biens, les misères ne sont plus des maux. Il n'y a plus qu'un seul bien, l'honnête, c'est-à-dire le beau. Il est bien grec de définir la moralité par la beauté, et de faire consister la beauté dans la convenance, dans l'ordre, dans l'harmonie. Mais pratiquement l'harmonie n'est plus celle qu'Aristote recommandait. Les passions sont déclarées des maladies de l'àme. Elles en troublent l'équilibre. A force de les assagir on les détruit presque; et si les calmes mouvements qui sont permis au sage sont réguliers, ils n'ont plus cette allure vive, aisée et gracieuse que leur laissait la vertu moins farouche d'autrefois. Tout est quelque peu contraint et tendu ; et au lieu d'une direction souple, nous avons une discipline rude. La vertu estfière, âpre. Les délicatesses de l'esprit grec se sont perdues, bien que toutes les sub-
se tenir en garde contre l'exagération qu'il signale avec raison; mais la sobre et noble gaieté dont nous parlons n'est point de l'insouciance, et je crois pouvoir conserver ce mot « gaieté ». Certaines écoles religieuses ont pu inspirer à leurs adeptes et propager ensuite de très graves pensées; l'orpliisme, par exemple, a eu une profonde influence, admirablement étudiée par M. Jules Girard. Le génie grec a-t-il été assombri par là? 11 ne le semble pas. Le Grec pleure et gémit : il n'est pas triste. De même les hautes questions morales et religieuses sollicitent sa curiosité, retiennent son attention, provoquent chez lui de sérieuses pensées : elles ne lui causent point de tourments intérieurs, elles ne le jettent point dans ce que nous nommons d'un mot grec, mais en un sens nullement ancien, mélancolie. Le propre caractère du génie hellénique, c'est bien cette joie de vivre, cette allégresse dans l'action, que les plus tragiques aventures et les plaintes les plus désolées interrompent sans en tarir la source. J'ai une remarque analogue à faire pour le «renoncement» dont je parlerai plus loin : les Orphiques ont pu prescrire et Platon conseiller une mort, vrai apprentissage de la vie; mais, si l'on considère les choses d'une manière générale, rien n'est moins grec que la mortification et le renoncement.
tilités qui lui sont familières se retrouvent dans la dialectique. On est fort, et cette force est belle, car elle est réglée, mais le sourire s'est évanoui. D'un autre côté, le stoïcisme a sur Fautorité de la loi morale des paroles nettes, précises, qu'aucune doctrine n'avait encore fait entendre. Il nomme le devoir zà oeôv, et au mot osL, il faut, on doit, quelquefois employé auparavant, il donne un sens arrêté, fixe, définitif. Cicéron pourra dire, en traduisant une formule stoïcienne : Oportere déclarai perfectionem officu\ Aux convenances, le stoïcisme ajoute le devoir. C'est son honneur, et cela même semble assez étranger aux habitudes du génie grec pour qu'on ait cherché à l'expliquer par des influences du dehors. Envisager dans la vie l'effort, le coiiiljat. la lutte, et cela le dire expressément commandé, en faire un devoir, c'est plus conforme, a-t-on dit, aux idées et aux sentiments des Sémites qu'aux idées et aux sentiments des Grecs. Ceux-ci s'épanouissent librement. Ils ne savent ce que c'est que se renoncer. Cela est vrai, à parler généralement, mais on prut se demander si les premiers stoïciens ont donné à la vertu l'aspect sévère que la vertu stoïcienne devait avoir plus tard ; et puis, l'on peut penser que si les Phéniciens, les Carthaginois et les autres peuples sémites ont quelque chose de dur, leurs idées morales n'offrent point après tout une pureté si grande, une
1. Cicéron, Orat., 22. Oportere peifeclioneui déclarât officii, quo et semper utendum est et omnibus; decere,qiiabiaptuinesse,cousentaneuiiKnie tempoh et peisonœ.
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sévérité si remarquable. Est-ce donc aux Hébreux que l'on songe quand on oppose la conception souriante des (Irecs et la conception sévère des Sémites au sujet de la vie et des mœurs humaines? Mais la sublimité même des conceptions hébraïques s'explique-t-elle par le caractère du peuple juif? N'est-ce point à des influences d'un autre ordre et plus hautes qu'elle est due? Le Juif, laissé à lui-même, a des penchants moins relevés, et les mœurs dissolues ne lui déplaisent pas plus que l'idolâtrie. La force qui le ramène à une loi meilleure n'est pas en lui. Au reste, le stoïcisme n'a pas sa première origine dans les idées hébraïques. Les stoïciens primitifs sont pour la plupart des Syriens, des Phéniciens, des Grecs Orientaux : qu'en peut-on conclure ? Quoique ces peuples eussent avec les Juifs de fréquentes relations, relations commerciales surtout, l'infiltration des idées est peu appréciable pendant longtemps. Il vient une époque où les Juifs ont manifestement avec les peuples d'alentour des rapports intellectuels, mais c'est après la naissance du stoïcisme. Alors une influence sortie des doctrines hébraïques a pénétré dans les écoles des philosophes ; alors des Hébreux éminents par l'esprit, le savoir, l'éloquence, ont philosophé. Tarse, par exemple, a pu voir dans son sein des Juifs et des Grecs enseignant dans la synagogue et dans l'école. Alexandrie a donné un spectacle pareil, avec plus d'éclat. Chez les Juifs mêmes, si l'on en croit Philon, la secte des Pharisiens n'était pas sans analogie avec le stoïcisme. Mais le stoïcisme primitif ne tire point de sources hébraïques son origine. Bien que son auteur
et ses premiers adeptes fussent tous des étrangers, ce qui est fort digne de remarque, c'est de la doctrine des cyniques que procède leur philosophie ; et si la doctrine des cyniques à son tour a je ne sais quoi qui semble provenir originairement de TOrient, si elle tient peut-être des vieux mystères un caractère qui n'est pas en harmonie parfaite avec l'esprit grec, si surtout elle manque de mesure, de souplesse, ce qui n'est point grec certainement, le stoïcisme, en recueillant son héritage, la transforme : il la rend plus humaine, la réconcilie avec la société, la ramène aux règles de la bienséance, joint à la vigueur la beauté, et accommode aux mœurs grecques cette étrange vertu en y apportant un heureux tempérament emprunté précisément à Platon et surtout à Aristote. Quoi qu'il en soit, le stoïcisme, qui est grec à bien des égards, convient à une époque de décadence : il a quelque enflure, quelque raideur, et ses hautes conceptions morales, celles qui marquent un progrès, ne s'exphquent pas tout entières par le seul développement de l'esprit grec. En tout cas, ce n'est pas là qu'il faut chercher le type du Grec, considéré à l'époque où il est le plus complètement lui-même, avant la décadence ou la réaction contre la décadence.
Ce type, c'est Aristote qui nous le présente. Sa morale, c'est, avec une pureté idéale, la pratique des meilleurs de ses contemporains. Les voilà bien, ces hommes comme il faut, bien élevés, distingués, cl /aptévreç, ni riches à l'excès, ni pauvres jusqu'à la gêne ; on ne voit pas qu'ils aient besoin de travailler pour vivre ; du moins.
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ils n'ont pas beaucoup de peine à se donner, et les soins vulgaires leur laissent des loisirs. Ce sont gens à leur aise, appartenant aux classes dirigeantes, citoyens d'Athènes, amis de la liberté et de l'égalité, dans une cité où abondent les esclaves, traités d'ailleurs avec douceur, et les étrangers enrichis par le négoce. Ils forment donc une élite ; et dans cette élite même, ils sont, si je l'ose dire, la fine fleur. De ce peuple servile ou mercenaire qui peine autour d'eux et en définitive pour eux, ils ne s'inquiètent guère. Sans rudesse et sans morgue, mais à peu près indifférents, ils ont des sentiments qui ressemblent à ceux de Descartes à Amsterdam, sauf que les affaires publiques les intéressent. Dans la sphère supérieure où ils se tiennent, ils n'ont pour les occupations illibérales que du mépris. Sans vastes désirs, sans ambition démesurée, sans activité fiévreuse, mais jaloux de leurs droits et de leur influence, ils aiment, goûtent, recherchent, dans la vie privée, dans les relations sociales, dans le 'mouvement des affaires publiques, dans la philosophie, tout ce qui est beau et noble, tout ce qui a du prix pour une âme bien née, tout ce qui flatte un amour-propre délicat, tout ce qui fait honneur à l'esprit, au cœur, au caractère. Ils ont de l'empire sur euxmêmes, mais cette domination de la raison sur les sens n'est point de l'austérité. Ce qui, dans la vertu, consiste à se contrarier soi-même, ce qui est renoncement, détachement, humilité, n'a aucune signification pour eux. Platon avait dit des choses approchantes, et il avait enseigné que bien vivre c'est bien mourir. Ici, il n'y a de
cet enseignement aucune trace. Ils sont bienfaisants, et ils estiment le dévouement dans l'amitié : la charité leur est inconnue. Ce n'est point une vertu antique; toutefois Platon avait montré le sage, parvenu au faîte des choses intelligibles, redescendant au fond de la caverne pour détromper et délivrer ses compagnons de captivité; ici, il n'y a pas de la charité le moindre pressentiment. Je résumerai d'un mot l'impression que me laisse cette morale : elle s'adresse à des gens heureux; ' elle dit ce qu'est le bonheur pour le Grec d'Athènes contemporain d'Aristote, pour Y honnête homme d'alors, comme on eût pu dire au dix-septième siècle. ^ Bonheijpqui n'est ni mesquin ni vulgaire ; il consiste dans la réunion de ce qu'il y a de plus brillant, de plus exquis, de plus aimable : une libre et noble activité accompagnée de pures jouissances; le mépris des choses insignifiantes, quoique les plaisirs humbles ne manquent pas et que le cortège des biens inférieurs ne soit pas rejeté; l'amour du beau inspirant la conduite ; l'exercice viril des vertus sociales, civiles et politiques ; les calmes spéculations de la sagesse : quel mélange, quel juste tempérament! et partout la pensée, guide et comme ouvrière de la vertu, puis suprême objet de la contemplation, pénétrant, animant, soutenant, gouvernant toutes choses, et enfin jouissant d'elle-même et trouvant dans cette jouissance une souveraine et divine douceur : une telle félicité était la plus haute qu'un Grec, purement Grec, pût concevoir, et c'est ct'lle qu'Aristote, dans son Éthique, propose aux hommes.
Nous n'avons encore que tracé l'escjuisse ou le tableau de la vie vertueuse et sage selon iVristote, et nous avons remarqué entre les idées du philosophe et le génie grec une constante conformité. Cherchons maintenant quels sont les principes de sa morale, et entrons un peu plus avant dans le fond des choses.
D'abord, quelle est la valeur de cette conception que nous trouvons partout présente, la conception du beau, du beau moral? C'est une règle : mais quelle espèce de règle ? Elle vient de la droite raison : mais comment? Et puis, qu'est-ce au juste que Là droite raison, et en quoi consiste son autorité?
Le beau est pour Aristote le nom propre de la moralité. 11 trouve cette expression dans Platon, dans Xénophon, dans la langue commune. Parler du bien, ce n'est pas, chez les Grecs d'alors, faire penser d'emblée à la
moralité; nommer le beau au sujet des actions humaines, c'est nommer ce qui en fait la valeur morale. Les Latins traduiront cela par honestum, par décorum, mots où l'idée de beauté est toute \ive ; le français, honnête^ malgré l'origine latine, perdra à peu près toute signification esthétique : en grec, le beau moral a le nom même du beau, xb -/.xlôv. Aristote accepte cette manière de parler. Il n'ajoute aucune épithète, aucune explication au mot y.y.làv. Il dit souvent ri -/aXâ ou encore ai -/.oCKaï Trpâ^et?. Ce qu'il joint à ces termes en plusieurs endroits, c'est un détail destiné à indiquer les formes de la beauté morale, ce n'est pas un commentaire ni un éclaircissement. Il juge superflu d'expliquer ce qui s'entend très bien, ou plutôt il n'y songe pas. Il n'a même pas la pensée d'étudier, d'approfondir ou de discuter la notion que le mot exprime. C'est pour lui une de ces notions parfaitement nettes qu'il suffit d'énoncer. Les belles choses dans l'ordre des actions humaines, t« xaXâ, ce sont les choses justes, tempérantes, courageuses, ta oiy.y.iy., rà o-w'^p5va, ~à àv^peta*. Les belles actions, ce sont celles qui sont faites en vue du beau, v.ylo'j hîy.x^, pour le beau ou par l'attrait du beau, dià. zà xaÀdv^ selon le beau et par rapport au beau, Tipàs tô y.xlâv''. Le beau, c'est la fin môme de la vertu, réloç roi dpsz-nç^, et ce par quoi est définie l'ac-