Polit., VII, (IV), I, 0, 1323b
Aristote le dit expressément, y.xp-vpi to) Sî^T) /poyivoi; ' . Et, si la vie divine est toute bienheureuse, l'homme aussi est heureux dans la mesure où se trouve en lui quelque image de cette souveraine et excellente activité -.
Nous comprenons maintenant la situation de l'homme. Au-dessous de lui, il y a la région où se meut la bête ; au-dessus, il y a la sphère transcendante qui est celle de Dieu même. Il est entre les deux, ni bète ni dieu. [Combien de fois Aristote ne dit-il pas que pour se passer de ceci ou de cela, pour vivre par exemple en dehors de la société, pour n'avoir pas besoin d'amis, il faudrait €tre une bête ou un dieu ! Mais, si l'homme n'est ni l'un ni l'autre, il a cependant par les parties basses de son être des points communs avec l'animal, tandis que, par Jes parties les plus hautes, il se rapproche de la divinité '\ Il suit de là qu'il peut descendre au-dessous du rang qui lui est propre et aussi monter au-dessus de lui-même ; mais il y a entre ces deux états cette différence que, ravalé et dégradé, il n'est plus lui-même, tandis que, divijiisé, il est plus et mieux que jamais homme ^ Comment
■1. Polit., VH (IV), I, 5, 1223''.
2. Elh. .Y(C., X, viii, 8. — Remarquons ce texte de la 3/e(ap/(!/s2iji(e, Xll (A), VII, 1072t'24 : Eî oIjvo-jtw; ej è'/îi, ôj; ï,;j.cr; toté, ô 63^; icî, SauriasTov £'. 5è [xâX), ov, iz: ôa-jaisiuiTcpov è'/ci Se w5î. Ce n'est pas seulement par la durée, c'est par la qualité que la pensée divine est incomparablement au-dessus de la pensée humaine.
3. Eth. Nie, X, vu, 2,3. Eïte ôt, vo-j; toûto (à savoir ce qu'il y a de meilleur en nous), ci-z à/,AO ti ô 5t, xa-rà sûtiv ôoxsïapystv -/.al T.vErs-Oai, ■/.al £vvo:av I/elv Trspl y.a/.ôjvxal 6î:'wv sT-s ÔeTov ôv y.ai a-jTÔ, zïzz tôiv èv •r,u.rv Tû OciÔTaTov, -f, Toj-O'j ÈvÉpYeia xaià tt,v olxcîav àp£TT,v eÏt, àv r, £'j5a'.|iovia* oti 5' èv'l ÔEwpT.T'.xr,, eVpTiTat... ô voO; tûv Èv 'ft^v-'K
4. Etii. Nie, IX, VIII, G. Tô x'jpiÛTaTOv aiXisTa... avSpw-c;... to'jto (levoû;) É'xaTïô; eït: liâÀiaza. Comparer X, viii, 9.
être heureux si la principale et la meilleure partie de l'être est négligée, délaissée et comme endormie ? Personne n'appelle bonheur l'entière insouciance de la première enfance incapable de réflexion'. Personne ne dit que l'homme qui dort, soit heureux. On ne regarde pas les dieux comme plongés dans un sommeil stupide : si on les proclame bienheureux, c'est qu'on leur attribue une très calme mais très puissante activité ^ Or, si l'homme ne vit que de la vie bestiale, le meilleur de luimôme est comme s'il n'était pas. Dans cette région infime, la bête qui pourtant y est à sa place ne connaît pas le bonheur, parce qu'elle n'a pas la raison : les bœufs, les chevaux sont-ils heureux'? L'homme, qui n'y est pas à sa place, ayant la raison et vivant comme s'il ne l'avait pas, l'homme dans cette vie toute de jouissance, n'a pas le bonheur et ne peut l'avoir. Dans la yiejociale, il est bien à sa place et dans son milieu propre, et s'il vit là selon la vertu, cette belle et noble activité produit de doux et purs plaisirs. Ehe n'est pourtant pas tout le bonheur, ou plutôt elle n'est pas le bonheur véritable, le bonheur même. Si elle manque, pas de bonheur; mais si elle demeure seule, pas de bonheur non plus ^ : Bile est indispensable, mais insuffisante. Le bonheur est ians la contemplation ^.n estjdans la pensée, I[^st dans
!.£(/(. Nie, I, IX, 10.