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La profondeur du sol

La dépense du charroi est tellement considérable pour des engrais en grandes masses, que tous les moyens sont mis en usage pour les

morceler.L’on n’a encore rien trouvé

de mieux à cet égard , que la substitution des charettes à un cheval, aux chariots plus forts dont on se servoit communément. La supério*

ri té de ces charettes est si bien prou- • vée relativement aux dépenses au charroi , au véhicule , au nombre de chevaux, à la charge, aux conducteurs, proportionnellementau poids, • etc., que, ce point peut être considéré comme décidé.

C’est sur des terres en repos , dis»

4 posées par sillons* connues communément sous le nom de jachères que l’on doit employer la marne de pré* férence ; plus elle y repose exposée aux influences de l’atmosphère , et plus cet engrais est avantageux. Le cultivateur fera même mieux; lors- f qu’il en aura la facilité, d’abandon» ' ner ainsi la marne , pendant six , douze ou dixdîuit mois (*)• ^ es va ’

(ij Voyez. deux «xcellens Mémoires prati 4 * quef r »ur ce sujet par. M. MaCti», .et p«r>

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nations successitcs des saisons la réduisent en poussière et les racines des plantes qui croissent spontanément, la combinent avec la surface de la terre , où elle se conserve beaucoup mieux que si elle étoit enterrée immédiatement par le labour de la jachère. Cette 1 observation doit graduellement s’appliquer au peu de puissance du so l » sur lequ el la marne eSt répandue. Les sols sablonneux exigent surtout une grande attention ; mais j’ai trouvé par ma propre expérience , qu’en employant quelques milliers de chargés de marne , la méthode indiquée est toute aussi applicable à des terres fortes, humides et tenaces, qu’aitx

M..T\odweII , coiaiminûjnés au bnreati d’âgri* culture.

terres sablonneusts, dont quelquesunes ont été extrêmement amélio- . réespar la marne argileuse. On doit . observer que tous les engrais fossiles ont une grande tendance à descendre et à s’enfoncer dans la terre , de façon qu’au bout de quelques années, ils se trouvent à l’abri de l’action de las charrue ; et cela a lieu plus tôt ou plus tard en raison du nombre de façons ou de labours que , }a terre reçoit.!*. • >

Quant à la profondeur du labour, j’observerai que les cultivateurs les plus expérimentés craignent d’enterrer trop profondément la marne.

La méthode la plus généralement adoptée, consiste à former le sillon peu. profond, par exemple, lorsqu’on veut semer des pois ; l’on n’est pas d’accord à l’égard des tur-

toeps pour lesquels on donne quelquefois un léger labour après l’amendement; mais on évite généralement de planter des pommes de terre , car je les ai trouvées malfaisantes à cette première période des terreins marnés.

§ 7. Saison du marnage

Le tems du marnage n’est pas essentiellement indiqué ; car cette opération rentre ordinairement dans la série des ouvrages de la ferme, et on la fait lorsque le tems, la commodité et l’ordre des travaux le permettent; on peut donc marner pendant toute l’année. Mais si l’ordre des occupations rurales est établi sur tme moindre échelle, de sorte que le cultivateur ait la liberté de choisir

la saison pour cette opération , alors

on peut la ranger , pour les terreins humides , lourds et gras , parmi les travaux d’été, et abandonner celle des autres terres p<Jur l’hiver.

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§ 8. Quantité.

Ceci est un objet de très-grande importance ; car j’ai connu de fort mauvais effets de la marne répandue en trop grande quantité, et dans quelques cas, ces effets m’ont paru curieux. Dans les premiers tâtonne- ■ mens faits pour l’amendement des 'terrains de Norfolk et même jusqu’à présen t , quelques cultivateurs , dans l’espoir d’améliorer la nature de leu rs sables infertiles , les marnèrent à raison de cent vingt à cent cinquante yards (i) cubes par chaque ' > , • *'

(i) Y! yard ou verge est Y aune anglaise.

acre(i),et il en résulta ce que notlè pelons de l* aplomb, de 1 ^fixité ^ dans le sol, produits aux dépens de la friabilité, d’après l’union du sable avec la marne; la puissance productive du fonds fttt altérée pour vingt ans ; de sorte qu’actuel lement l’expc^ rience a démontré que dans des terres sablonneuses-, p«u fertiles, soixante ou quatre-vingts yards , qui équH valent à quarante ou soixan te grandes?

charges , suffisent pour obtenir TeP-*' fct désiré} il vaut même mieux restèir

On l’évalue ordinairement aux trois quarts, drr plus eJtoctcmeirt aux sept neuvième* de cienne aune de Paris. ("Note du traducteur ,Jl (l) Mesurc'iVles^terres en usage en Angle-, terre. Uacre est un peu moins des quatre

cinquièmes de l’arpent de France; il contient . 1066 toises carre'cs, ou 4o ares 44* milliard.

( Note du tradiicteur. )

au-dessus de cette quantité et y revenir à deux fois, que de s’exposer à employer la marneoutre mesure une première fois. La perte occasionnée par l’emploi exorbitant de la marne: est remarquable, d’autant plus qu’après cette opération, l’analyse de la superficie du terrein ne donne point de proportions incohérentes , ni aucun principe, constitutif qu’on ne rencontre de même à la superficie des sols les plus riches. Je conçois qu’il est à désirer que le. . supplément, fourni, soit homogène et bien assimilé au sable, puisque, dans les terrains d’une nature ordinaire, ce supplément est plutôt un mélange qu’une incorporation ; mais il n’en reste pas moins vrai , qu’une stérilité continue pendant un si grand nombre d’années, est un fait dont il est

très-difficile de rendre raison. Le dan-

ger une fois reconnu , les opérations doivent se varier en conséquence.

Les semailles et les labours fréquem-

ment renouvelés accélèrent l’absprption de la marne , et alors cette subs* tance s’améliore d’elle-même, tant

à la surface qu’au fond du terrain.

La quantité qu’ou ^eir-peut répandre sur des terres pauvres , tenaces et froides, est beaucoup plus considérable que celje qu’exigent les terreins maigres et sablonneux. Je ne connois pas précisément , quelle (“s,t la quantité qu’on doit employer sUji ces sortes de terres , cependant j’en ai fait répandre enviroqjçent^a^î cubes, par acre, et je crois qu’on peut même en mettre davantage. Dans ces terres tenaces, la marne s’assimile ayec la plus grande facilité;

Dans les lieux marécageux et dans les stériles tourbières , plus on en met et plus l’amendement est avantageux. Toutes les fois que l’on a pour objet de mêler au sol de la terre calcaire , la quantité nécessaire doit être en raison du degré de consolidation que l’on veut donner au terrein. Dans la partie orientale de la province de Norfolk , où la nature du Sol approche de la perfection , on en emploie à peine de douze à vingt tonneaux. Dans le comté de Sommerset, un monceau de trente chariots par acre , a augmenté le produit de chacun , de trois shel-

Jings six deniers, jusqu’à trente-un shellingssix deniers.

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. § 9. Le sol.

Le cultivateur prudent doit avoir

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cherché à connoître les imperfections de son terrain , avant que de se jeter dans des dépense^ pour le marner. L’expérience de chaque jour lui fait découvrir si le sol exige de la ténacité et déjà consolidation.

Cependant fe seule analyse peut faire décider si la nutritition des plantes exige l , additioa4eJa terre calcaire.

Ilya d’autres circonstances qui demandent à être pesées. Si le chry ■« santhemum segetum (i) , le polygonum pensilvanicum (a), et le rumcas

• ( 1 ) Le ctnysainneiue des blés, marguerite uuree, crisaine on orflenr, fleurit en juillet dans les champs et les vignes. (Note tht tra -

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ducteur.) y

('a) C’est le polygo num lapalhi folium de Linnæns , en français persicaire à feuilles de patience , on persicaire roajenre. Cette plante se plaît dans les terrains marécageux» (Note du traducteur. )

acetosefla (i), abondent, le cultivateur expérimenté prononcera que le terrein éxige de la marne : il en est de même lorsque lés turneps, au lieu de s’arrondir et de présenter leur forme ordinaire , jpvoten^, se cordent ou se creusent dans leurs racines ; ce qui est une autre preuve de l’impuissance du sol, et indique qu’il a besoin d’être consolidé par l’emploi de la marne argileuse , qui fait disparoître ces inconvéniens f lorsque Verica vulgaris ou bruyère commune, couvre un terrain 1 , elle en désigne, généralement parlant, l’acidité; l’on sait aussi, par l’analyse, que tous les fonds tourbeux

(i) Petite oseille, oseille sauvage, vinette des brebis. C’est une plante des sols sablonneux. {Note du traducteur . )

contiennent une quantité considérable d’àcide gallique (i), ou principe tannin (a'. Quelques-uns ont été rendus entièrement stériles par les acides '(3)'* J’ai été étonné , dit M.Wight, devoir un banc de mousse tellement imprégné d’acide vitriolique, qu’on pouvoir extraire de quatre livres de mousse une livre 4e vitriol Vert ( 4 ). Il y a une fondrière dans le comté de Bedfort, où le sulfate de fer abonde dans un degré également extraordinaire ; mais elle a été Convertie én une des meilleu' res prairies arrosées de la Grande -

(1) Essais de physique et de littérature,

toI. II, p. 249. ..-5 . ,

(a Heudrik. > ,

(3) Darluc. Hi*t. Nat. de Provence, vol. II,

(4) Hnsbamhy in Scotknd, vol. IV, p. 4*5.

Bretagne, parles soins de son altesse le duc de Bedfort. Partout où l’on rencontre de semblables fonds, on est sûr d’obienir les effets les plus avan-> tageux par l’application de la marne, en raison de la terre calcaire quelle contient. L’acide est converti en suL fate de chaux ou gypse, et par con^ séquent neutralisé , s’il n’est pas pro.-i ductif. Les terres froides et tenaces, qui, lorsqu’elles sont bien fumées, produisent beaucoup de paille et peiii de grains se corrigent, comme je l’aij ex péri mente, par l’emploi d^lamarnO; argileuse, et deviennent d’uq, grandi rapport. Un autre inconvénient inhérent à ces terres tenaces, est d’être infesté d’une manière inconcevable par le ver rouge ; et la marne possède une propriété particulière pour s’opposer à la propagation de ce

fléau ; tout ce qui donne à ces terres

une consistance plus ferme, mais moins visqueuse, produit le même effet.

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