Elh. Me, I, vu
pratique, et c'est aussi celle qui est morale proprement, quelle relation a-t-elle, suivant Âristote, avec le bonheur? Cette vertu pratique et morale est certainement perfection, mais elle n'est pas la perfection ; ou si l'on aime mieux, elle est parfaite, mais non ce qu'il y a de plus parfait. Traduisez cela en langage modern;^ : elle est une fin^ mais elle n'est pas la suprême /^/^ * . C'est une fin : on peut la vouloir pour elle-même, en ce sens qu'on peut ne pas songer expressément à ce qui lui est supérieur ; tout acte d'ailleurs est une fin, et peut être voulu pour soi-même : ainsi la vision, ainsi le plaisir-. Mais ce n'est pas la fin dernière : on peut la vouloir en vue d'une autre fin, qui est plus élevée ; et celle-là seule est dernière qui ne peut être voulue pour autre chose et à laquelle, d'autre part, tout peut être rapportée La vertu proprement morale n'a pas ce caractère; c'est une fin, une fin en soi , et c'est aussi une fin subordonnée*. C'est, en un sens, un moyen. La vertu, comme nous la considérions tout à l'heure , se confondait avec la fin suprême. Ici, la vertu n'est-elle pas plutôt comme la voie qui mène à la fin suprême , ou comme l'un des degrés par où l'on s'y élève? Aristote dit quelque part
1. C'est ce que marque l'étyniologie du mot grec -rsXs'.ov. Aristote dit quelque paît T;AîiÔTa-ov tîXo;. Voir £(/(. A'iC, I, vu, 3 et 4.