‹ Essai sur la numismatique des rois de BithynieChapitre 23 sur 28 · XV · texte numérisé non relu

XV

!B malento) a Magno Alexandro ac Ntcatore Seleuco. (Jus-

jue Pompée, XXXVIll, 7.} Alexandre figure ici konorii

ime Cyrus pnrnii les uoc^lres paternels.

)fr., XXXIII, I4et)6.

ut aussi rappeler que le lype de la Pallas, adopta par

gure sur plusieurs monnaies d'Alexandre Bala , mais je ■

acune importance à ce rapprochement.

Avant de passer à rexameo des monnaies de Mithridate Eupator, je dois dire un mot sur le nombre des rois de Pont jusques et y compris ce prince. Nous trouvons h cet égard chez les auteurs des indications très divergentes :

1* Appien, au début de son Mithridate, s'exprime ainsi, après avoir raconté la fondation du royaume

de Pont par le Ctislës : àpjrnv Traa^ napéd<az€v' d i'fpyj^y ittpoç luO* irtpoVj ew^ £7ri tcv extov ocko tgî* irpurou ' lAiBptizmy, c; 'Pwtxaio/; éTroXéfjtvio'ev.

D'après l'interprétation ordinaire, ce passage signifie qu'il y aurait eu six rois du Pont jusques et y compris Eupator : Appien considère le mot ililhridate comme synonyme de roi de Pont, absolument comme Ptolémée était synonyme de rot d'Egypte. Celte interprétation est d'accord avec la liste que j'ai dressée. M. Meyer,au contraire, à l'exemple de Schwcighaeuser, traduit le passage d'Appien littéralement : « jusqu'à Mithridate VI, » supposant qu'Appien a pu savoir que deux rois de Pont ont porté un autre nom que Mithridate (Ariobarzane et Pharnace). Mais cette hypothèse s'accorde bien mal avec l'ignorance manifeste d'Appien sur les premiers temps du royaume de Pont : il s'imagine que les rois du Pont et de la Cappadoce descendent les uns et les autres de Mithridate Ctistès ! * D'ailleurs, quand on fait

^ "'Exto; ii:h tou i7p(t>Tou signifie bien le sixième roi y compris le terminus a quo. C'est ainsi que dans la chronique d'Eusèbe (I, 210, Schœn.), le premier alhlète qui, après Hercule, ait remporté le double prix de la lutte et du pancrace à Olympie est ainsi désigné : Kdbcpo; 'HXffo; niXijv xa\ TcapcpdlTiov Ivfxa {xe6' 'HpoxXIa xa\ àvafpdiçsTat SsuTepoç iç* 'HpsxXéouf.

" App., Mith,, 9, ad fol.

:ième Milhridate, on est obligé d'inmenl deuco Milhridate, pour lesquels B ni avant ni après Pharnace, et qui race ni dans la numismatique ni dans

Appien, à la fin de son Milhridate tulunl la vie d'Eupator, s'exprime

"17; dmOvr,uy.iv, ix.y.xi3éxaxoi âv Èx Aaiptiov •Qwj ^caj0.é(ùi, ôyicoç â' acKo Mt6pi3àrou tow yro; tî Kai xrfio-apevcu (Gelen et Palme-

ator est non plus le sixième, mais le idant de Ctislès, ce qui paraît d'accord

de M. Meyer. Ce texte d'Appien rs confirmé par celui de Plutarque

Démétrius (ch. iv) qui, aprfes avoir de Milhridate Ctislès, poursuit ainsi :

Tûv IIovTDeidv Satriiéwfc yivo; oySèn, irou jv iiTzé Pwfxotwy, Il y a douc contradicntre ces textes et le premier renseiien; mais je crois que ces derniers .s la valeur du premier, et que ni arque n'avaient sous les yeux, en les isle authentique des rois de Pont, mplement de celte idée, très-ordi-

historieos anciens, que la durée

génération est de trente Ou trente Ire l'hégire du Ctislès (302 av. J.-C.) upator (63) il y a deux cent trente e presque exactement huit généraans : ils en concluaient qu'il y avait gnes. Ce qui confirme cette interpré-

tation, c*est l'indication parallèle d'Appien d'après laquelle il y aurait eu seize générations depuis Darius jusqu'à Mithridate Ëupator. Darius monte sur le trône en 521, Eupator meurt en 63 : différence 458 ans, ce qui correspond environ à seize générations \

3" On lit chez le chronographe George Syncelle, immédiatement après la mention du poète Aratus, contemporain d'Antigone Gonatas (il florissait vers

277 av. J.-C.) Ot jSaŒtXeî; ITomwy déxoL xarà roùrouq Hp^av Tovs XP^v&uç, dioLpxédxvrtç em mr{ (218 ans) et plus loin : Tô evTr' ÎTfi (an 21 av. J.-C.) ri rwv BiSuvJâv r{ jSac/Xewv clp)(T^ érravo-aro... cwctwç di xat y) twv XIovtixwv /' /Bao-tifiwv.

La date donnée pour l'extinction de la dynastie ponlique est absurde, et il n'y a pas lieu de s'y arrêter, d*autant plus qu'elle est en contradiction avec la durée, sans doute exacte, de 218 ans assignée à la dynastie. Quant aux « dix rois » de Syncelle, j'avoue n'y rien comprendre, à moins qu'on n'admette que la source copiée par lui (Diodore ?) considérât comme rois les trois dynastes de Cios : Mithridate fils d'Orontobate, Ariobarzane le satrape, et Mithridate, le meurtrier de Datame^? En ajoutant à ces trois dynastes les six rois de Pont et la reine Laodice, on trouve bien le chiffre dix. Peutêtre, au lieu de Laodice, faut-il compter Pharnace IL

* Pour Clinton, les 8 rois de Plutarque et d'Appian comprendraient Pharnace II et son fils Darius (mis sur le trône du Pont par Antoine pendant quelques années). Mais ces deux rois n'ont jamais pu être considérés comme légitimes et n'ont régné d'ailleurs que sur une faible partie des possessions de Mithridate.

' En efTet, chez Diodore, ces trois personnages sont qualifiés de rois. (Diod., XV, 90 et XVI, 90.)

On voit d'après celte discussion que le premier texte d'Âppien est le seul qui mérite une sérieuse considération, précisément parce qu'il est ^n désaccord avec la théorie ordinaire des générations; ce texte confirme pleinement les résultats qui nous ont été fournis par les indications occasionnelles des historiens, les inscriptions et les médailles Enfin — last not least — Hamilton et M. Georges Perrotont constaté que la nécropole royale d'Amasia compte quatre tombes achevées et une qui est commencée seulement. Les quatre premières sont celles du Clistès, d'Ariobarzane, de Mithridate II et de Pharnace; la cinquième est celle de Mithridate Evergète, qui l'avait préparée sans doute de son vivant, mais fut enseveli à Sinope, comme son fils Eupator*.

Mithridate Eupator (121-63 av. J.-C).

Le dernier roi du Pont, Mithridate Eupator, fils aîné de Mithridate Evergète, monta sur le trône en J21 ou 120 avant J.-C, à Tâge de onze ans. Pendant la minorité du jeune roi, le pouvoir fut exercé par sa mère Laodice qui, comme on Ta déjà vu, frappa la monnaie à sa propre effigie. En 111, Eupator saisit les rênes du pouvoir et se débarrassa de sa mère, puis de son frère cadet, Mithridate Chrestos, que le testament d'Evergète lui avait associé. Les premières années du nouveau règne furent remplies par des guerres et des négociations heureuses, qui rendirent

* Pour Eupator, cf. Appien, l/i7/t., 113.

Mithridale mallre ou suzerain de la plus grande partie du périmètre oriental et septentrional de TEuxin (Petite Arménie, Colchide, Chersonèse Taurique). Vers 105, le jeune roi fit un voyage de reconnaissance dans TAsie Mineure^ se ligua avec son voisin Nicomède II de Bithynie et s'empara, de concert avec lui, de la Paphlagonie et de la Galalie. Cependant les alliés se brouillèrent à propos de la Cappadoce, qu'ils convoitaient Tun et l'autre; après plusieurs révolutions, ce royaume finit par leur être arraché à tous deux pour échoir au protégé de Rome, Ariobarzane V\ Nicomède et Mithridate durent restituer leurs conquêtes (97).

Pendant la seconde période du règne, Mithridate travaille d'abord sourdement, puis ouvertement, à chasser les Romains de l'Asie Mineure. Il s'allie avec Tigrane, roi d'Arménie, qui ramène en Cappadoce un prête-nom de Mithridate, Gordios, mais le propréteur de Cilicie, Sylla, restaure bientôt Ariobarzane (92). Peu après, profitant des embarras de Rome, alors absorbée par la guerre sociale, Mithridate remplace de nouveau Ariobarzane par son propre fils Ariarathe (Eusèbe Philopator) ; il chasse également le nouveau roi de Bithynie, Nicomède III Philopator, et installe à sa place le bâtard Socrate. L'année suivante (89), les Romains restaurèrent les rois légitimes, mais la frivole aggression de Nicomède contre Mithridate déchaîna la. première guerre avec Rome (88). En quelques mois, toutes les armées des Romains et de leurs alliés furent détruites, l'Asie Mineure conquise en entier, les 80,000 résidents de langue italienne égorgés en un seul jour.

De 88 à la fin de 85 {t?visième période), Mithridale est le maître incontesté de toute TAsie Mineure; sa résidence est à Pergame. L'un de ses fils, Mithridate, gouverne, en qualité de vice-roi, les anciennes provinces (Pont, Colchide, Bosphore); l'autre, x^riarathe, déjà roi de Cappadoce, conquiert la Thrace et la Macédoine ; le meilleur général du roi, Archélaos, occupe les îles de TArchipel, la Grèce propre, et établit son quartier général à Athènes, où le philosophe Aristion a provoqué une révolution en faveur de Mithridate. Mais la prise d'Athènes par Sylla (!*' mars 86), les défaites des généraux de Mithridate à Chéronée, à Orchomène, à Milétopolis, enfin le soulèvement général des populations asiatiques, mettent fin à l'éphémère restauration de la monarchie achéménide ; par le traité de Dardanus (hiver 85-4), Mithridate est rejeté dans ses frontières de 89.

La quatrième période du règne est celle de la guerre défensive contre Rome, de la lutte pour l'existence. Mithridate repousse d'abord Tagression inconsidérée du propréteur d'Asie, Muréna, rétablit son autorité dans le Bosphore et la Colchide insurgés, refait son armée et reconstitue un faisceau d'alliances. A la fin de 74, le testament du dernier Nicomède, qui lègue ses états au peuple romain, rallume la guerre. La victoire de ChaJoéé^ne (73) livre à Mithridate la Bilhynie ; mais là tactique prudente de LucuUus, la résistance opiniâtre de Cyzique, le terrible hiver 73-2 détruisent l'armée d'invasion ; bientôt Mithridate est relancé par LucuUus jusque dans son royaume héréditaire. Après la défaite de Cabira (71), Mithridate se réfugie chez

son gendre Tigrane, qui le relient durant vingt mois dans une demi-captivité; pendant ce temps, les forteresses du Pont, Sinope, Amisos, Héraclée, succombent les unes après les autres. LucuUus, n'ayant pu obtenir l'extradition de Milhridate, envahit les États de Tigrane, et remporte la victoire de Tigranocerte (6 octobre 69), Alors Tigrane se confie à Mithridate, qui réorganise son armée. La campagne de LucuUus en Arménie (68) est stérile et, à la fin de cette année, Mithridate, avec une armée prêtée par Tigrane, rentre dans son royaume. Vainqueur de Triarius à Gaziura (printemps 67), il rétablit son autorité sur le Pont tout entier, mais en 66 le successeur de LucuUus, Pompée, le bat dans un combat nocturne livré près de TEuphrate. Mithridate, accompagné d'une poignée de fidèles, est réduit pour la seconde fois à fuir son royaume. Il passe l'hiver à Dioscurias, en Colchide, puis, en 65, traverse les peuplades du Caucase et tombe à l'improviste dans le royaume du Bosphore, où son fils, le vice-roi Macharès, avait traité avec les Romains. Macharès, abandonné de tous, se tue et Mithridate a de nouveau un royaume. Pendant l'année 64, il fait d'immenses préparatifs en vue d'une expédition contre rUalie par la vallée du Danube, mais, à la veille du départ, l'armée s'insurge à l'instigation du prince royal, Pharnace, et Mithridate, en présence de la désertion générale, se donne la mort (commencement de 63).

Avec lui finit le royaume de Pont; les descendants vrais ou prétendus de Mithridate ne régnèrent plus que sur le Bosphore, et les futurs rois de Pont,

qui d'ailleurs ne gouvernaient, qu'une faible partie de ce pays, appartinrent à une autre famille, celle de Zenon, de Laodicée.

La numismatique de Mithridate comprend des pièces d'or, d'argent et de bronze, les unes émises directement par lui, les autres frappées par des princes ou des républiques, qui reconnaissaient sa suzeraineté et plaçaient sur leurs monnaies son effigie, son nom ou ses emblèmes. Au lieu de suivre une classification par genres, forcément aride et peu instructive, il me paraît préférable d'adopter ici l'ordre strictement chronologique, rendu facile par les dates que portent la plupart des médailles. La numismatique est ainsi un miroir où se reflètent fidèlement toutes les vicissitudes de ce règne extraordinaire \

Première période (114-97 av. J.-C).

Elle n'est représentée que par un tétradrachme unique de la collection Waddington.

1. Tête diadémée du roi, à droite. Légers favoris, cheveux longs et bouclés.

i^. BAllAEnz|MI0PAAATOY EYRATOPOl sur trois lignes horizontales séparées par le type. Pégase s'abreuvant, à gauche. Dans le champ, à gauche, astre et croissant. Entre les jambes de Pégase, le monogramme 1 ^

1 Koehier a donné {Gesammelle ^chriften, SerapiSf I, 50) un catalogue de 43 monnaies de Mithridate avec une planche de monogrammes, où il y a malheureusement beaucoup d'erreurs.

* J'ai cru pendant quelque temps voir une année régnale (24) dans ce monogramme qui se compose des lettres KA ; en pre-

Ar. 8. (PI. XI, fig. i).

Style, portrait, sobriété des attributs, caractères de la légende, tout concourt à prouver que cette pièce est antérieure aux tétradrachmes datés et se place en tête de la série. Le roi y est représenté à la fleur de Tâge, avec une noblesse de traits et d'expression qui n'exclut pas la sincérité du porlrait et justifie l'admiration des contemporains.

Le type du revers se relie immédiatement à celui des tétradrachmes de Mithridate Philopator Philadelphe : le père avait pris pour emblème Persée (l'ancêtre légendaire des Perses), tenant la te le de la Gorgone ; le fils adopte le Pégase, le cheval né du sang de la Gorgone. C'est un nouvel argument en faveur de l'identification que j'ai proposée entre Philopator Philadelphe etl'Evergèle des historiens.

Seconde période (97-88 av. J.-C.).

Monnaies : tétradrachmes, drachmes.

Types :

1*" Tétradrachme. Tête diadéméc du roi, à droite.

Très légers favoris, traits accentués, parfois même

fatigués, if . BAIlAEni | MIOPAAATOY EYnATOPOI (quelquefois sans MIOPAAATOY). Pégase à gauche,

s'abreuvant. A gauche, astre et croissant ; à droite,

une date et, au-dessous, un monogramme ; sous la

légende, lettre numérale, indiquant le mois. Le tout

dans une couronne de lierre fleuri. (PI. XI, fig. 2.)

2« Drachme. Même droit, i^. BAIlAÈni [ EYOA-

TOPOZ. Cerf à gauche, broutant. A gauche astre

nant pour origine l'année 120, la pièce serait de 97 av. J.-C. L'absence d'analogies dans la série m'empêche d'adopter définitivement cette interprétation.

pS

ANNÉE

MOIS

SOURCE

Ar. S

BZ (2B2-%/B)

lA

Coll. Wadaiiigton.

KŒhiic, Slwi. KotKhoubty,\\, 129

(coll. Perowsky).

Dans le commerce.

Ar. k

Néanl'.

Coll. HirBCb (2 ei.). Waddioglon,

Strogonov.

Ar. 8

El (205-93/2,

Coll. Waddington (trouvdlle de Salon ique).

MioniLct Supp, n* 10 (d'après Sestiui, J/iu. Fonlana, S2, 1 et le cabinet Blacaa). C'est peut-6tre Cat. Borapoia, n" 1307.

P.'tpr!!bourg, Milan (M. S. 11, d'apri's Seslini, ibid.).

Paris. Pétersbourg (cf. Podjivalov, Bois du Botphore cimmér,>n. pl.II, a- 16).

Berlin (Kœhne, BeH. Blaetler, II, 261, pi. XSl, 3; Reinach, Rtv.

num. 1887, pi. IV, 6; Podjivaloï, II, 17).

Zl. (206-32/1)

Coll. Waddington (trouvaille de

Saloriqne).

Coll. Waddington (Salonlqoe).

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