Revue critique, 1877, p
ment de la loi, « sont imprescriptibles seulement ceux qui se rattachent à une situation permanente dont ils renaissent sans cesse! ».
La discussion devient encore plus serrée avec Saleilles, Josserand et Duguit qui se placent au point de vue général de l’antériorité des droits par rapport à la loi.
M. Saleilles?, après s’être élevé contre la Willensthéorie (qui identifie droit et volonté qui l’exerce), et après avoir fait remarquer que le droit ne saurait être défini une faculté légale de vouloir, un Wollendürfen (puisqu'il doit, pour être adapté aux nécessités sociales, être limité, « canalisé », garanti, par un élément extérieur à la volonté) ajoute : la « liberté, à elle seule, peut bien « être un postulat essentiel à l’idée de droit, elle n’est « pas le droit, elle n’est que la force qui doit alimenter « le moteur social ». Mais cette force existe «en soi », elle ne dérive pas d’une concession légale, elle a une cause antérieure à sa reconnaissance légale. Et il le prouve par l’histoire, en montrant que, d’une façon générale, le droit ne provient pas initiaiement d’une concession de la loi, mais d'initiatives qui fondent à la « force du poignet ou à force de vaillance ou d’énergie leur prépondérance individuelle ou collective ». C'était déjà ce que disait Thucydide, V. $ 89 : « Ge qui décide des droits humains, c’est le possible que réalisent les forts, et les faibles s'y soumettent ».
Mais Saleilles ne veut pas sous-entendre, lorsqu'il dit que le droit existe en soi, un postulat de caractère métaphysique ou religieux : le droit est seulement un pouvoir « reconnu par l'opinion, comme étant une néces-