‹ Essai sur la numismatique des rois de BithynieChapitre 2 sur 28 · Tête diadémée de Nicomède P' à droite. Cercle perlé · texte numérisé non relu

Tête diadémée de Nicomède P' à droite. Cercle perlé

i^ BAZIAEnz NIKOMHAOY sur deux lignes verticales. Figure féminine, vêtue d'une courte tunique qui laisse le sein droit, les bras et les jambes découverts, assise sur un rocher, à gauche. La main droite tient deux lances, la gauche une courte épée dont le baudrier pend à terre. Contre le rocher, en avant, un bouclier orné; derrière, à droite, un arbre dont les branches sont coupées. Dans le champ, monogramme n^ 1. Hors du champ, à gauche, petite Victoire planant à gauche.

At. Tétradrachme (pi. V, fig. 1).

Collection de Luynes (Paris); Vienne (Eckhel; D. IV. II, 440; Catalogue, I, 453); BerUn (Sallet, n« 471). Ce dernier exemplaire n'a pas de monogramme.

Cf. Mionnet, n® \ ; Imhoof, Monnaies grecques^ p. 146 ; et les figures dans Yisconti, pi. 43, \ ; Lenormant^ 28, 8; Luynes, Choix, 47, 9; Imhoof, Portràtkœpfe, IV, 16 ; Fox, Engravings, II, pi. 1,47.

S. Même tête diadémée à droite. Cercle perlé.

i^ BAZIAEnz NIKOMHAOY. Figure mâle nue assise sur un rocher à gauche. Samain droite tient deux lances ; contre le rocher, bouclier (?). Devant, dans le champ^ le même monogramme n° 4 .

Ar. Drachme, 4 gr. 17 (pi. V, fig. 2).

Paris. Londres (provient du Cabinet Borrell).

Cf. Borrell, Numismatic Chronicle^ ancienne série, VI, 123.

3. Même tête diadémée à droite, i^ BAZIAEnz NIKOMHAOY. Figure féminine courtvêtue, assise sur un rocher à gauche. Lamain droite tient

une (?) lance; contre le rocher, bouclier. A gauche, hors du champ, monogramme n® 2(?).

JE 4 (pi. V, fig. 3).

Paris (deux exemplaires, dont un très fruste). Autre dans le commerce, avec le monogramme n®3 (Gommu* nication de M. Imhoof).

Cf. Mionnet, n"" 2 et 3 (le monogramme est mal reproduit) Visconti, fig. 2; Lenormant, fig. 9.

L'identité du portrait qui figure sur ces trois pièces saute aux yeux. L'épaisseur des flans, la fabrique robuste, l'absence de surnom et de date ne permettent pas davantage le doute sur celui des trois Nicomède auquel nos pièces doivent être attribuées. Sur son portrait, très réaliste, le roi paraît déjà un homme avancé en .âge; nos pièces appartiennent donc à la deuxième partie du règne, postérieure à la fondation de Nicomédie. On peut comparer pour le style les médailles un peu plus modernes de Mithridate III du Pont et d'Ariarathe III de Cappadoce; remarquons cependant que le graveur de notre Nicomède a supprimé le bout de vêtement autour du cou qui figure encore sur ces deux dernières médailles. Ce détail témoigne d'un art plus dégagé et, en effet, les arts plastiques trouvèrent en Nicomède un protecteur libéral ; il voulut acheter aux Gnidiens la Vénus de Praxitèle*; et Pausanias vit sa statue en ivoire dans le portique de Zeus à Olympie*.

Quelques difficultés se sont élevées sur l'interprétation du type du revers. Des nuraismatistes distingués

1 Pline, VII, 38, 1Î7 ; XXXVI, 21.

« Pausanias, V, ii, 7.

y reconnaissent une personnification de la Bithynie, analogue à la personnification de TÉtolie qu'on voit sur certaines monnaies de ce pays. Je ne puis admettre cette opinion. Une pareille représentation s'explique dans un pays républicain et fédératif ; dans un royaume unitaire, comme l'était la Bithynie, elle serait tout à fait anormale. Il faut préférer l'ancienne explication de Frœlich, qui a reconnu dans la divinité assise, tenant deux lances, TArtémis dikoyx^^ (Bendis) des Thraces*. Toutefois, sur la drachme, la figure me paraît bien être mâle, et je propose d'y voir Ares, qui était également un dieu favori des Thraces^ Quant à la petite Niké, symbole accessoire qui figure sur le tétradrachme, c'est sans doute une allusion au triomphe qu'avait remporté Nicomède avec l'aide des Gaulois. Enfin, les monogrammes, comme tous ceux de cette série, sont des marques d'officiers monétaires, et non d'ateliers.

Outre ces monnaies certaines de Nicomède P', on lui attribue communément les bronzes suivants :

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