‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 50 sur 128 · ISldaiik., I (A), IX, OOl'-'Sl : XII! (M", v · texte numérisé non relu

ISldaiik., I (A), IX, OOl'-'Sl : XII! (M", v

paré qui soit Fhumanité yil y a des hommes, des hommes réels, et en chacun se réalise, d\me manière pkis ou nioins^ompl^e^l^essençe^l'hûmme^^ versellej. Encore moins y a-t-il quelque chose de séparé qui soit la cause, l'essence, la fin : chaque être a un principe d'action ou moteur, une essence propre, une fin, en un mot une nature qui est sa nature. Les différents êtres sont reliés entre eux par des analogies que l'esprit remarque, et ainsi la théorie des causes ou principes de l'être en tant qu'être est possible. Il y a aussi une échelle hiérarchique des êtres, et ainsi la théorie de l'univers se construit. On comprend comment chaque degré d'être est à la ïoh puissance et acte, puissance par rapport à ce qui le suit, acte par rapport à ce qui le précède, à l'exception de je ne sais quelle matière, absolument informe, puissance pure, réceptivité primitive, à l'exception aussi de l'être immobile, éternel, parfait, acte pur, forme sans matière, Dieu. Savoir, c'est donc, non pas placer au-dessus du monde réel un autre monde, idéal, intelligible, mais pénétrer en quelque sorte le secret de la composition et de l'existence du monde réel, saisir ce qui le soutient, Texplique, en rend raison, apercevoir les éléments qu'il suppose et les principes intelligibles qui en s'ont comme l'âme. L'idéal est dans le réel, l'idéal est ce cjui constitue le réel, et les infirmités de la réahté consistent en ce que l'idéal qui la constitue est comme empêché par quelque obstacle . Le j^éel et l'idéal, dan&Je.iond^iies-xhQaes,, ne s'opposent pas : avoir des défauts, c'est être moins

soi-même, au-dessous de son idéal, sans doute, et aussi et par cela même, moins réel. Dans les hauteurs de l'existence, si je puis parler ainsi, comme dans les hau- | teurs de la spéculation, c'est encore la même manière de comprendre la réalité. Aristote sortant de la physique ou considération de la nature, c'est-à-dire de l'existence mobile, entre dans la métaphysique ou considération de ce qui passe la nature, c'est-à-dire de l'existence immobile. Ici le réel et l'idéal, l'universel et l'individuel coïncident. Et comment? parce que l'être n'a rien qui ne soit que virtuellement et en puissance : ce qu'il possède, il ne le possède pas d'une manière morne ; ce n'est pas un état, ni même une disposition, c'est une action vive , et continue : ce qu'il a, il l'a actuellement, il l'est actuel- | lement, hzcyiio'iywj\ En lui donc aucune disproportion entre l'idée et le fait, entre ce qui doit être et ce qui est, 1 entre l'idéal et la chose même; et voilà pourquoi, n'étant ni un abstrait ni une collection d'abstractions, il a pourtant la vraie universalité, comme aussi, n'ayant point les limites des individus toujours plus ou moins chétifs dont se compose la nature, il a pourtant la vraie individualité. Il ne se perd point dans le vague de la notion indéfinie, dont l'extension est vaste parce que la compréhension en est nulle. Il ne se resserre point dans les bornes étroites de l'existence telle que notre expérience nous la fait connaître, existence précise, mais toujours courte par quelque endroit. 11 a, dans sa riche simpli-

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