Eth. Nie, III, I
analogues qui ont la même force, qv-a Ï(jxiv, à-KoQy/izéov, désignent ce que nous appelons devoir ei obligation. Voici encore une phrase où tous les caractères de l'action mauvaise sont résumés, et le trait saillant, c'est le manquement au devoir : par malice, préférer, choisir librement ce qu'il ne faut pas, otà zaxtav oaipîio'Qoci. où/^ à dii^ : que peut-on dire de plus net?
Et pourtant, c'est bien la beauté qui demeure le propre caractère de la moralité. C'est le beau qu'Aristote considère le plus volontiers dans l'action morale. Il sait que cette beauté fait faire des choses qui coûtent beaucoup, et que la volonté, acceptant le sacrifice, endure pour l'amour du beau ce qu'on aimerait mieux ne pas avoir à subir : il démêle par une pénétrante et délicate analyse ce mélange de consentement et de regret, de ferme vouloir et d'involontaire souffrance. Mais il ne se demande pas ce qu'est Vob/if/ation, ce qu'est le devoir, et le mot même qu'il emploie quand il envisage parfois les choses morales par ce côté, le mot §eî n'a pas chez lui un sens très précis. Ce qu'il faut faire, c'est ce qu'on doit faire, assurément, mais c'est aussi ce qu'il convient^Ae faire, à peu près comme en français lorsque nous disons : voilà un homme comme il faut., ou : voilà une chose très bien faite, c'est tout à fait comme il faut, ou encore : nous devons agir ainsi, non pas précisément par un motif proprement moral, mais par un motif quelconque".