‹ Essai sur la morale de Port-RoyalChapitre 23 sur 40 · L’ « EGRIT GÉOMÉTRIQUE » D'ARNAULD CONTRE LA « GRACE GÉNÉRALE · texte numérisé non relu

L’ « EGRIT GÉOMÉTRIQUE » D'ARNAULD CONTRE LA « GRACE GÉNÉRALE

Eñ quatre propositions, Arnauld veut résumer là doctrine de Nicole. Ces quatre propositions, lés voiei

1 Proposition. : On peut fort bien admettre dans les réprouvés non justifié où qui n’ont point dé foi, des Grâces générales qui éclairent leur entendement jusqu'à quelque degré et qui échauffent leur volonté ; qui rendent leur volonté proportionnée à l'accomplissefient dés préceptes, én lui donnant un principe sufnaturel dé jeurs bonñes actions, quoiqu'ils n'Y consenfent jamais, pär une malicé volontaire.

% Proposirion : Ces Grâcès wénéräles que Dieu accorde À tous és hornmés sont-elles suffisantes ? Si l’on pfend lé mot de Grâces suffisantes pour des Grâces qui ont quelquefois leur effet et quelque:

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fois ne l'ont päs, ans aucun nouveau sécours, par l& éeule détermination de là volonté, elles ne sont pas suffisintes em cé sens. Mais si l’on prend ce terme pour ce qui donne un véritable pouvoir de faire une action, quoique la volonté, par une attache opiniâtre à Ja créature, n'en veuille pas user, elles sont suffisantes en €e &ens. Car il est vrai qu’il n'y a que là résistance de la volonté qui émpéche ces Grâces d’avoir leur effet. Et ainsi cette Grâce suffisante comprend celle des Thomistes et quelque chose de plus.

3° PRoPosiTiox : Il ne s’ensuit pas de 1à qu’il n’ÿ ait point d’hômme aveuglé et endurti, Car cétte lumière qui éclaire tous les hommes ne leur découvre pas toutes les vérités particulières. Elle en découvre seulement de générales et elle s'étendrait dans le cœur si lé cœur s’ouvräit à celles qu'elle découvre. Ainsi, elle fait toujours connaître certaines vérités et elle donne le pouvoir de les connaître toutes. Il s’ensuit donc seulement de là, qu'il n’y a point d'homme qui soit totalement aveuglé et totalement endurci.

4° Proposiriox : Il ne s'ensuit pas aussi qu'il n’y ait point de péchés d’ignorance. Car il est certain que les hommes ignorent eh particulier plusreurs vérités. Mais il s’ensuit seulement qu’il n’ÿ a point d’ignoräncé totale et de plus qu'il n’y à point de péchés qui se commettent par une ignorance invincible.

La lecture de ces quatre propositions nous oblige à reconnaître une assez juste compréhension de la doctrine de Nicole. Nous n’y trouvons pas un esprit partisan surtout si nous faisons attention que cet écrit d'Arnauld n’est point contre le Traité de la Grâce générale qui n’avait point éncore paru, mais contre | « Abrégé de Théologie » et P « Ecrit pour M. de Trois », où nous serons peut-être bien oblisé de voir — malgré les protestations de Nicole — que celui-ci a peut-être pris plus de liberté avec la doctrine angustinienne que neuf ans après au moment du « Traité » (67). Nous serons forcés aussi de constater encore la même impartialité dans la suite immédiate quand on tirera les conséquences des deux premières propositions suivant . la logique même de leur auteur et qu'ainsi Arnauld véri-

(67) En 1674, Nicole fit un écrit pour entretenir M. dé Trois de ses pensées sur une Grâce générale, sous le fifre & Ecrit sur la

Grâce ». ae . L 5 En 1689, il fait un abrégé de Théologie d’où est sorti le Traité,

cet abrégé était les « Instructions théologiques sur le symbole ». En 1691. Le « Traité de la Grâce générale ».

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fiera qu’il s’agit : « d’une Grâce générale éclairant l’entendemnent et animant la volonté d’une ardeur au moins proportionnée à l’accomplissement des préceptes : donc qu’elle est bien suffisante »... puisque plus que celle des Thomistes, elle donne en soi-même un véritable pouvoir de faire les commandements de Dieu et que c’est seule la volonté attachée à la créature qui n'en veut pas bien user. Aïnsi Arnauld vérifie que cette Grâce générale est bien alors le bien de tous et pas seulement des croyants.

Pourtant Nicole n’accepta ce résumé qu'avec des réserves. Il voulut bien reconnaître que les propositions renfermaient ses sentiments ainsi que les quatre conséquences qu'en tirait le critique, mais la généralité des termes en faisait d’après lui l’équivoque puisqu'aussi bien ces termes pouvaient être appliqués à des idées particulières différentes.

D'un Quatrième Lemme établissant que Dicu n'éclaire une âme qu'en lui donnant déjà quelque vérité et qu'il n'échauffe une volonté qu'en lui donnant aussi quelque inclination au bien, l'Ecrit en fera suivre un cinquième déclarant qu’une âme n'a pas encore été éclairée à l’égardd'un objet quand elle ne l’a encore connu et n’en a eu aucune pensée ; de même qu'elle n’a été échauffée à l'égard d'un bien quand elle n’en a encore eu aucun amour.

On ‘voit bien ce que ces déductions menaçaient de la Grâce générale. Aussi la réponse de Nicole au cinquième Lemme est-elle importante et d'intérêt et de matière.

Ce sera d'abord une distinction des différentes manières dont on peut connaître un objet : ou précisément ou confusément. De plus si l'on prétend qu'une âme n’est pas éclairée sur une vérité lorsqu'elle ne la connaît ni en elle, ni dans son principe, Nicole à la rigueur l’admet bien mais pour soutenir avec ardeur et ténacité que « l'âme ne se trouve jamais dans cet état à l'égard d’une vérité morale ».

Toute sa doctrine de la Grâce générale est en effet fondée sur cette remarque — dont le fondement vient d’une doctrine soutenue alors à l'Université de Louvain — qu'il n'y à jamais d'ignorance invincible du droit naturel.

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Cette doctrine est d’ailleurs clairement de saint Thomas, remarque Nicole : « Quantum, ad principia communia, lex naturalis nullo modo potest a cordibus hominium deleri in universali ; deletur tamen in particulari operabili, secundum quod ratio impeditur applicare commune: Principium ad particulare operabile, propter concupiscen- Ham aut aliquam aliam passionem. » [r.2.q. 94. a 3].

Voilà la connaissance générale du principe de toute vérité morale subsistant avec l'ignorance particulière. Et saint Thomas marque en même temps, que de ce que eette ignorance particulière n’est pas surmontée, c’est par la faute de la personne en qui elle se rencontre ; puisque c’est la conCcupiscence qui l'empêche de tirer la conclusion qui l'éclairera sur la vérité particulière ; qui est précisément ce que l'on soutient. »

Et Nicole d'appeler à l'appui de cette doctrine les anciens Théologiens comme le prouve M. Sinnich citant saint Hilaire et saint Augustin.

Ainsi dépistait-il un défaut de ce lemme dans son caractère absolu, la raison étant qu'on peut être en connaissance de vérités morales d’une manière imperceptible dont on ne s'aperçoit ni se souvient alors que le lemme suppose le contraire. Que cette supposition soit gratuite il y a pour le prouver la réflexion sur les choses distinctement connues en matière de dogme. Elles ne sont en effet que pensées revêtues de mots, précisément énoncées. Pourtant combien d’autres dont nous aurions eu confuse connaissance avant les précisions du dogme et qui seraient principalement les vérités de la loi naturelle !

C'est ce que M. Huygens, rappelle Nicole, enseigne dans sa thèse « De veritate aeterna », quand il dit que non seulement la vérité est Dieu même, mais aussi la justice prise pour la règle éternelle de justice et de même toute autre vertu prise pour la raison de cette vertu.

C'est qu'il y a toujours en Dieu des raisons incorruptibles qui le prescrivent et qui sont participées par les hommes, pense Nicole. .« Ces raisons se connaissent ; mais peu de personnes connaissent qu'ils les connaissent ».

C'est là le point d’aveuglement d’où n'est peut-être pas absent l’orgueil abêtissant de l’homme.

Ainsi, mêmé les athées, connaîtraient véritablement Dieu. Connaissance de Dieu qui se rencontre peu ou prou chez tous les Hommes et jusque dans les nations les plus éloignées de la civilisation chrétienne et Nicole de citer les Iroquois, les Lappons, les Samogites et les Caribes….

.« Car on n’en a jamais trouvé — précise-t-il — qui n'ait conservé quelque sentiment d’honnèêteté, de raison et de justice. Elles ont toutes (les nations) ou ‘des lois ou des coutumes qui, quoique mêlées d’une infinité de corruption, marquent néanmoins qu'ils distinguent entre les actions justes et injustes. Et ainsi on trouve dans tous les hommes la preuve de ce que saint Augustin avance dans un de ses livres « Tanta est vis probitatis et castitatis ut omnes vel pene omnis ejus laude moveatur Rumana natura ; nec usque adeo sit turpitudine vitiosa, ut totum amittat sensum honestatis » [De civ. Dei. Lib. 2. Cap. 26]. Il est donc clair que, selon cette doctrine, Dieu comme vérité, comme justice, comme lumière, raisonne dans l'esprit des infidèles et des impies ; qu'il les éclaire jusqu'à quelque degré et qu'ainsi ces paroles de saint Jean « Et Lux in tenebris lucet et tenebræ eam non comprehenderunt », peuvent être entendues d’une. illumination effective et actuelle et non seulement de la lumière divine demeurant sans action... »

De la sorte, on appréc ie la qualité et l'étendue de cette Grâce générale. Quant à la manière dont ce raisonnement de Dieu est effectif chez les impies et les infidèles : quel que soit évidemment le témoignage de ceux-ci et si négatif qu'ils le prétendent, Nicole en donne une explication particulière par analogie à nos pensées et sentiments quotidiens sur des choses plus ordinaires. De façon pareille à l’'amas de pensées confuses qu'entraîne dans son périple une pensée à objet bien déterminé... est la connaissance à demi-consciente de Dieu qu'a le sauvage ou l'impie par quelque idée d'uñe honnêteté.

Comme dans le discours ou dans la réflexion, l’enthÿmême a le devant sur le syllogismé parfait, comme l’enthymême cest souvent réduit à une seule proposition dont on tire sans difficullé les vues non exprimées, éomiie les

livres sont doubles : un amas de pensées catégoriques et'un aütre de pensées confuses qui constituent la part souvent la plus belle des écrits..., ainsi faut-il concevoir la révélatiôn de Dieu aux créatures : une révélation câtégorique et une autre qui n'est qu'imprécise et comme un comniencement.

Mais pour comprendre toute la force que donne Nicole à cette autre révélation qui n’en est pas une efficace et qui est Justement cette grâce générale, il faut connaître son appréciation du style enthymêmatique. La même occasion, nous fera d'ailleurs mesurer l’analogie.

« Ceux (les livres) qui en excitent plus (de vues) donnent plus de plaisir à l'esprit, parce qu'ils sont plus vifs et plus pénétrants : ceux au contraire qui n’excitent point et qui présentent à l'esprit que des pensées exprimées, sont des écrits fades et languissants qui ne réveillent point lesprit. Et c'est proprement ce qui fait le style scholastique.

Mais il ne faut pas s’imaginer que ces vues et ces pensées simplement excitées, agissent faiblement sur l’esprit. C’est d'elles au contraire que dépend toute l’efficace des pensées exprimées, le plaisir de l’esprit et la force de la persuasion. L'esprit se rend à une pensée en vertu d’une maxime qu'il ne fait que sentir et qui est néanmoins principe de son consentement ; el ces maximes enferment encore souvent d’autres vues sans que l’on en puisse borner l'étendue précise, de sorte que quand on vient à les revêtir de paroles, chacun jugerait qu’il ne les a jamaïs eues: »

De toutes ces distinctions, l’on retient l'accusation répétée du caractère ignoré de la connaissance de Dieu en tant que loi naturelle, justice, loyauté. On remarque que toutes ces inconscientes orientations donnent tout son éclat à la Révélation exacte qui vient comme couronner les goûts et les nobles besoins de l’homme en même temps que foftifier ou plus justement accomplir ses fragiles vertus.

D'ailleurs de même qu’une personne véritablement humble ne peut se dissimuler sans faute; que vient se glisser dans son cœur de maüvaises pensées..…., dans le cœur d'un infidèle ou d’un impie, peut bien se glisser quelqtie bünne pensée que l'habitude du mal lui fait rejeter pres-

qu'inconsciemment, mais non pas involontairement. S'il y a des désirs de cupidité cachés à l’âme et auxquels elle consent quand même, pourquoi n’y aurait-il pas des désirs de vérité et même d’une certaine charité, au moins d’une certaine honnêteté, désirs cachés auxquels elle résiste pareillement ? C'est de là que s’élèvera Nicole contre ce qu'on allègue pour montrer que les Américains n'ont pas eu de Grâces suffisantes parce qu'aucun ne s’est converti

actuellement.

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Contre ces allégations, il s'exprime ainsi : « Je crois donc qu'il est clair, que la Grâce universelle Molinienne est contraire à ce que l’on voit et que l’on éprouve dans ces peuples, parce qu'on suppose que cette Grâce agisse et convertisse quelquefois les hommes. Or, c’est ce qu'on n’a jamais vu. Mais de prétendre par là prouver qu'ils n’ont jamais eu aucune pensée qui leur fissent connaître le bien et le mal de leurs actions et auxquelles ils aient résisté par une malice volontaire, c’est ce que je ne crois point du tout qu'on puisse prouver, ni quon doive s'engager à prouver.

Je m'imagine au contraire que la tête d’un Américain, quelque aveuglé et hébété qu'on le suppose, quelque rempli qu'il soit de superstitions et de folies tirées du commerce de ses semblables, ou de réflexions téméraires, ne laisse pas d’entrevoir un grand nombre de vérités morales qui raisonnent dans son esprit et que la lumière de Dieu lui fait voir, non par raisonnement mais par sentiment. Le Verbe de Dieu comme lumière perce son esprit en une infinité d’endroits : Lux in tenebris lucet. Les ignorants et les savants ne sont pas si distingués que l'on pense et les ignorants sentent d'ordinaire ce que les savants expriment.

Aussi l'Ecriture ne reproche pas aux méchants de n'avoir point eu du tout de lumière, mais d'y avoir préféré les ténèbres : « Et dilererunt homines magis tenebras quam lucem. »

Ainsi sont dispersées les allégations molinistes. Ce ne sera pas d’une dernière utilité à Nicole, pour la composition de son « Traité de la Grâce générale », que les critiques que lui fit Arnauld dans | « Ecrit géométrique ». En

même temps qu'elles le forçaient à être plus fidèle à la doctrine de saint Augustin, elles le forçaient aussi à mieux voir la supériorité de son exposition et les avantages qu'elle avait à la fois sur la vérilé trop sévèrement exposée et sur l'erreur moliniste. Nous allons continuer de voir Nicole défendre sa thèse.

LA DÉFENSE DE NicoLe

Dans la distinction de l'impuissance physique et de l'impuissance volontaire l’on verra la cause de cette Grâce générale sans efficacité.

Qu'avant la foi dans le Médiateur on ne puisse connaître les lumières véritables donnant à l’homme pouvoir de connaître, d'aimer, glorifier et remercier Dieu mais seulement un pouvoir qui neutralise l’impuissance physique et non l'impuissance volontaire ; c’est là la condition nécessaire pour que les infidèles restent infidèles sans perdre leur effective responsabilité. C'était ce que recherchait précisémént l’auteur de la Grâce générale. Pour dissiper les confusions que peut entraîner une telle explication, il a donné les définitions — ainsi qu'il les entend — de ces termes d’impuissance volontaire et d’impuissance physique et puisque la Grâce générale était précisément le pouvoir physique d'accomplir les commandements, il a bien défini un pouvoir physique, l’ensemble de toutes les causes naturellement nécessaires pour produire un certain effet. L'impuissance physique est alors dans la privation d’une seule de ces causes et l'impuissance volontaire une détermination de la volonté à un parti, si fortement, qu'elle ne peut se déterminer ailleurs alors qu’elle en a la possibilité physique.

Quand on pensera faire une objection à Nicole en lui proposant le sentiment de Jansénius quant à ce sujet, Nicole répondra. Et voici dans quel sens il répondra : Jansénius établissant que l’homme a été créé dans une impuissance naturelle de faire le bien sans un secours et une Grâce

de Dieu (puisque dans Le Livre de la Grâce du premier hommg, il enseigne que sans la Grâce l’homme ne peut faire que le mal) et qu'Adam eut une Grâce toujours présente (sans laquelle sa chute n'aurait pas été une faute), Nicole tire de ces principes de l’évêque d’Ypres une objection contre le jansénisme lui-même.

Cette contre-objection elle est que Jansénius aurait admis chez l’homme une double impuissance : une volontaire, l’autre physique. Et dans cette double impuissance, Nicole voit comme une espèce de contradiction, car il ne peut être question de parler d’impuissance volontaire quand déjà il y a impuissance physique. Il ne voit guère qu'on puisse répondre sincèrement à cetle objection sauf en admettant qu’un auteur ne prévoit point toujours les conséquences auxquelles ses principes le peuvent engager. La PHRASE EST IMPORTANTE.

Enfin il pense, d’après les textes, que Jansen n’a pas reçu cette conséquence où logiquement le conduisaient ses principes, mais au contraire partout son livre paraissait l'avoir rejetée.

En passant, on peut remarquer cette difficulté que trouvent dans l’Augustinus les Augustiniens eux-mêmes. Mais cette espèce de fausse division contre elle-même que paraît présenter l'œuvre de Jansénius, non seulement N\icole la considère comme non avenue, mais il prétend que le père du jansénisme s’est proposé l’objection et qu'il y a lui-même répondu. Réponses qu'il cite et pense insuffisantes, mais dont l'existence suffit pour qu'on ne puisse plus loyalement lui attribuer cette conséquence d'une impuissance naturelle de l'homme à accomplir les préceptes. Ce n’était pas là son sentiment. Ainsi du moins le pense Nicole : ainsi met-il Jansen dans son camp.

Quand Jansénius n'exige pas la Grâce universelle intérieure et qu'il ne reconnaît que l'impuissance volontaire, il oublie alors tout ce qu'il avait établi dans son livre. Et les Protestants Universalistes — remarque Nicole se contentant d'une Grâce objective qui va avec les facultés naturelles pour établir Le pouvoir physique s'éloignent — eux

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d'une autre façon — mais aussi clairement de la doctrine de saint Augustin et de celle du Concile d'Orange : lequel Concile exigeait qu'on reconnüûüt la nécessité d’une Grâce intérieure pour faire le bien, et cela même dans l’état d’innocence. s JE

De la rectification du défectueux de chacun de ces deux ‘systèmes, Nicole pense pouvoir en faire un juste. Il ne faut que parer à l'oubli de la Grâce universelle chez Jansen et à celui de la Grâce intérieure chez les Protestants Universalistes pour avoir alors ‘un syslème qui reconnaîtra avec le Concile d'Orange, que l’homme a toujours besoin d’une grâce intérieure pour faire le bien, besoin qui est non seulement fondé sur la corruption de la volonté mais sur sa nature même..., et qui reconnaitra aussi la nécessité d’une Grâce générale afin que puisse être en cause la culpabilité de chacun.

Il ne s'agissait donc que de réduire les erreurs opposées puisqu'il montrera que pour que tous les hommes aient un pouvoir physique de faire Le bien il leur faut non seulement des Grâces objectives et extérieures comme le croient les Protestants Universalistes, mais aussi des Grâces intérieures.

Ces Grâces intérieures, elles seront la Grâce générale. L'homme après le péché n'ayant que l'impuissance volontaire à faire le bien, il faut qu'il lui reste une Grâce générale et intérieure, donnée à tous les hommes, qui élimine l'impuissance physique : cette Grâce générale étant celle qu'avait déjà Adam avant le péché.

Ainsi établit-il de très près dans les articles V et VI de la troisième partie de son Traité la discussion doctrinale de son opinion. Il insiste pour déclarer que ce n’est pas Rà une «hypothèse imaginaire ». C'est, dit-il, l'opinion de presque tous les nouveaux Thomistes : Dominicains et Carmes déchaussés et tous autres ordres défendant la Grâce

efficace.

Qu'il défende sa doctrine contre l'accusation qu'on lui fit qu'elle était plus contraire à saint Augustin que Padmission d’une Grâce objective ou qu'il précise au Père Quesnel certains points du pouvoir physique, toujours en re-

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