QUELLES SONT LES PRINCIPALES LIMITATIONS DE LA LIBERTE
L’Etat intervient donc pour organiser notre liberté en permettant, prohibant, réprimant, réparant. C’est qu’en effet, comme le dit Michas!, s’il n’y avait pas d'organisation juridique de la société, « le pouvoir d’imposer à autrui l’accomplissement d’un acte quelconque résulterait uniquement, pour une personne, de sa force physique, de son intelligence... de sa fourberie. Ge serait le triomphe de l’activité individuelle illimitée, ce serait la pire des tyrannies avec élimination des plus faibles ».
Le législateur a donc, en conséquence, solennellement proclamé que les hommes « naissent et demeurent libres et égaux en droit », affirmation de principe, sans doute, bien souvent critiquée, puisque les hommes ne demeurent pas égaux dans la somme de leurs droits acquis et ne naissent même pas égaux en droits; mais affirmation vraie, puisqu'elle signifie que tous les. hommes ont un äroit égal « à la protection de la loi positive », que leur valeur est égale, « non pas en intensité et en qualité, mais par nature? ». Cette égalité s’applique donc à l'exercice de la liberté juridique.
1. Michas (op. cit., p. 111) distingue entre le libre arbitre et la liberté : le libre arbitre étant la possibilité de choisir entre deux partis, indépendamment de notre intelligence, et sans se référer à une règle quelconque; la liberté étant, au contraire, la manifestation de volonté dans un but raisonnable. Le libre arbitre de l’un ne saurait être sacrifié à la liberté de l’autre, puisque celle-ci est la faculté supérieure de se diriger conformément aux lois de la raison.