‹ Essai sur la numismatique des rois de BithynieChapitre 5 sur 28 · IS · texte numérisé non relu

IS

|<ft le Chasseur {nvyrnyo^^ lui succéda vers 185 * et, bien

différent de son père, fut toute sa vie le tremblant esclave des Romains qu'a immortalisé Corneille. Le second Prusias épousa la sœur de Persée, roi de Macé^ doine % il eut une fille et deux fils : Prusias « a la

^ dent unique i^ (fAové(}ov(), qui paraît être mort avant son

père, et Nicomède qui, menacé par Prusias, se révolta contre lui avec l'appui du peuple et d'Attale II, et fit égorger le vieillard sur l'autel de Zeus à Nicomédie (149) ^

Les deux Prusias nous ont laissé un grand nombre de monnaies, notamment des tétradrachmes et des bronzes» Parlons d'abord des pièces d'argent. Ces pièces portent au droit deux portraits différents, dont l'un se distingue par un diadème muni d'ailerons ; au revers, la légende unifoime ^MÙitùç UpovcUu^ et un même type, Zeus stépbanophore debout : seulement sur les exemplaires oi aux ailerons », le symbole accea» soire du revers est un aigle sur un foudre, tandis que sur les autres le foudre est seul. Ces différents ne laissent aucun doute sur le classement de nos pièces : les tétradrachmes à l'aigle et aux ailerons appartiennent au :(econd Prusias, qui a voulu^ par l'addition de ces ornements, distinguer son monnayage de celui de son prédécesseur. Les ailerons ne sont pas, d'ailleurs, un emblème arbitrairement choisi. Eckhel y a reconnu le symbole de Persée, le héros dont prétondaient de»*

1 Au plus Xùi m, aupius tard 180 (Cf. Meyor, Geschichte P<mloi, p. 75, note 2).

3 liU Livùy XUI, 12, f9; Appi«n, MUh. 2.

s Justin, XXXIY, 4, attribue à Prusias II des enfants de second lit, qu'il aurait voulu préférer à Nicomède. Âppien, HUh, 5, parle du Thrace Diégylis, comme allié (xr,8t<rtric) de Prusias II, sans préciser davanUige.

cendre les rois de Macédoine de la maison d*A.Dtigone ^ ; or, par sa femme, fille de Philippe V, et peutêtre aussi par sa mère, Prusias II se rattachait à cette famille. (Son beau-frère, le dernier roi de Macédoine, avait même reçu le nom de Persée). Cest ainsi qu'Antiochus Théos, dont la mère Stratonice était fille de Démétrius Poliorcète, fit également figurer sur ses monnaies le symbole perséen des ailerons.

Les considérations de style viennent confirmer ces conclusions tirées des types. Les tétradrachmes de Prusias P' sont d*une facture en général excellente. Moins massifs que ceux de Nicomède I", ils s'en rapprochent cependant par l'épaisseur du flan ; la gravure est bonne, fouillée même, et rappelle les beaux por^ traits des derniers rois de Macédoine. La décadence est déjà sensible sur les pièces de Prusias II; le burin en est plus mou, et surtout la fabrique plus négligée. Le flan commence à s'allonger et à s'amincir outre mesure et annonce les étranges « 'galettes » des derniers Nicomède, dont les proportions inconunodes font le désespoir des collectionneurs.

Un mot enfin sur le type du revers, conmiun à nos deux rois, et qui reste d'aiUeurs le type constant des tétradrachmes bithyniens jusqu'à la fin de la dynastie. Ce type, assez banal, paraut dériver du revers des tétradrachmes d'Alexandre, de la même façon que la Pallas cappadocienne dérive de la Pallas de Lysimaque : dans les deux cas, une figure assise a été remplacée par une figure debout. Zeus était d'ailleurs particulièrement adoré dans la capitale du royaume,

« Polybe, V, 10.

Nicomédie. Il y avait un temple où Ton célébrait des fêtes appelées Soteria. Un passage de Polybe nous fait même connaître qu'il existait une concurrence entre ces fêtes et celles que les rois de Pergame célébraient en l'honneur de Pallas*. D'après ce texte, Visconti a conjecturé que la couronne que tient notre Zeus fait allusion aux prix des Soteria, comme la couronne de la Pallas pergaménienne aux prix décernés dans les fêtes de Pergame. Cette conjecture est ingénieuse, mais il me semble que le Zeus, comme la Pallas, est plutôt représenté couronnant le nom du roi.

Je passe maintenant au catalogue des variétés connues de nos deux tétradrachmes.

6. Tête diadémée de Prusias P' à droite. Il porte une courte barbe ronde analogue à celle de Philippe V de Macédoine.

i^ BAllAEflZ nPOYZIOY sur deux lignes verticales. Zeus debout a gauche. De la main gauche il tient un sceptre ; de la droite, tendue, une couronne. Devant lui, dans le champ, foudre. Au-dessous du foudre, monogrammes divers.

Ar. Tétradrachme (pi. V, fig. 5).

Monogrammes connus * ;

a. Monogrammes de la famille du n** I (ME) :

1 et 2. — Paris (M. 6 ; Lenormant, 12). Imhoof, {Portràtkœpfe, IV, 17). Berlin.

i Polybe, IV, 49.

> Je préviens, une fois poar toaies, que, sous ce règne, comme tous les suivants, plusieurs monogrammes que j'ai fait figurer sous des numéros distincts ne sont, au fond, que des variantes d'un seul et même monogramme, dont les éléments sont disposés de façons un peu différentes ou reproduits plus ou moins complètement (par exemple, les no* 2 et 4 sont,

4 et 3. — Paris (M. 8 ; VisconU, 3).

1 et 4. — Londres.

1 et 5. — Copenhague.

1 et 6. — Cabinet Hirsch.

b. Monogrammes divers :

7 et 8. — Paris (M. 7 ; Lenormant, 13).

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