‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 57 sur 128 · ZzoL7:ilz: vip aîiTÙJv r, 'yj/j,... Elh. Nie, IX, iv · texte numérisé non relu

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3. L'n tel homme est au-dessous de son rang d'homme, il est s aû)>0!; (ol cj ciaùXoL 7.aTi -poaîpîffiv Aî'yovua'., Top., iv, 5), et étant tel il commet une erreur, il manque son but, -sol Tivra [j.èv Taûta ô àyaOo; •/.a-rotiôcoTty.ôç êïT'.v, 0 ôi -/.axô; â;j:apTr,Ti-/ô; : le bon va droit, le mauvais fait fausse route {Elh. Nie, II, II, 7). Quant au sens du mot -fa-jÀo;, il est facile à saisir si l'on remonte à rétyraologie.<ï»aCiAo;, -ia-jpo; (dialecte dorien), -raûpo;, tout cela marque indigence, manque, insuffisance : c'est ce qui est pen et trop peu, c'est ce qui est au-dessous du niveau désirable : donc ce qui est mesquin, bas, vil, ou de mauvaise qualité, et on oppose csaû),(>; à Ènstx-r.ç, lequel marque ce qui est convenable et comme il faut, ou à airouSatoî, lequel désigne une chose faite avec soin, sérieusement, bien constituée, de bonne qualité, et, par suite, noble et digne d'estime et d'intérêt. Il y a dans la Poétique, xv, un texte curieux où le sens primitif de saÔXoç se voit bien : Aristote dit que la femme et l'esclave eussent-ils toutes les qualités que demande leur condition et fussent-ils moralement bons (/oy.s-t,, yp-r.oT&î), cela n'empêcherait pas la femme d'être inférieure à l'homme, et l'esclave d'être chose absolument vile : xxîto'. yj Tsw; xà ;j.sv /eTocv, tô £è oKo^z aaû- AÔv Im. La moralité, dans ce sujet infime, serait d'ordre inférieur. Voir Rhet.,l, IX, ISOT'"*!?. Kal a: Toiv ïÔïîi szouSaioTiowv àos-raL v.aA).:'o'j;.

DU BEAU OU DE LA RÈGLE MORALE. i 03

tienne : ceci en est manifestement trop loin ' ; mais la conscience stoïcienne n'a-t-elle pas un caractère moral que nous ne trouvons pas ici? Les jugements de la droite raison, telle que l'entend Aristote, posent les conditions de la beauté humaine, plutôt que de la moralité proprement dite. Si nous interprétons ses formules dans leur sens propre et original, selon ses idées plus que selon les nôtres, c'est toujours Tordre, la convenance, la proportion, l'harmonie, enfin, qu'il s'agit de reconnaître dans les actions humaines : cette raison pratique dont il est parlé, c'est la conscience assurément, mais non la conscience avec le sentiment de la responsabilité proprement morale, avec les sublimes terreurs qu'inspirent le péché et ses suites, avec le respect profond, absolu, pour une loi souveraine, impérieuse, inflexible, en même temps que sage et bonne, c'est la conscience, avec d'exquises déhcatesses d'artiste, avec le dégoût pour la laideur, avec un vif amour de tout ce qui est noblesse, grâce, beauté.

C'est dans la société que l'idéal, règle tout intellectuelle, devient loi proprement dite, voao;. La raison s'exprime, s'arme aussi, en quelque sorte, et là nous trouvons l'autorité et les sanctions. L'approbation devient la louange, la désapprobation, le blâme, et des récompenses sont proposées pour les belles actions, des peines sont édictées contre les transgressions de la loi.

1. Dans le Nouveau Testament, i\ixç,-ziz a le sens de péché. Les exemples abondent. Voir notamment Saint Paul, Rûm.,\i, 1,: Saint Pierre, I Ep., ii, 22; Saint Jean, I Ep., i, 9.

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Mais, si Ton se souvient que la société, c'est, selon Aristûte, l'état naturel de Thomme, et que plus la société est civilisée, plus cette perfection, qui vient du temps et de l'artj est conforme à la nature vraie', on comprendra que la loi, tout en ayant un caractère proprement social, tienne de la raison, de la droite raison, ce qui la constitue essentiellement, et que, considérée seulement dans Tordre social, civil, politique, elle y ait presque la valeur de ce que nous appelons la loi morale, avec cette différence toutefois que le caractère esthétique de la règle idéale est toujours prédominant. Rien de plus curieux, rien de plus instructif que l'histoire de ce mot v:u:ç et que l'emploi qui en est fait dans Aristote.

On cite très souvent un fragment de Pindare, bien remarquable en effet. Nsp.55 -dv-wj ^ayilvj;-. La loi c'est la reine du monde, c'est la maîtresse souveraine de tous. On reconnaît là cette fierté du citoyen grec, que rendra si bien Aristote lui-même dans sa Politique, quand il déclarera que mieux vaut l'empire des lois que celui des hommes ^ Mais qu'est-ce c]ue Pindare entend par ce

1. Mit., I, I, 8. 12o-2''. T]i-x -6'/.:; z-jzi: i~'.... -f, oà -^Jz:; Ti/.o; îtt'v

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elvat Éy.iïTG-j. — i, 12, 1253*. «tosst [lèv ouv f, ôpjJiT, èv Trâî'.v è-l tt,v TOia-jTT.v xG'.vwviav ô ôè ttoûto; a-jv-zr^ixc, asyî^Twv àyaOwv aÏTio;" oia— sp

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piJÔèv vûtxo'j X3ti &Î7.-r,c /eîpisTcv T:ivTojv. — Voir encore II, v, 11, 12.

2. Cité par Hérodote, III, 38, et par Platon. Gorgias, 484 B, où nous lisons : Nôao; Se TivTuv jia^'.Aeî;; ÔvaToiv -zi y.al àÔaviTwv. Voir Grote, Flato and the others comyanions of Sokratea (3» édit., Londres, 1875), t. I, p. 252 et suiv., avec les notes qui sont très curieuses.

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