‹ Essai sur la notion de faculté en droit civilChapitre 51 sur 134 · Personnalité juridique, p. 548, 553 et · texte numérisé non relu

Personnalité juridique, p. 548, 553 et

sité individuelle ». C’est un pouvoir autonome, mais non pas illimité, comme le professait la théorie individualiste: « C’est un pouvoir de vouloir réalisé par la volonté, reconnu par l'opinion, antérieur à la loi qui le consacre ».

Parmi les adversaires de cette théorie se rangent MM. Josserand, Campion et Duguit.

M. Josserand, dans l'Esprit des Droits et leur relativité (p. 299), observe que l’homme isolé ne saurait avoir de droits, au sens juridique du mot, que « c’est seulement en tant que membre de la communauté qu’il acquiert une personnalité et qu’il devient aussitôt le centre et le sujet de rapports obligatoires »; l’homme n’est pas « une fin en soi ». É

Campion, dans la Théorie de l’ Abus de droit (p. 444), professe également que les droits subjectifs ne peuvent naître que de la vie sociale, que l’homme, à l’état de nature, n’est pas titulaire de certains droits propres, que c’est l’existence du « groupe social qui implique l’existence des règles de conduite ». Le droit subjectif ne serait « qu’un pur concept basé sur une intervention surnaturelle inadmissible ».

La même thèse fut reprise, avec autant de force et avec non moins grande autorité, par Duguilt. L'homme, dit-il, « est à la fois un être social et individuel, et la société n’est pas un fait secondaire ». Ces deux caractères de l’homme sont inséparables et forment l’homme même. Le seul fait directement saisissable est la solidarité sociale, laquelle implique en soi une règle objective, mais point un droit subjectif individuel. La règle de droit, c’est un droit objectif conçu par l’homme...

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