‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 40 sur 128 · Etk. Nic, III, vil, I · texte numérisé non relu

Etk. Nic, III, vil, I

4. £(/(. Nie, IX, VIII, 7; IV, i, 33. 3. Elh. Nie, III, VII, 2.

tioii vertueuse ; ce qui en détermine la valeur morale et permet de la qualifier, ôptS^ciat yio s/aa-rcv tw zélîi\ Aristote, voulant exprimer les exigences de la moralité, emploie encore de préférence ce même mot : le beau. Et quelles exigences ! L'homme plein de vie et d'espoir, ouvert à toutes les nobles jouissances, va, pour l'amour du beau, affronter la mort, sachant ce qu'il perd, heureux pourtant. Un je ne sais quel charme l'emporte, charme que la raison approuve, charme divin. Il est beau d'endurer les dernières souffrances plutôt que de trahir sa parole, ou de violer la justice, ou d'abandonner un ami : il endurera les dernières souffrances ^ Il est beau de mourir pour la patrie : il mourrai Quelle est donc l'étrange puissance de cette beauté que la raison découvre dans certaines actions? Puissance incomparable, et, pour emprunter le langage de Bossuet, beauté exquise, agrément immortel de l'honnêteté : Aristote rend cela avec une vive et forte simplicité. On a un vrai courage quand on meurt là où il est beau de mourir \ En vue du beau, le courageux souffre et agit courageusement ^ Il faut avoir du courage, non parce qu'on ne peut faire autrement, mais parce que cela est beau\ Il y a des choses dont l'homme a peur : il les doit affronter parce que c'est beau,

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