Eth. Nie, X, i-v
4. Ces mots sont de .M. Ravaisson (Ess.sur lu iUt. d'Arist., t. I, p. 443) : ils rendent admirablement la très belle expression grecque. Eth. Nie, X, iv, 8.
5. Aussi Aristote dit-il que plaisir et acte sont étroitement liés ensemble et ne peuvent se séparer (a'jv3^îiï/6a'.;j.lv yàp -raÙTa ^aivExa'. v.al /wpiff|j.6v o-j Si/cTÔai) : sans acte point de plaisir, et tout acte est achevé par le plaisir. L'union est telle qu'on peut se demander si c'est le plaisir qui fait aimer la vie, ou la vie le plaisir. Eth. Nie, X, iv, 11.
demeurant enseveli dans le sommeil, où serait la perfection que nous cherchons? Mais si l'activité se connaît, comment se connaissant telle qu'elle est, c'est-à-dire pleine, développée, achevée, comment ne jouirait-elle pas d'elle-même? et comment une telle jouissance ne la perfectionnerait-elle pas encore, puisque ce n'est point là un mol et languissant état, mais comme une augmentation d'intensité dans l'activité même par cela seul qu'elle se répercute et se reflète? Puis, jouissant de soi, elle ne laisse rien perdre de soi, elle se recueille en soi, elle s'achève donc en cette délicieuse comphiisance qui la tient comme tout entière ramassée dans l'être d'où elle sort sans cesse. Or, si le plajsir est la conscience de l'activité déployée et jouissant d.'elle-nième, plus l'activité est haut^ et excellente, plus doux aussi^estle plaisir. Vivre bien ne va pas sans plaisir ; mais si le vivant est un être raisonnable, quel ne sera pas pour lui le plaisir de vivre bien ! Non seulement il se sentira, mais il se connaîtra vraiment : la conscience ne sera pas simple perception, elle sera réflexion, regard jeté sur soi, fixé sur soi. Un tel être pourra tenir embrassé son présent, son passé, son avenir* : il ressaisira le temps qui n'est plus par la mémoire, il anticipera le' temps qui n'est pas encore par l'espérance, et capable de s'étendre ainsi au delà et en deçà de l'instant présent, il aura de ce présent même une conscience vive, et tout cela lui sera doux
1. Mclaph., XII (A), vu, G, 1072t'lG. — Elh. .\r-., IX, vu, C. 'HojTa ô' Èj-rl Toû [làv Trapôvioç f, svÉpysia, toû SI ;j.é)>Aûv'ïo; f, i/.—i;, toû Se 7cYcVt,|j.jvo'j
T. '1VT,'J.T, • rÔlTTOV 5è TÔ y.DÎTà TT.V Èvî'o-'îtav.
parce que tout cela sera acte, Vie éveillée, sensation ou sentiment, pensée^JToutesJes fois c^iTiLagira conformément àsavraie nature, le plaisir sera vrai, profond, intenseJjSi son activité tout entière est réglée d'une manière conforme à sa nature, il y aura là pour lui une source continue de joie ^ Si de tous les actes dont sa nature le rend capable il accomplit le plus relevé et le plus essentiel à cette même nature, sajoie sera de toutes les joies la plus pure et la plus grande-. Donc, vivre bien et vivre heureux, c'est la même chose. Etlebonheur est la fin de l'être intelligent, puisque c'est son bien. Mais quand est-ce que l'être vit bien, encore une fois, si ce n'est quand il vit selon sa nature vraie, ou quand il est complètement développé, ou quand il est parfait? Or, cela c'est le beau, et c'est la vertu. Le bonheur consiste donc à vivre selon la vertu, et selon la vertu la plus parfaite. /La vertu d'une chose consiste en ce que cette chose accomplit excellemment l'œuvre à laquelle elle est destinée, l'œuvre qui lui est propre^.' La^jyertu de l'homme consiste à faire le plus possible et lejnieu:s
1. Eth. Sic, I, VIII, 4. Il'jvàoci ôi -tï) î.ôyw -/.alià su ^r.v y.al t6 eu Tzpi-z- Tc'.v TÔv S'jôaîaova* c/sSôv yàp sùî^tota ti; £ipT,Tai -/.al eu— pa^îa. — Vliys., II, VI, 1. 'HS'c'joa'.tj-Gvia t.oî-J.^ t'.î' sij-pa;:a yàp. — Poiit., VII (IV), m, 3 (isasa). 'H yàp E'j5ai|xov:a Trpâ^i'î ètïiv. — Comparer ce que Socrate dit (le r£'j-pa;'a, dans Xénophon, Memor., I, vi, et III, ix, 14.
2. Eth. Sic, I, VIII, la. 'Ap'.sTov àpa y.al t.o'.ttov... Et ayant rappelé un distique de Délos où se trouvent ces mots y-âXÀisiov, Àwffxov, t.o'.ttov, Aristote ajoute : "A— av-ra yàp û-âp/îi taÔTa Ta"; àpîrrai; îvîpystaiî* -ra-j- Ta; Sa •?, [AÎav tg-jtojv -z-r,'^ àpÎTJT.v elvai ça|j.èv tt,v Êij5ai[j.ov;av.
3. Eth. Nie, I, VII, 15. "Ev.ztcow ôî sij xarà Tr,v oIy.ôîav àpîrr.v à-;:oT£>>sî- Tat... — II, VI, 2. nSya àpsxT,, ou âv f, àp£xr„ aixô x£ £'3 è'/ov aTOXE)»:*, xal xô è'pyov a-jxoû so à— o5:5t.)5'.v.
possible rœuyre de rhomme ^ , Trouvez donc rœu\Te la plus propre à l'homme, vous pourrez affirmer,que, ce sera aussi la piiishaute^ la plus excellente, la plus belle, et, par celamême, la plus douce ^ Activité propre etessence, nature vraie et idéal, perfection et excellence, fin et bien, bonté et vertu, vie belle, bonne, et vie douce, heureuse, tous ces termes s'expliquent, s'éclairent les uns par les autres, et le bonheur ou la félicité apparaît comme l'objet propre de toute aspiration humaine, de toute intention, de toute action, objet pratique par excellence, le plus désirable, le plus digne de choix, tel enfin qu'à cause de lui tout le reste peut être voulu et que luimême n'est point voulu pour autre chose iNtout se rapporte à lui, et lui-môme ne se rapporte à aucun terme supérieure
Nous entendons maintenant ces profondes formules : Ce qui est propre à chaque être par sa nature est aussi ce qu'il y a de plus relevé et de plus doux pour chaque être*. Pour connaître la nature d'un être, il faut chercher, non ce qu'il a de commun avec les autres, mais ce qui lui est particulier'.
-->Le bonheur, qui est le terme des choses pratiques, c'est ce qu'il y a de meilleur, rbâp'17-ov, c'est une chose