‹ Essai sur la morale d'AristoteChapitre 83 sur 128 · Elh. yic, I, X, 11-16; X, VIil, yjo · texte numérisé non relu

Elh. yic, I, X, 11-16; X, VIil, yjo

le choix, de l'homme : ce qui n'est par rapport à la félicité suprême qu'éléments, matériaux, ou conditions, devient ce à quoi s'attachent tous les désirs, et des choses d'une valeur secondaire et accessoire sont le dernier but de tous les efforts. On ne voit pas que le bonheur luimême est incomparablement au-dessus de tout cela'. 11 n'est aucun de ces biens particuliers : son excellence singidière est telle qu'il les dépasse tous, non comme le dernier terme d'une série qui les comprendrait avec lui, mais comme une chose vraiment éminente et unique. La félicité est le plus haut objet de la volonté et du choix, sans faire partie d'une somme qui embrasserait le reste et elle-même ^ Il faut dire plutôt que c'est elle qui em- Israsse le reste % en ce sens qu'elle s'y reflète ou qu'elle s'en sert, et elle s'en sert parce qu'elle y est encore comme par un secret rayonnement, mais elle-même domine tout, et est vraiment maîtresse, vraiment souveraine, au même titre que l'intelligence avec laquelle elle se confond ou dont elle n'est en quelque sorte que la très vive et très douce conscience. La naturelle infirmité de l'homme rend nécessaire tout le reste, qui vaut infiniment moins, et, en même temps, si tout ce reste a quelque prix, ce n'est que par la relation qui le rattache au suprême objet.

Tout ce qui est vie raisonnable est bien plus étroite-

1 Elh. Nie, I, VII, 8; viii, 13 et 10.

2. Elh. Nie, I, VIII, 8. "Ex: oâ -TrivTwv a'.p:TtoTi-T.v, [iTi s-jvapiOaou-

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